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« La vieille du Vel' d’Hiv' » est le 6e épisode, dans l’ordre d’édition liminaire, de la série « Les enquêtes du Professeur », qui en compte 15 et qui a été éditée, à l’origine, au sein de la « Collection l’Indice » des Éditions Populaires Monégasques entre 1946 et 1947.

La série était publiée sous le format fascicule 16 pages denses, offrant des textes avoisinants les 9 000 à 10 000 mots.

Certains titres sont signés René Byzance (un pseudonyme dont on ne connaît pas le véritable propriétaire) et les autres ne sont pas signés, mais semblent provenir de la même plume au vu du style d’écriture.

LA VIEILLE DU VEL’ D’HIV’

L’inspecteur Gonzague GAVEAU, dit « Le Professeur », pour se changer les idées, décide d’assister à un « critérium » au Vélodrome d’Hiver de Paris.

Alors que les deux favoris se livrent un duel acharné, l’un d’eux chute de son engin et ne se relève pas.

La course est arrêtée. Les officiels, bientôt rejoints par un homme que « Le Professeur » reconnaît pour être son chef, se ruent près de la victime.

Gonzague s’approche à son tour pour apprendre que le coureur a été abattu d’une balle…

 

Gonzague Gaveau, surnommé « Le Professeur » parce qu’il a fait Sorbonne, profite de son jour de congé pour se distraire un peu.

Bien que pas très sportif, il décide de se rendre au Vel' d'Hiv' pour assister à une course cycliste.

Dans le public, il lie connaissance avec un spécialiste du milieu qui lui explique que la grande finale va confronter deux rivaux et ennemis qui, non seulement visent tous les deux le titre et la renommée, mais dont le plus vieux a été remplacé par le plus jeune dans le cœur d’une belle jeune femme.

La course bat son plein et alors que les deux hommes sont au coude à coude, le plus jeune ne chute, mais ne se relève pas. Il a été frappé par une balle.

Le commissaire Rouiller débarque sur la piste, Gonzague lui offre ses services et, alors que le premier tente de réunir tous les protagonistes de l’antagonisme entre les deux sportifs, Le Professeur, lui, cherche à retrouver une bien curieuse vieille dame qu’il avait repérée avant le drame...

L’épisode atteint les 10 000 mots, ce qui en fait un des épisodes les plus longs de la série et ce sera là le seul avantage qu’il tirera sur ses congénères.

Effectivement, la qualité première de la série réside non pas dans l’intrigue, on sait que sur 10 000 mots, celle-ci sera basique, mais sur le style de l’auteur et son humour se partageant un léger cynisme et une réelle ironie.

Malheureusement, si la plume n’est pas au rendez-vous dans ce récit, l’intrigue, elle, est bien absente tant l’histoire n’offre pas un grand intérêt.

À peine apprend-on quelques détails sur le physique et les goûts de Gonzague Gaveau, mais avouons que cela ne suffit pas à assurer le plaisir du lecteur lambda.

Car, rappelons-le, ce qui fait le sel des autres épisodes, du moins, de la plupart, c’est le style de l’auteur (ou des auteurs), et les défauts du personnage principal qui résident dans son cynisme, son ironie, son esprit supérieur et le dédain qu’il peut avoir pour certaines professions ainsi que pour la plupart des gens.

Le lecteur pouvait donc s’attendre, de la part du héros, à ses réflexions sur les sportifs ou sur les supporters. Mais non !

Ici, ces traits de caractère n’apparaissent pas et le style de l’auteur n’a pas la virtuosité habituelle (est-ce, d’ailleurs, le même auteur ??? impossible de le savoir, cet épisode n’est pas signé).

Un personnage qui met de côté ses défauts qui en font un être drôle ; un style moins alerte ; une intrigue inintéressante au possible... vous comprendrez que cet épisode n’est pas le meilleur de la série, loin de là, même.

Au final, un épisode fort décevant de par l’absence des qualités qui faisaient le charme de la série. À la place, le lecteur se contentera d’un titre qui se lit vite et ne laisse pas le temps à la lassitude de s’installer...