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« Le complot diabolique » est ce que l’on pourrait annoncer comme le 15e épisode des aventures de Bill Disley, le journaliste détective né de la plume de l’énigmatique auteur de littérature populaire J.A. Flanigham.

Je dis, « pourrait annoncer », car les premières aventures de Bill Disley, du moins celles publiées en fascicules 16 pages aux Éditions Moulin Vert à partir de 1946 et rééditées en fascicules 32 pages dans la collection « Police Roman » des Éditions Lutèce à partir de 1949, contrairement aux épisodes suivants édités dans des collections éponymes, ne sont pas numérotés.

Cependant, à partir des dates d’éditions et des numéros d’impression des ouvrages, il est possible d’établir une liste numérotée dans laquelle « Le complot diabolique » occupe la 15e place.

Dans sa première édition, le titre en était « Complot dans l’ombre ».

Concernant J.A. Flanigham, je n’ai toujours pas grand-chose à dire sur cet auteur dont on ne sait rien... tout juste quelques autres de ses pseudonymes, dont Raymon Gauthier (peut-être même est-ce son nom).

On sait qu’il fût publié entre 1946 et 1959, que la majorité de sa production fût dirigée au développement des aventures de Bill Disley, mais qu’il développa également deux autres séries policières : « Les aventures de Dick et Betty » et « Les dessous de l’agence Garnier ».

Ses derniers récits, des titres indépendants, furent destinés à deux collections des éditions Ferenczi : « Police et Mystère » 2e série et « Le verrou ».

LE COMPLOT DIABOLIQUE

Que les pires malfrats disparaissent étrangement de Londres aurait de quoi éveiller la curiosité du journaliste Bill DISLEY.

Mais quand il apprend, grâce à son fidèle Jeff, que l’un d’entre eux est en villégiature à côté de Mallourn, le reporter franchit allègrement le palier menant de la curiosité à la suspicion !

N’est-ce pas dans cette bourgade que la jeune femme que Bill DISLEY a croisée l’autre soir dans un bar a dit avoir trouvé du boulot ? Et la créature n’était-elle pas, encore récemment, la fiancée d’un drôle de loustic bien connu de la presse ?

Le flair de l’enquêteur le pousse à mettre les moyens pour connaître les dessous de l’affaire sans se douter qu’il va être confronté à un complot diabolique…

Jeff, le fidèle ami de Bill Disley, ivrogne notoire et ancien pickpocket et boxeur, s’étonne que le milieu de la pègre se vide mystérieusement de ses forces vives.

Pour en savoir plus, il n’hésite pas à passer la matinée dans les divers troquets. La seule chose qu’il en tire c’est que l’un des malfrats s’est installé à Mallourn.

Le nom du bled fait alors réagir Bill Disley qui se rappelle l’avoir entendu il y a peu sortir de la bouche d’une jeune femme croisée dans un bar... jeune femme ayant eu pour fiancé un homme pas très franc du collier.

Il n’en faut pas plus au reporter pour relier les deux évènements et partir à la chasse à l’information sans se douter alors qu’il est sur une affaire d’une importance internationale...

Comme bien souvent, l’épisode débute par une scène anodine dans laquelle le flair de Bill Disley va sonner l’alarme. C’est en discutant avec Jeff, le bon Jeff, le fidèle Jeff, l’assoiffé Jeff, que le tocsin va résonner.

On retrouve dans cette première scène ce qui fait le sel de la série, l’humour et la relation affectueuse et alcoolisée qui relier Jeff et Bill.

L’inspecteur Martin de Scotland Yard, qui est le troisième pilier des aventures de Bill Disley sera également mis à contribution même si les trois personnages ne vont pas briller par leurs omniprésences.

Car, en parallèle, ce sont les mésaventures de la jeune femme du bar qui vont être contées.

Ces premières aventures de Bill Disley s’étendent toujours dans les environs de 10 000 mots (pile-poil dans ce cas), ce qui, on le sait, ne laisse pas la place à une intrigue échevelée. Mais, quand l’auteur s’attarde sur un personnage subalterne, on se doute que l’intrigue va en être affaiblie.

Et c’est un peu ce qui pêche dans cet épisode, car, un complot aussi diabolique aux portées à ce point destructrices, aurait probablement mérité que l’on s’étende un peu plus sur le sujet.

Effectivement, il y avait matière à un développement plus poussé. Malheureusement, contraint à un format très court, l’auteur a préféré utiliser son scénario quitte à ne pas en tirer sa pleine puissance plutôt que de le réserver à un format plus long (à moins qu’il ne l’ait réutilisé par la suite dans une autre histoire, ce qui est bien possible).

Pour respecter les contraintes du format, J.A. Flanigham est alors obligé de pratique l’ellipse à outrance, ce qu’il faisait déjà d’ordinaire, mais encore plus dans le cas présent jusqu’à priver le lecteur d’une partie de l’enquête concernant pourtant des révélations importantes se contentant de les apporter sur un plateau, via son héros, lors d’un final abrupte et concis.

On notera cependant toujours le talent de l’auteur pour les incises et les indications scéniques lors des dialogues qui rajoute un réel plus à chacun de ses textes.

Au final, un scénario qui aurait mérité et nécessité un peu plus de développement et qui crée une petite déception en partie compensée par la plume de l’auteur et l’attachement aux personnages de la série.