TA14

14e mission pour la célèbre espionne française Thérèse Arnaud, alias l’agent C. 25 du 2e Bureau, chargée, durant la Première Guerre mondiale, de combattre le service d’espionnage allemand.

La série fasciculaire de 65 épisodes de 32 pages, double colonne (entre 13 000 et 15 000 mots) aux éditions Baudinière, publiée en 1934, est signée par l’énigmatique écrivain Pierre Yrondy (à qui l’on doit également, dans la foulée, la série policière autour du fantasque détective Marius Pégomas).

L’AS DE CŒUR

Première Guerre mondiale !

Thérèse ARNAUD alias C. 25, la célèbre espionne française, alors qu’elle se repose dans sa tanière, reçoit la visite d’une étrange vieille femme, émissaire du Capitaine Ladoux, qui lui remet un pli renfermant un as de cœur, ainsi qu’un mot lui mandant d’en retrouver le propriétaire.

Pas le temps de revenir de sa surprise que l’inconnue a mystérieusement disparu.

Puis, chacun de ses fidèles lieutenants rentre au bercail en possession d’un nouvel as de cœur, l’un trouvé sur le pare-brise de la voiture, l’autre, collé au col de sa veste…

Quelques heures plus tard, parvient à Thérèse ARNAUD un pneumatique contenant une quatrième carte à jouer et une missive l’informant qu’elle mourra à la réception du treizième as de cœur…

C’est le repos du guerrier, de la guerrière, plutôt... Thérèse Arnaud se repose dans son repaire, en faisant une partie d’échecs avec son lieutenant Marcel, le chimiste, quand une vieille femme débarque mystérieusement, se prétendant émissaire du Capitaine Ladoux, dirigeant le 2e Bureau et donc, le chef de Thérèse Arnaud. Elle remet un pli à la jeune femme et profite de sa surprise pour disparaître encore plus mystérieusement qu’elle n’est apparue.

Le pli contient un as de cœur et un mot demandant à Thérèse Arnaud d’en retrouver le propriétaire.

Pas le temps de comprendre ce qui se passe que Friquet débarque d’une mission, tout dépenaillé, un as de cœur accroché au revers du col de sa veste.

Puis c’est au tour de Malabar de débouler avec un as de cœur retrouver sur le pare-brise de la voiture...

Et les évènements étranges se succèdent : un espion ligoté parvient à se libérer et à s’évader, mettant à sa place son geôlier, sans que celui-ci n’ait rien compris... Le capitaine Ladoux assure qu’il n’a jamais envoyé la carte à jouer à Thérèse... puis ce pneumatique menaçant : au treizième as de cœur, Thérèse Arnaud mourra...

Mais d’où vient cette menace, comment expliquer l’apparition mystérieuse des cartes à jouer, les disparitions tout aussi étranges des espions allemands... ?

C’est ce que tentera de découvrir Thérèse Arnaud bien que le temps joue en sa défaveur... en une journée, 6 as de cœur sont déjà en sa possession.

Pourtant, la jeune femme ne cède pas à la panique et gère tranquillement l’affaire depuis sa tanière, envoyant ses hommes surveiller tel ou tel endroit...

Je reprochais aux derniers épisodes de manquer un peu de rythme, mais surtout de tension, bref, d’un je ne sais quoi, d’un supplément d’âme qui, par rapport aux premiers épisodes de la série manquait...

On pourrait croire que Pierre Yrondy m’a écouté, s’il n’était probablement pas mort depuis longtemps, du moins, si l’ensemble des épisodes n’étaient pas écrits depuis plus de 80 ans.

Effectivement, ce qui me manquait dernièrement est réapparu comme par magie dans cet épisode et je pense également dans ceux à suivre.

La raison en est fort simple : Thérèse Arnaud se découvre une nouvelle Némésis, un ennemi tout puissant, comme le fût Karl Himmelfield dans les premiers épisodes de la série.

Et cette traque qui est faite pour durer plusieurs épisodes, probablement, du moins les titres des épisodes suivants le laissent deviner, accroît la tension de la série ainsi que le rythme et le plaisir de lecture.

Car le lecteur se pose également des questions, tous comme les lieutenants de Thérèse Arnaud. Est-ce de la magie ??? Comment ??? Qui ??? Pourquoi ??? Alors que Thérèse Arnaud, elle, reste imperturbable, jurant, a contrario de ses hommes, qu’elle comprend tout, comme le fera plus tard le célèbre Marius Pégomas dans d’autres circonstances...

La promesse d’une confrontation plus exaltante que celles des simples missions précédentes, donne de l’allant au récit, à l’histoire et, si l’on ne retrouve pas l’humour de Friquet dans cet épisode, il n’en demeure pas moins bien plus plaisant à lire que les précédents.

D’ailleurs, chaque lieutenant aura son rôle à tenir. Aussi bien Marcel, qui souvent est en retrait, que Languille, Malabar ou Friquet.

Et c’est donc avec un réel plaisir que l’on suit les tribulations de chacun, se demandant où tout cela va les mener... mais il est fort possible qu’on ne le sache pas tout de suite puisque l’histoire risque de continuer sur plusieurs épisodes, puisque la promesse de mort de « L’As de Cœur » a toutes les chances de trouver écho dans l’épisode suivant, « L’assassinat de Thérèse Arnaud »...

Au final, avec l’arrivée d’un nouvel ennemi récurrent à la hauteur de son héroïne, Pierre Yrondy nous fait la promesse de confrontations exaltante, promesse bien inaugurée par « L’as de cœur » un épisode retrouvant la tension et le rythme du début de la série et qui promet de nous tenir en haleine encore bien longtemps (il suffit de lire les titres de la série pour s’en convaincre)...