CouvLSF

Alfred Mortier est un auteur d’œuvres théâtrales et poétiques né à Baden-Baden en 1865, naturalisé français en 1900, mort en 1937.

L’unique ouvrage de cet auteur pouvant obtenir le qualificatif de « littérature populaire » est un recueil de nouvelles policières regroupées dans un livre paru en 1937 et intitulé : « Les enquêtes de l’Inspecteur Mic. Mémoires d’un policier ».

Les trois nouvelles présentent dans ce tome de « Les enquêtes de L’Inspecteur Mic » sont tirées de ce recueil papier. 

 

Le 7 février : 

Jean de Sailly, un rentier bambochard, est retrouvé mort, le crâne défoncé, dans son lit un dimanche matin.

 La veille, il avait touché 120 000 francs chez son notaire pour la vente d’un bien. 

Le crime crapuleux ne fait aucun doute et si l’inspecteur Mic envisage plusieurs pistes, c’est celle du majordome récemment licencié qu’il privilégie, avec raison, puisque l’homme, une fois arrêté, avoue son forfait.

 Mais le coupable est-il un meurtrier pour autant ??? 

« Le 7 février », deuxième enquête dans le recueil d’origine intitulé « Les enquêtes de l’inspecteur Mic. Mémoires d’un policier, démontre immédiatement que les récits contenus dans ce recueil ne vont pas être totalement homogènes, tant dans la taille que dans la narration et peut-être même dans la forme.

Si la première enquête, “L’alibi”, s’étalait sur 13 000 mots et était narrée à la 3e personne, celle-ci n’offre pas 7000 mots à l’auteur pour relater à la 1re personne cette affaire.

Celle-ci est d’ailleurs contée doublement à la première personne puisque l’auteur, qui se dit être le confident d’un véritable policier surnommé Mic, nous livre l’histoire contée par la bouche de l’enquêteur via sa propre bouche au lecteur.

Il nous livre alors une courte enquête dans laquelle l’inspecteur Mic va envisager les différentes possibilités et les différents coupables du meurtre de cet homme qui venait tout juste de toucher une énorme somme en bank-notes et qui a été retrouvé le crâne fracassé au petit matin.

Comme pour la première enquête, Mic va interroger les diverses parties, se faire diverses opinions, envisages les diverses théories puis s’orienter vers la plus plausible sauf que le policier va parvenir à l’exploit d’avoir raison tout en ayant tort et d’arrêter un innocent coupable...

 

 

La rencontre :

Robert de Vardes rencontre une charmante jeune femme dans le train le menant à Monte-Carlo. 

Le voyage est propice à un certain rapprochement qui n’est pas pour déplaire à Robert. 

Mais sa partenaire n’est pas ce qu’elle semble être… 

Ceci dit, Robert de Vardes, non plus !...

 

“La rencontre” est la 3e enquête de l’inspecteur Mic contenu dans le recueil originel, “Les enquêtes de l’inspecteur Mic. Mémoires d’un policier”.

3e enquête et troisième changement de narration et de taille. Alfred Mortier nous livre un très court récit (moins de 3000 mots) pour cette enquête de Mic qui n’en est pas une.

Effectivement, l’auteur nous propose une narration à la 3e personne pour nous conter la mésaventure d’un jeune homme avant de nous révéler, en toute fin, que c’est Mic qui lui raconte cette histoire à laquelle, d’ailleurs, le policier ne fait même pas partie.

On retrouve un peu dans ce recueil et dans la disparité entre les différentes aventures, un mixte des particularités que l’on trouvait dans les enquêtes de “Maurice Parent” de Jules Lermina et dans les aventures de “Elsa van Laëghels” de Gaston Richard.

Les deux séries partageaient le fait de proposer des épisodes de longueurs différentes (ce qui n’est pas non plus si original que cela, puisque Conan Doyle le faisait en son temps avec celles de son Sherlock Holmes). Mais, en plus, l’une comme l’autre se veut être la reproduction d’enquêtes contées à l’auteur par le personnage principal des histoires.

Mais, ce que partagent les enquêtes de l’inspecteur Mic et celles du détective Maurice Parent, c’est la diversité dans la narration et l’intervention des personnages.

Effectivement, dans les deux cas, l’auteur varie dans sa narration, tout autant que dans la taille de son récit, ainsi que dans la présence de son héros, en fonction des récits.

Cette particularité qui, appuyée sur un changement, également de style, faisait tout le sel des enquêtes de Maurice Parent, rend ici celles de l’inspecteur Mic fort sympathiques.

Certes, l’auteur, du moins dans les premières enquêtes, ne pousse pas la disparité jusqu’au genre et au style utilisés comme le fit son compère Lermina, mais l’effort n’en est pas moins louable et surtout appréciable.

 

  

Le panneau volé :

L’inspecteur Mic est chargé de l’enquête sur le cambriolage d’une boutique d’antiquaire.  

L’endroit regorge d’objets de valeur, pourtant, seul le panneau d’un triptyque d’un peintre hollandais a été dérobé. 

 Le policier est surpris que le voleur se soit contenté d’un seul tableau, qui plus est, pas le plus cher ni le plus pratique à transporter de l’échoppe.  

S’il est de coutume de chercher à qui profite le crime pour découvrir le coupable, dans cette affaire, celui à qui le larcin bénéficie est également qui se retrouve lésé…

 

“Le panneau volé” est la 4e enquête de l’inspecteur Mic contenu dans le recueil original d’Alfred Mortier : “Les enquêtes de l’inspecteur Mic. Mémoires d’un policier”. 

Je ne reviendrais pas sur les disparités des épisodes de la série tant dans la narration que dans la taille pour me contenter de dire qu’ici, Alfred Mortier nous propose une narration à la 3e personne (qui se termine en narration à la 1re personne pour signifier que c’est Mic lui-même qui vient de lui conter cette histoire) et sur la taille qui n’atteint pas 3800 mots.

C’est donc un très court récit que nous propose l’auteur pour nous dévoiler une enquête dans laquelle Mic a réussi à trouver le coupable sans parvenir à le faire condamner. 

L’intrigue n’est d’ailleurs pas de haute volée (mais en moins de 4000 mots, faut pas trop en demander), tant on devine très vite le coupable, plus vite, sûrement, que le policier, mais parce que le lecteur, lui, est habitué aux rebondissements dus à l’imagination des auteurs d’intrigues policières.

Pas grand-chose donc à dire de plus sur cette courte nouvelle si ce n’est qu’elle nous apprend que l’inspecteur Mic sait être beau joueur et beau perdant.

Au final, une courte nouvelle qui se lit agréablement, mais qui n’est pas la plus intéressante de la série, ni par le genre ni par la narration.