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Marcel Idiers est un écrivain belge de la littérature populaire de langue française ayant exercé depuis le début des années 1920 jusqu’aux années 1950.

Il officia dans de nombreux genres (sentimental, aventures, historique, policier) sous son nom ou sous pseudonymes (SREIDI, Robert Pedro, Jean Fabien...)

Sa production est immense et principalement dirigée vers les séries ou collections fasciculaires.

Dans le domaine policier, on notera principalement sa série « L’Homme au stylo », écrite, à l’origine, sous le pseudonyme de Jean Fabien.

CELUI QU’ON NE SOUPÇONNAIT PAS…

M. Moreuil, un vieux et riche banquier, est retrouvé mort dans son bureau, au petit matin, par sa femme de ménage.

La veille au soir, il avait reçu, introduit par son valet, un étrange visiteur masqué par une gabardine et un feutre baissé sur le visage.

Dans la main du mort, le médecin légiste découvre le mot qu’avait fait passer l’individu. Il y est inscrit « R. de Guernery ».

L’inspecteur Henry Simon, chargé de l’affaire, dirige son enquête logiquement vers le comte Raoul de Guernery, mais celui-ci possède un alibi inattaquable pour la soirée du meurtre.

Le policier ne lâche pas cette piste pour autant, et décide de filer son unique suspect…

M. de Moreuil est retrouvé mort, étranglé, dans son bureau, au petit matin, par la femme de ménage. La veille au soir, le vieil homme avait reçu un étrange visiteur pour une discussion qui dura jusque tard dans la nuit. Ce visiteur, ni la cuisinière ni le valet qui l’a fait entrer dans la maison n’ont pu bien le voir tant il était caché derrière sa veste et son chapeau.

Le médecin légiste retrouve dans la main du défunt, le mot que le visiteur a fait passé au vieillard pour être reçu. Dessus, un nom : R. de Guernery, le comte Raoul de Guernery !

Le policier chargé de l’affaire dirige donc son enquête vers le fameux comte, mais celui-ci a un alibi infaillible, il a passé la soirée et une partie de la nuit à son cercle dans lequel une fête y était organisée dont il était le « roi ».

Pourtant, Henry Simon, le policier, persiste à soupçonner quelque chose et décide de filer le comte...

Marcel Idiers (ou Robert Pedro, dans l’édition d’origine), use de toutes les ficelles (les cordes) des romans policiers de l’époque (1936), du moins de ceux de la littérature populaire fasciculaire, avec un dénouement usé jusqu’à la corde (et non pas la ficelle) et un arrière-thème flânant du côté des colonies exotiques (l’Inde, encore et toujours).

Le format est court : fascicule 32 pages, ici imprimées en petits caractères, mais avec des illustrations à l’intérieur, un contenu d’à peine plus de 15 000 mots.

Avec cette taille, l’auteur est voué à la concision, on le sait bien. Du coup, l’intrigue et le développement des personnages passent souvent au second plan, ce qui est le cas ici.

Question style, point la peine d’en chercher un, très peu d’auteurs de la littérature fasciculaire osaient en faire preuve, et Marcel Idiers n’est point un de ces rares élus.

On sent donc que l’auteur se contente de faire son boulot en livrant une histoire qui n’est pas indigeste, mais qui ne marquera pas les esprits tant elle s’appuie lourdement sur des thèmes et des sujets rebattus. 

Le lecteur ne trouvera malheureusement pas un surplus d’intérêt dans le duo d’enquêteurs qui auraient pu, à l’image de Florac et La Glu, de Marcel Vigier, un peu avant, ou bien de Old Jeep et Marcassin, de Marcel Priollet, un peu après, former une équipe hétérogène et quelque peu hétéroclite, apportant soit une touche d’humour, soit une touche d’action, de rythme ou de mystère. Mais il n’en est rien.

Robert Pedro ne déborde pas de la ligne, ne l’effleure même pas. Tout rentre dans le cadre du petit roman fasciculaire de l’époque destiné à la fois à la jeunesse et aux lecteurs plus âgés, c’est-à-dire, un récit et un style simples, sans être simplistes, mais sans prises de risques ou originalités.

Au final, un petit roman qui se lit agréablement, mais qui ne révolutionnera pas la littérature ni même la littérature fasciculaire.