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Poursuivons notre périple à travers la « Série Noire » des Éditions Gallimard avec un titre de Jacques Risser datant de 1969.

Jacques Risser fait partie de ses écrivains qui découvrirent la passion de l’écriture en prison, comme José Giovanni et quelques autres.

Pas étonnant, alors, que, bien souvent, leurs romans se situent dans le monde du petit ou grand banditisme.

Tout aussi souvent, les intrigues ou les personnages des récits de ces auteurs sont fondés sur des évènements vécus.

C’est le cas avec « Sérénade corse », le second roman de Jacques Risser qui est également son second publié dans la collection « Série Noire » après « Le bon fade ».

Sérénade corse :

Les Corses – c’est bien connu – n’aiment pas qu’on leur marche sur les pieds. Ils apprécient encore moins qu’on flingue un de leurs parents. À la suite d’un règlement de comptes, la guerre est déclarée entre deux clans de voyous. À Marseille comme à Paris, les justiciers foutent tout en l’air pour retrouver les assassins. Et la sérénade corse finit en requiem.

Comme l’indique le titre, l’intrigue de ce court roman se déroule dans le milieu corse, d’abord de Marseille, ensuite de Paris.

Deux truands n’apprécient pas qu’une de leur fille, placée chez un tenancier corse à Marseille, ait disparu. Alors qu’ils viennent faire part de leur contrariété audit tenancier, les choses dégénèrent et c’est la fusillade. Résultat, le Corse est abattu et les deux truands se voient obligés de s’exiler de peur de subir la Vendetta des congénères du défunt.

L’exil a donc lieu à Paris où les deux truands décident d’en profiter pour racketter les bars de manière très violente.

Pendant ce temps, deux membres de la famille du défunt réclament vengeance et vont se lancer sur la piste des assassins...

C’est donc à partir d’une intrigue basique, base d’un tiers des récits d’action (le moteur de l’action est soit la vengeance, soit la conquête du pouvoir ou de l’argent, soit le désir de devenir le plus fort), que l’auteur développe son roman.

Le lecteur suit donc, dans un premier temps, le corps du délit, pour, ensuite, suivre le cheminement des tueurs, d’un côté, des Corses de l’autre.

S’il n’y a pas grand-chose à redire sur le style qui, sans avoir le panache de ceux d’illustres confrères du milieu, n’en est pas moins digeste, il n’y a pas de quoi, non plus, s’enthousiasmer outre mesure.

Cette absence d’empathie vient principalement des divers protagonistes de l’histoire. Certes, comme dans tous les récits de ce genre, ils appartiennent tous au monde de la délinquance, ce qui pourrait suffire à empêcher de s’attacher à eux. Mais, certains auteurs, malgré tout, confèrent à leurs personnages suffisamment de complexité, de charme, de charisme pour qu’au final, malgré leur appartenance au côté sombre de la société, on puisse s’y attacher.

Ce n’est guère le cas ici puisque le seul personnage pour lequel le lecteur pourrait avoir une certaine sympathie n’apparaît que vers la fin, très peu et en plus, sera le grand perdant de l’histoire (faut-il voir dans ce choix une sorte de moralité ???).

Pour les autres, que ce soient les assassins, les vengeurs, ou les protagonistes tiers, pas grand-chose à tirer. Brutal, sans foi ni loi, le quatuor (les deux assassins, plus les deux vengeurs) n’offre pas de côté positif auquel se rattacher). À côté de ça, les deux autres personnages centraux, un mac pathétique et sa pute opportuniste sont encore moins bien servis.

Reste alors une histoire assez simple, linéaire, correctement écrite, mais sans fulgurance particulière, tant au niveau de la plume que des rebondissements.

Un récit qui aurait eu plus d’allure sur pellicule que sur papier, mais qui se lit sans déplaisir, notamment grâce à une concision qui évite l’ennui et les temps morts.

Au final, pas un grand roman, mais un petit roman qui se lit vite et plutôt bien, mais qui ne demeurera pas dans les esprits.