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« Le doigt coupé » est la 23ème enquête du célèbre détective Marseillais Marius Pégomas né de la plume de l'énigmatique écrivain Pierre Yrondy (également auteur de la série « Thérèse Arnaud, espionne française ».

Les deux séries sont initialement parues en 1934 (pour « Thérèse Arnaud ») et 1936 aux éditions Baudinières, sous le format fascicule de 32 pages double-colonne.

LE DOIGT COUPÉ

Alors que Marius PÉGOMAS, le célèbre détective marseillais, est embauché par M. Satrace afin de retrouver sa femme, une fugueuse invétérée, le juge d’instruction de Colmar le mande pour l’aider à résoudre le meurtre mystérieux d’un gendarme et d’un doigt coupé retrouvé sur le lieu du crime.

Marius PÉGOMAS s’envole au plus vite vers la contrée alsacienne avec l’intuition profonde que les deux affaires sont liées…

Pierre Yrondy poursuit le virage entrepris depuis quelques épisodes dans sa série en privilégiant l'enquête et l'intrigue aux frasques de son détective Marseillais qui avaient pourtant fait le sel des premiers épisodes.

Certes, le format court ( 13 000 mots environ ) interdisent la construction d'une intrigue échevelée et l'auteur a bien souvent recours aux coïncidences et au hasard pour permettre à Marius Pégomas de résoudre les affaires.

C'est une nouvelle fois le cas ici puisque, à Marseille, chargé par un mari de retrouver sa femme sujette à des fugues répétées, Marius Pégomas est en même temps mandé par le juge d'instruction de Colmar pour l'aider à résoudre le meurtre d'un gendarme auquel il ne comprend rien.

Chance pour le détective, ses deux enquêtes vont se croiser bien que distantes de plus de 700 km.

Mais sur place, l'enquête, la double enquête, même, sera elle aussi basée sur des coïncidences et des facéties du hasard dont je ne parlerai pas ici pour ne pas déflorer trop l'histoire.

Intrigue pas très évoluée, reposant sur une part de hasard ; humour moins présent qu'auparavant, on se doute que l'épisode ne sera pas le plus délectable de la série.

Pourtant, l'auteur parvient à mixer les deux ingrédients avec suffisamment de proportion pour que l'histoire soit tout de même plaisante à lire. Certes, on regrette les facéties auxquelles Marius Pégomas nous avait habitué dans la première quinzaine d'épisodes, mais ce manque n'est pas rédibitoire.

Bien sûr, on peut continuer à reprocher à Marius de ne pas livrer son cheminement de pensée au lecteur pour lui permettre de comprendre comment le détective à débrouiller l'affaire. On peut également l'erreur de l'assassin qui aurait dû se douter que Marius Pégomas, le plus célèbre détective de Marseille et de France, découvrirait son identité, d'autant que ce n'est pas la première fois que celui-ci est confronté à ce genre de situation dont je ne peux parler pour ne pas déflorer l'intrigue (c'est au moins la troisième fois que cela arrive sur les 23 premiers épisodes).

Évidemment, on regrettera que la distraction du docteur Mercadier ne soit pas plus utilisée dans la série en général et dans cet épisode en particulier car, tel un Pierre Richard scientifique, ce personnage est susceptible d'apporter son lot de sourires.

Enfin, on pourra également se plainde que Pierre Yrondy abandonne ses figures de styles usuelles telles les métaphores hasardeuses, les changements de rythme à coups d'alternance de temps de narration, de phrases dénuées de verbes...

Mais, pourtant, elle tourne, aurait assuré Gallilée en son temps. Mais, pourtant, l'épisode tient la route, dirai-je en ce jour, du moins, tient-il la route dans le périple engagé par l'auteur depuis 23 épisodes.

Au final, sans être le meilleur, du moins, le plus drôle épisode de la série, et malgré les faiblesses et les manques cités plus haut, cet épisode se lit avec un réel plaisir et semble amorcer une maîtrise du virage entamé par l'auteur pour mener la série sur une autre voie.