Olsen

Cela faisait fort longtemps que je ne m’étais pas délecté des aventures de John Strobbins, ce détective-cambrioleur (plus cambrioleur que détective), né de la plume de José Moselli, auteur culte ignoré de tous ou presque.

Car José Moselli fut, en son temps, surnommé « l’écrivain sans livre » de par le fait que sa production fut toute destinée à être éditée dans des revues et magazines pour la jeunesse comme « L’Épatant », « Le Pêle-Mêle », « Le Cri-Cri » ou dans les journaux sous forme de feuilletons.

Et même si, quelques années plus tard, certaines aventures furent éditées ou rééditées au sein de la collection « Aventures » des éditions Offendstadt, le format fasciculaire de cette collection ne changea rien à l’affaire.

Désormais, vous avez pu découvrir José Moselli et sa plume grâce aux rééditions numériques de OXYMORON Editions des séries « M. Dupont, détective », « Iko Terouka » ou de son excellent roman « La momie rouge ». Mais vous avez également pu faire la connaissance du fameux cambrioleur avec la réédition de ses premières aventures.

Je ne reviendrais donc pas sur José Moselli, il vous suffit de lire mes autres articles sur sa production ou de faire une simple recherche Google, ni sur « John Strobbins », une de mes chroniques lui étant déjà consacrée.

La spéculation d’Olaf Jolsen :

John Strobbins, le célèbre détective-cambrioleur est embauché par le comte Olaf Jolsen afin de dévaliser le coffre-fort d’un bijoutier afin d’y récupérer un portefeuille contenant une reconnaissance de dettes qu’il estime ne plus devoir à l’usurier.

Le casse se déroule au mieux, mais, au moment de s’enfuir, des membres de l’Agence Pinkerton débarquent avec fracas et manquent de peu de mettre la main sur John Strobbins et son bras droit Reno.

Les deux hommes parviennent à se tirer du traquenard et à kidnapper un de leurs assaillants.

L’interrogatoire de ce dernier révèle que lui et ses comparses sont en fait des malandrins payés par Olaf Jolsen pour se débarrasser d’eux et récupérer la créance.

Mais le détective-cambrioleur se fait fort de démontrer au comte suédois que « il y a loin de la coupe aux lèvres »…

« La spéculation d’Olaf Jolsen » est un épisode parut tout d’abord dans les numéros 554 à 562 du magazine « L’Épatant », puis réédité dans sous le titre « La spéculation d’Olaf Jolsen » dans le numéro 525 de la « Collection d’Aventures » des éditions Offenstadt.

Cet épisode dépasse de peu les 13 000 mots, ce qui équivaudrait à un fascicule 32 pages bien denses.

Si les tribulations de John Strobbins peuvent être classées dans le genre « policier d’aventures », c’est bien souvent dans l’aventure pure qu’elles se situent la plupart du temps. Et c’est une nouvelle fois le cas dans cet épisode, d’autant plus que le héros apparaît peu, au final, dans toute l’histoire. Si, effectivement, John Strobbins prend part au cambriolage liminaire, le reste du récit conte les mésaventures d’Olaf Jolsen, tentant de se sortir des griffes du destin et de récupérer le platine qu’il comptait revendre à prix d’or aux Allemands.

Et, bien que le spectre de Strobbins ne cesse de planer sur ces pérégrinations, il n’apparaît jamais, poussant le lecteur à se demander quand sa terrible vengeance aura lieu.

Mais, si le lecteur sait que Jolsen est la cible de Strobbins, Jolsen, lui, ignorant à qui il avait affaire, ne sait pas qu’il est dans le viseur du célèbre cambrioleur.

José Moselli nous convie donc à une aventure qui mènera le comte suédois des Amériques jusqu’en Allemagne au prix de moult tracasseries.

Cet épisode est dans la pure veine des précédents et même d’une grande production de l’auteur dans laquelle les voyages et l’aventure ont une part belle.

L’ensemble est fluide et se lit rapidement et avec grand plaisir.

José Moselli atteint donc une nouvelle fois son but.

Au final, un agréable épisode qui me permet de renouer avec John Strobbins que j’avais délaissé depuis un peu trop longtemps.