MJ3

« La course à la mort » est le troisième épisode de la série « Marc Jordan » dont j’ai déjà chroniqué les deux titres précédents.

Sans m’étaler à nouveau sur la genèse du personnage et de cette série (je vous invite à lire mes autres chroniques pour en savoir plus), je vous fais tout de même un léger résumé de la situation.

Marc Jordan est un détective parisien né en 1907 de la plume d’un auteur inconnu que certains soupçonnent être Jules de Gastyne.

Cette série fait écho au succès de la série américaine « Nick Carter » dont les traductions remportent un franc succès partout en Europe.

La série des « Marc Jordan » reprend toutes les caractéristiques de la série « Nick Carter » : fascicules 32 pages, doubles colonnes (environ 20 000 mots), couverture avec bandeau à l’image de la série au-dessus d’une illustration du titre. Aventures policières sans temps mort. Héros courageux, fort, intelligent, perspicace, pugnace et entouré d’hommes de main fidèles et dévoués. Ennemis machiavéliques.

La série est la première incursion des éditions Ferenczi dans le monde de la collection policière, première d’une longue liste qui fit la joie des lecteurs de littérature populaire de l’époque et de ceux d’aujourd’hui dont je fais partie.

LA COURSE À LA MORT

Une singulière affaire agite les chroniques parisiennes : une jeune femme a été sauvagement enlevée et jetée dans une voiture sur le boulevard des Italiens.

Le chef de la Sûreté, désireux de demander l’aide du célèbre détective Marc JORDAN, apprend par son domestique que celui-ci n’a pas donné de nouvelles à quiconque depuis quelques jours.

L’inquiétude est d’autant plus grande que, à la suite de plusieurs tentatives d’assassinats sur sa personne, Marc JORDAN s’est lancé sur la piste des criminels qui ont juré sa perte…

Le début de cette série pousse son mimétisme avec une partie de la série « Nick Carter » en développant des épisodes présentés comme indépendants, mais où chaque épisode forme en fait une suite directe au précédent et nous conte la lutte acharnée entre le héros et son ennemi juré.

D’un côté, Nick Carter affrontera, par exemple, le Docteur Quartz. Ici, Marc Jordan sera confronté au comte Cazalès, et ce, depuis le tout premier épisode.

Il est fort probable que, par la suite, l’ennemi change pour une raison ou une autre (après tout, on voit mal la lutte durer sur plus de 60 épisodes, mais sait-on jamais ?).

« La course à la mort » est donc la suite directe de « La tête coupée » qui était la suite directe de « L’enlèvement d’une vierge ».

Marc Jordan poursuit donc sa quête : l’arrestation du comte Cazalès, un ignoble individu qui semble à la tête d’un immense gang et dont l’ombre plane sur tous les grands crimes de la capitale et ses alentours.

Après avoir été victime de tentatives d’assassinats, Marc Jordan s’est attaché les services d’un ouvrier chargé, sous la contrainte, de le tuer. Avec lui, il s’est lancé à la poursuite de Cazalès et a disparu depuis plusieurs jours quand une femme est enlevée brutalement en pleine rue.

Marc Jordan, qui se tient toujours au courant des crimes en cours, décide de se lancer sur les deux affaires, celles-ci le conduisant toutes dans le même quartier. Et, très vite, il se rend compte que l’enlèvement de la jeune femme est lié à Cazalès, du moins, à une de ses acolytes, la fameuse et dangereuse Pépita la Rouge.

Marc Jordan va alors vivre de trépidantes aventures, risquant à chaque instant sa vie, afin de mettre la main sur Pépita et Cazalès.

Il est indéniable que l’auteur (ou les auteurs) de cette série se sont très fortement inspirés de la série « Nick Carter », non pas uniquement dans son principe, dans son format ou dans son style, mais également dans ses histoires tant celles de Marc Jordan semblent coller à celles de Nick Carter, aussi bien par le machiavélisme de l’ennemi que sa main mise sur le crime dans son ensemble. Mais, plus encore, si le comte Cazalès fait forcément écho au docteur Quartz, le personnage de Pépita la Rouge fait indéniablement penser à Zanoni, la terrible pupille du fameux docteur.

On retrouve donc ici les atouts que l’on trouvait là-bas avec cette lutte acharnée, les actions de l’un les réactions de l’autre, un rythme sans temps morts, mais une intrigue assez faible.

Mais un livre étant toujours meilleur dans une version originale que dans une traduction bâclée, la lecture des aventures de Marc Jordan se révèle plus agréable que celles des aventures de son homologue américain, du moins, sur ces premiers épisodes.

Au final, un épisode de bonne facture qui entre en résonnance avec ceux de la série Nick Carter.