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Poursuivons les aventures de Jean Tixier, le « Petit Détective » de 15 ans et de son mentor, le célèbre détective Gaston Cervier, tous deux nés de la plume du cultissime Arnould Galopin, culte, car auteur d’une production impressionnante qui abreuva la littérature populaire du début du XXe siècle.

Pour en savoir plus sur l’auteur, je vous conseille de consulter les sites qui lui sont consacrés ou bien de lire mes autres chroniques à propos de ses textes.

« Le petit détective » est à l’origine une série-fleuve qui s’étale sur 83 épisodes publiés en grands fascicules de 16 pages, double colonne, illustrés par le génial Louis Maitrejean, en 1934.

Plus qu’une excellente série, c’est aussi et surtout l’ultime de son auteur.

Mais si la série se présente comme une très longue histoire développée sur plus de 800 000 mots, à sa lecture on se rend compte que celle-ci peut se découper en plusieurs histoires de tailles plus digestes, comme une véritable série, donc, ainsi que le démontre la toute récente réédition en numérique effectuée par OXYMORON Éditions.

Jean Tixier, un jeune homme sportif et courageux de 15 ans, après avoir permis, grâce à son courage et son sens de l’observation, l’arrestation d’un cambrioleur et d’avoir été enlevé par les autres membres de la bande, s’être évadé et avoir à nouveau permis l’arrestation de quelques bandits, il est repéré par Gaston Cervier, le célèbre détective qui décide de le prendre sous son aile et de lui apprendre le métier.

L’adolescent va alors démontrer qu’il a toutes les aptitudes pour épauler son mentor au fil d’aventures mouvementées et dangereuses.

L’HOMME AU TRENCH=COAT

Un homme est retrouvé assassiné dans un compartiment du train Paris-Vintimille. Les soupçons se portent sur un individu louche vêtu d’un trench-coat.

Le détective Gaston CERVIER, toujours épaulé par son jeune « secrétaire » Jean TIXIER, se lance sur la piste du suspect, mais l’arrestation ne va pas être aussi simple que prévu…

Dans ce troisième épisode de la série, Jean Tixier et Gaston Cervier vont vivre des aventures trépidantes et risquer plusieurs fois leurs vies.

D’abord à la poursuite d’un meurtrier, un mystérieux homme au trench-coat. Ils vont ensuite être à nouveau confrontés à la bande des « As de Carreau » qui a trouvé un nouveau chef et qui va chercher à se venger. 

De courses-poursuites en guet-apens, de combats en filatures, les deux hommes vont avoir fort affaire avec leurs ennemis qui se révèlent bien plus nombreux et plus déterminés que prévu.

Les coups de feu fusent, les coups de poing également et heureusement, Jean Tixier tait tout cela à sa pauvre mère qui se meurt déjà d’inquiétude pour son fils en le pensant juste assigné à la tâche de secrétaire.

Arnould Galopin passe la quatrième et, s’il ne laissait déjà aucun temps mort à ses héros dans les épisodes précédents, les essouffle dans des aventures échevelées dans lesquelles les risques sont grands tout comme est grand le plaisir de lecture.

Ces aventures se dévorent sans voir le temps passer et offrent un excellent moment aux lecteurs d’aujourd’hui tout comme elles ont dû en offrir aux lecteurs d’hier.

Difficile de comprendre, devant les nombreuses qualités de ces récits, pourquoi cette œuvre n’avait encore jamais été rééditée. Probablement est-ce dû au fait qu’à défaut de s’y être penché suffisamment chacun a cru à un roman à grande échelle impossible à rééditer et qui rebuterait les lecteurs. Ou bien est-ce la tâche incommensurable que représente la réédition de cette œuvre ? Toujours est-il que, découpé naturellement en épisodes indépendants, et le travail de réédition et la lecture, en deviennent non seulement plus accessibles, mais, surtout, excellemment agréables.

Les aventures de Jean Tixier et Gaston Cervier sont en effet un exemple de romans d’aventures policières. Arnould Galopin, que l’on savait de toute façon talentueux, démontre, à travers les textes de la série, qu’il maîtrisait ses personnages, sa narration, son histoire, ses intrigues, le rythme, en plus de mettre en exergue des sentiments positifs comme le courage, la morale, la fidélité, les liens familiaux, l’honnêteté...

Ces enquêtes sont alors trépidantes, non pas par l’intrigue, qui n’est pas le nœud de la série, mais par le rythme qui ne s’essouffle pas, par le manque total de temps morts, parce que l’auteur parvient à délasser sans lasser et que ses personnages répètent leurs actions, sans que cela devienne redondant.

De plus, l’écrivain use d’un fil rouge que tout bon scénariste de séries télévisées policières actuelles ne renierait pas en alternant de nouvelles enquêtes et en faisant de la bande des « As de Carreau » l’ennemi juré du duo qui, même quand on la croit anéantie, renaît de ses cendres et revient hanter les détectives.

Bref, du tout bon, à dévorer.

Au final, quoi dire de plus que : excellent ! Une série à redécouvrir d’urgence.