MJ12

« Les Amants de la Guillotine » est le 12e épisode de la série « Marc Jordan, détective » initialement parue à partir de 1907 et qui compte 62 épisodes.

Le personnage de Marc Jordan est un clone de celui de Nick Carter, le détective américain dont le succès fût croissant outre-Atlantique à partir de sa création en 1886 et dont les traductions, qui venaient juste de débarquer en Europe, faisaient fureur.

Les aventures de Marc Jordan sont calquées sur celles de Nick Carter : même genre aventuro-policier, personnages assez similaires (détective fort, intelligent et courageux et ses fidèles lieutenants d’un côté ; malfrats de la lie de la société au service de chefs intelligents, machiavéliques et sans scrupules, de l’autre), même format : fascicule 32 pages double-colonne contenant des récits d’environ 20 000 mots.

L’auteur ou les auteurs des épisodes de Marc Jordan sont inconnus même si certains accordent la paternité du personnage à l’auteur Jules de Gastyne.

LES AMANTS DE LA GUILLOTINE

L’un des chefs de la terrible association de criminels « Les Amants de la Guillotine » a échappé in extremis à Marc JORDAN, le célèbre détective. Cependant, sa partenaire, la belle Maria, est sous les verrous.

Ayant appris que le fugitif navigue également dans les hautes sphères et qu’il est l’amant d’une aristocrate, Marc JORDAN, une fois identifiée la noble maîtresse, décide d’user de sa meilleure arme pour faire tomber le gigolo et ses cinq comparses : la rancune et la haine d’une femme bafouée.

Il faut donc organiser l’évasion de Maria et lui ouvrir les yeux afin que son désir de vengeance la pousse à trahir l’homme qu’elle aime…

Marc Jordan, dans l’épisode précédent, « La pluie de sang » a été confronté à une terrible association appelée « Les Amants de la Guillotine », société secrète dont les 6 dirigeants agissent aussi bien comme recruteur, chef, juge, juré, bourreau et n’hésitent pas à égorger ceux qui les trahissent.

Alors qu’il pensait avoir mis la main sur l’un des chefs, Francis le frisé, celui-ci était parvenu à s’échapper, mais sa compagne, la belle Maria, avait, elle, été arrêtée.

Aussi, le détective n’a de cesse de retrouver le fameux Francis et, sachant que celui-ci navigue dans les hautes sphères et est l’amant d’une femme de la bourgeoisie, il n’hésite pas, même au théâtre, à observer l’assistance.

Grand bien lui fait puisqu’il repère le fameux Francis et apprend que celui-ci est l’amant de la Comtesse de Mirmer.

Mais le bandit se méfie et fuit son logement avant que le détective ne l’y trouve.

Aussi, pour mettre la main sur les Amants de la Guillotine, Marc Jordan décide-t-il d’utiliser la rancune d’une femme bafouée en faisant évader Maria, en lui apprenant que son Francis se moque d’elle et couche avec une comtesse afin que celle-ci, par vengeance, le lui vende.

Une fois encore l’image de la femme ne sort pas grandie de cet épisode de Marc Jordan, comme de bien des récits policiers de la littérature populaire.

Ici, la femme n’est que bourgeoise qui trompe son mari avec le premier godelureau venu ou bien femme de la rue prête à se prostituer par amour et à faire pincer son homme par rancune.

Mais les épisodes de Marc Jordan, loin de se vouloir un reflet exact de la société, sont là pour proposer avant tout aux lecteurs des aventures trépidantes et c’est une nouvelle fois le cas ici même si on pourra regretter que l’auteur s’appesantit sur les états d’âme de la jeune femme bafouée.

Qu’à cela ne tienne, le récit, à côté de cela, tient toutes les promesses de la série et offre la part belle à Marc Jordan qui, à force de ténacité et contre tout le monde, prouvera qu’il avait raison, que la société des Amants de la Guillotine existe...

Bref, pas grand-chose de particulier à dire sur cet épisode qui n’a déjà été dit sur les précédents tant la série est assez constante.

Au final, un épisode qui forme une sorte de diptyque avec le précédent et qui se lit avec plaisir pour peu que l’on apprécie le genre de la série...