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Quatrième incursion personnelle dans le monde littéraire de Marc Villard, 4e plaisir de lecture ! C’est un carton plein.

Je savais, par ses précédents ouvrages, que l’auteur était fan de Rock N’ Roll, je le sais désormais également fan de Jazz. Décidément, la musique rythme ses textes et comme ceux-ci sont bien souvent rédigés comme des poèmes mélancoliques, il n’est pas étonnant que des notes de Jazz en soient les pulsations cardiaques.

La dame est une traînée :

Ray Thompson croyait avoir rompu les ponts avec le passé en débarquant à Paris armé de son seul saxophone. Mais la mort donne parfois ses rendez-vous sur un quai de métro.

Dans le même temps, un flic au cœur pur se range des voitures et se met à dos toute la police parisienne. Les deux hommes parviendront-ils à se rencontrer ?

« La dame est une traînée » est un très court roman (probablement à peine plus de 20 000 mots) publié au sein de la cultissime Série Noire de chez Gallimard en 1989.

Le titre du roman vient d’un morceau de Jazz, probablement le même que la chanson éponyme chantée par Franck Sinatra ou Ella Fitzgerald (ma culture jazzy est pitoyable), que Ray Thompson interprète à un moment clé du roman.

Pradal est un flic paria, car il vient de dénoncer des collègues à l’IGS pour corruption et autres malversations.

Mis au placard, pour ne pas qu’il fréquente ses collègues, on lui confie des affaires non élucidées et, en tant que fan de Jazz, il choisit tout d’abord de s’intéresser à la mort d’un saxophoniste américain qui fut célèbre en son temps et qui est passé sous les roues du métro parisien.

Est-ce un accident banal ? Un crime ? Un suicide ? Le policier est très vite convaincu de la piste criminelle, mais celle-ci mène à une personnalité médiatique internationale, ce qui ne va pas faciliter sa résolution...

Narration à la première personne pour cette très courte enquête qui mêle jazz et polar.

Marc Villard est un habitué des polars très courts parsemés de musique.

Généralement, ces ouvrages sont emprunts d’une mélancolie certaine, mais surtout d’une nostalgie qui est bien moins présente dans celui-ci. Certes, le jazz se prête volontiers au premier sentiment, peut-être moins au second. Cependant on sent un certain désabusement chez son policier.

L’écriture de Villard est comme une poésie désenchantée apposée sur une partition de musique. Les portées guident les mots, les notes ponctuent les phrases, et au lieu de prendre la Clé de Sol, le lecteur prend la Clé des Champs pour un voyage littéraire.

Là encore, Villard ne privilégie pas l’intrigue (la concision du roman le démontre), ni même un final dantesque, il compose son roman comme une belle bal(l)ade ; avec un et deux « l », un voyage en douce musique, dont le rythme ne sera pas perturbé par un quelconque climax ou déchaînement.

Au final, qu’il est difficile de parler de ce roman, le plus facile (presque le plus rapide), c’est de le lire pour se rendre compte de ses qualités.