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Continuons notre progression dans la série des aventures de Thérèse Arnaud, la célèbre espionne française née de la plume de l’énigmatique auteur Pierre Yrondy auquel on doit également la série policière « Marius Pégomas ».

Les deux séries se rapprochent par le format (fascicule 32 pages double colonne/entre 13 et 15 000 mots), un style d’écriture, de l’humour, de l’action, ainsi qu’un personnage central fort, secondé par des personnages secondaires récurrents dont chacun a une fonction propre.

« Le château mystérieux » est le 12ème épisode de la série qui en compte 65.

C’est donc une série d’action et d’espionnage qui se déroule durant la première guerre mondiale en France et qui met en scène une femme espionne et ses hommes de mains. L’auteur mélange quelque peu fiction et histoire puisque le capitaine du 2ème Bureau de sa série se nomme le Capitaine Ladoux, qui est également le nom du réel commandant des services secrets de l’époque et que Thérèse Arnaud semble vaguement inspirée d’une véritable espionne française.

En parallèle, Pierre Yrondy n’hésite pas à mettre en scène des personnages ayant existés, comme l’espionne Mata Hari.

LE CHÂTEAU MYSTÉRIEUX

Première Guerre mondiale !

Le camp d’aviation de Luxeuil est régulièrement bombardé par la flotte ennemie quand l’escadrille française déserte complètement la base pour effectuer des vols à travers la région.

Le commandant Happe, malgré toutes les précautions prises afin que les ordres de mission ne soient divulgués qu’au dernier moment, ne comprend pas comment les espions allemands peuvent en prendre connaissance aussi rapidement.

Devant la répétition des drames, le Capitaine Ladoux du 2e Bureau envoie sur place Thérèse ARNAUD alias C. 25 et son fidèle Friquet qui vont tenter d’infiltrer les alentours en se faisant passer pour des civils en cure…

La base de Luxeuil est la cible de l’aviation allemande à chaque fois que l’ensemble de l’escadrille française est absente pour mission. Pourtant, le commandant prend toutes les précautions pour que les ordres de missions ne fuitent pas et même les aviateurs sont prévenus au dernier moment de leur décollage. Cependant, rien n’y fait, l’aviation allemande est au rendez-vous à chaque fois qu’elle est certaine de ne pas rencontrer de résistance.

Ne sachant plus quoi faire, le commandant de la base fait appel au Capitaine Ladoux dirigeant le 2ème Bureau qui va dépêcher sur place son meilleur homme... qui est une femme : l’Agent C. 25, alias Thérèse Arnaud. Celle-ci va se rendre sur place avec le titi parisien Friquet et tous deux vont se faire passer pour frère et sœur en cure dans les environs afin de pouvoir fureter.

Mais très vite l’un comme l’autre fait choux blanc, aussi, quand le propriétaire du château des Faucogney, qui n’est pas insensible au charme de la jeune femme, lui propose de devenir ses invités, elle et son frère, Thérèse Arnaud voit là un moyen de prendre de la hauteur et de poursuivre ses investigations en dehors de la vallée.

Court roman d’espionnage, donc (à peine plus de 14 000 mots), qui met en avant Thérèse Arnaud (quoi de plus normal, c’est l’héroïne de la série) ainsi que le gamin de Paris Friquet (qui est souvent à l’origine des moments d’humour de par ses réactions et ses réflexions). Le reste de la bande (Malabar, Languille et Marcel) reste très en retrait et chacaun n’aura qu’un rôle très subsidiaire dans la dernière partie de l’histoire.

Thérèse Arnaud est charmante, on le sait depuis longtemps, et c’est une nouvelle fois prouvé puisque même le propriétaire du château des Faucogney ne peut résister à ses charmes et pour se rapprocher d’elle, l’invite à passer quelques jours dans ses murs.

Cela tombe bien, l’espionne et son aide avaient déjà ratiboisés toute la région sans rien trouver. Le château, si mystérieux, se devait donc d’être la source des fuites.

Très vite, sur place, l’espionne se rend compte que, lors de la visite du château, le propriétaire a occulté de montrer quelques pièces. La nuit, avec Friquet, elle décide donc de visiter ces pièces qui se trouvent être très difficile à pénétrer. Mais, une fois sur place, elle découvre un labo et une T.S.F, ce qui ne veut pas dire que le propriétaire est un espion à la solde des allemands, mais le doute est fortement présent.

C’est donc presque un drame en huis clos auquel assiste le lecteur. Drame pas si dramatique puisque les héros s’en sortent toujours bien, mais, du moins, un théâtre des opérations. 

Des choses curieuses se déroulent dans ces murs et dans les sous-sols et Thérèse Arnaud et Friquet vont avoir de quoi faire.

Pas énormément de chose à dire sur cet épisode autre que ce que j’ai déjà dis sur les précédents.

Question histoire, c’est du classique.

Question style, on retrouve l’habitude de l’auteur de passer d’un coup d’une narration au passé à une narration au présent sur quelques phrases, sans doute pour rythmer son récit. Tout comme on retrouve également le fait qu’il assène quelques phrases à coup de verbes à l’infinitif, ou sans verbe conducteur, là aussi pour accélérer de façon factice le récit. 

Là encore, pas de temps mort (le format court à cela de bon) et l’ensemble se lit avec plaisir même si certains épisodes se sont montrés un brin plus drôles et plus diversifiés dans leurs actions et dans leurs décors.

Au final, pas l’épisode le plus hétérogène de la série, mais un épisode qui remplit son office d’offrir un bon moment de lecture en compagnies de personnages que l’on apprécie et que l’on commence à connaître.