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« Vacances mortelles au paradis » est le second roman de Juliette Sachs, une jeune romancière ayant suivi des études de droit.

Les deux romans, celui-ci et « On n’attire pas les hirondelles avec du vinaigre » semblent avoir plusieurs points communs dont celui de mettre en scène une femme proche de la quarantaine ayant des problèmes dans sa vie sentimentale et se lançant dans une enquête policière.

Vacances mortelles au paradis :

Une semaine aux Maldives tous frais payés, c’est le rêve ! Mais pour Alice, ce séjour n’a rien de paradisiaque... Cette célibataire qui frôle la quarantaine et aime un peu trop les mojitos, se retrouve coincée avec sa famille sur une île minuscule pour y célébrer le mariage de sa sœur. Entre sa mère qui cherche à tout prix à lui trouver un fiancé et un père qui retombe en adolescence avec sa nouvelle femme de vingt-cinq ans, Alice est à bout. Et quand l’une des invitées est retrouvée assassinée dans sa chambre, c’est vraiment le pompon ! D’autant que tout le monde a interdiction de quitter l’île tant que le meurtrier est en liberté. Face à l’incompétence de la police locale, Alice décide de prendre le taureau par les cornes et de démasquer elle-même l’assassin. Plus facile à dire qu’à faire, car parmi la centaine d’invités, ils sont nombreux à avoir de vilains petits secrets…

Que dire sur cet ouvrage ? Qu’il n’est pas fait pour moi ? Cela semblait une telle évidence que j’espérais, si ce n’est me tromper, du moins que l’humour que laissaient présager le titre et la couverture serait suffisant à maintenir mon intérêt.

Bon, je me suis trompé, une fois n’est pas coutume... ni deux, d’ailleurs, pas plus que trois... mais peu importe.

Si je disais que « Vacances mortelles au paradis » est un roman de fille pour les filles, je me ferais probablement lyncher par les plus féministes d’entre vous.

Pourtant, suivre les péripéties de cette quarantenaire obligée de séjourner sur une île paradisiaque avec son horrible mère et son inconséquent de père, de suivre ses envies de mojitos dans lesquels elle noie non seulement les soucis familiaux, mais également ceux sentimentaux, car, de bien entendu, elle ne trouve pas de mec et, pour cause, elle est amoureuse de son ami d’enfance, qui lui aussi semble amoureux d’elle, mais aucun des deux ne veut franchir le pas (ouais, c’est super original comme intrigue sentimentale, n’est-ce pas ??). Suivre donc la jalousie non assumée de chacun des deux protagonistes... déclenchait en moi un ennui poli, mais profond que j’espérais voir s’atténuer avec l’arrivée du crime qui commençait à se faire terriblement attendre.

D’autant que l’auteur, en plus d’accumuler les clichés et les poncifs (sont père a quitté sa mère pour une femme de vingt-cinq ans et qui tente de jouer les « djeun's » ; la sœur a une vie parfaite, elle se marie avec un beau et riche jeune homme ; sa mère ne cesse de la critiquer sur sa vie sentimentale et sur son physique...) additionne également les phrases bateaux sans saveur ni intérêt : les rires sont sonores, les sourires vont jusqu’aux oreilles, éclairent les visages, sont malicieux, espiègles, ravis, enthousiastes, amicaux, bienveillants, moqueurs, satisfaits, charmants, carnassiers, forcés... Les protagonistes se mordent les lèvres pour ne pas rire... (et quand ce n’est pas les lèvres, ce sont les joues) ou bien pour simuler l’angoisse... ou quand ils trépignent d’impatience... ou quand ils ont posé une question qu’ils n’auraient pas dû... ou quand ils ont envie de quelqu’un... ou quand ils sont stressés... ou quand ils sont songeurs... ou quand ils réfléchissent...

Bref, les personnages passent leurs temps à rire et sourire, mais toujours d’une façon niaise et manquant cruellement de qualité littéraire et de métaphore chiadée.

Alors, certes, on sent bien que l’auteur s’est beaucoup amusée en écrivant cette bluette et qu’elle est très influencée par les comédies romantiques à l’eau de rose insipides et inconsistantes et, malheureusement, elle tente de reproduire cela par écrit et elle y réussit puisque son roman est à la fois inconsistant et insipide.

Bien sûr, n’étant évidemment pas la cible de ce roman, je ne suis pas très objectif. C’est clair ! Il m’arrive d’apprécier des œuvres littéraires, télévisuelles, cinématographiques, dénuées de talent et de charisme pour peu que j’y trouve mon compte a minima.

Mais là, bien que j’ai insisté bien plus longtemps que je ne l’aurais fait habituellement, je n’ai pu que baisser les bras face à l’histoire, à son contenu, au personnage principal, à la narration et au manque cruel de plume ou, du moins, d’une tentative de proposer autre chose qu’une bouillie prémâchée pour ado attardé.

Oupss, je sens que ma dent se durcit et qu’il est temps pour moi d’abréger ma chronique afin que celle-ci ne sombre pas en lynchage envers l’auteur qui au demeurant est probablement sympathique et qui, en outre, n’a pas besoin de me compter dans le nombre de ces fans et c’est tant mieux pour elle.

Au final, un roman qui n’était pas fait pour moi tant à cause du personnage central, de l’intrigue que du manque flagrant de style et d’originalité.