CouvLTE

Je ne devrais pas avoir à présenter Marcel Priollet, un auteur majeur de la littérature populaire en général et de la littérature populaire fasciculaire en particulier qui proposa pendant un demi-siècle (à partir du tout début du XXe siècle) aux lecteurs un nombre impressionnant de cours romans et de séries en tous genres (aventures, policier, sentimental, fantastique).

Malheureusement, l’auteur est, de nos jours, tombé dans l’oubli même si de récentes rééditions numériques tentent de le faire sortir de cet anonymat immérité.

On notera, dans sa production, les séries policières « Old Jeep et Marcassin » et « Monseigneur et son clebs », mais Marcel Priollet, sous de nombreux pseudonymes (René-Marcel de NizerollesHenry de TrémièresMarcel-René NollRené Valbreuse...) a également développé de nombreuses séries sentimentales et courts romans.

« Le train enchanté » est un court roman d’à peine plus de 8 000 mots initialement publié dans la collection « Mon Roman d’Aventures » des éditions Ferenczi, en 1944, sous la forme d’un fascicule de 32 pages.

LE TRAIN ENCHANTÉ

Lucien, jeune courtier en bijoux, est chargé par son patron de se rendre de Paris au Caire dans le but de réceptionner un inestimable diamant qu’il vient d’acheter.

Lucien prend place dans le rapide menant de la gare de Lyon à Marseille afin d’embarquer sur un bateau pour l’Égypte.

Mais, le lendemain matin, lui et les trois hommes voyageant dans le même compartiment se réveillent alors que défilent sous leurs yeux, les paysages représentatifs de la région cairote.

Comment ont-ils pu réaliser un tel trajet en si peu de temps et, surtout, sans quitter le train ? Voilà le mystère qu’ils vont devoir éclaircir…

« Le train enchanté » porte bien son nom, car ce court récit a tout pour enchanter le lecteur.

Mélangeant allègrement les genres (aventures, policier, fantastique, avec un brin de sentimental), comme savait si bien le faire Marcel Priollet, l’histoire nous conte à la première personne du singulier, la mésaventure d’un jeune courtier en diamants chargé par son patron de se rendre de Paris au Caire afin de réceptionner un magnifique diamant d’une valeur inestimable.

Pour ce faire, le jeune homme, Tournesol de son nom, embarque dans le train à la gare de Lyon, direction Marseille, pour prendre le bateau pour l’Égypte.

Mais, après s’être endormi après Montereau, Tournesol, au matin, s’éveille en Égypte, dans le même train, qui s’arrête alors au Caire.

Le voyage est impossible en si peu de temps, lui est les trois autres passagers de son compartiment sont déboussolés d’autant que tout prouve, journal à l’appui, qu’ils sont le lendemain matin de leur départ de Paris...

Marcel Priollet est un auteur de métier qui parvient, surtout à partir de 1940, à tenir son lecteur en vieux filou.

Car, dès le début de l’histoire, on a beau se douter du dessous de l’affaire, voir venir les rebondissements, du fait d’une concision de texte ne permettant pas de trop noyer le poisson et de diluer les informations dans un texte dense, on se prend malgré tout à l’histoire et on se pose la question de savoir si l’auteur va ou non nous livrer les révélations auxquelles on pense.

Et, bien que ce soit le cas, c’est fait avec tellement de métier que cela ne retire en rien le plaisir de suivre cette aventure

Il faut avouer que la narration à la première personne est totalement adaptée à l’histoire et permet, à travers le regard du principal intéressé, d’occulter ce qu’il y a à occulter en ne livrant qu’une part des évènements : celle dont le narrateur est le spectateur.

La naïveté de l’ensemble, inhérente au genre, à l’époque, et aux us de Marcel Priollet, si elle peut paraître désuète, ne fait là aussi que renforcer la sympathie que l’on peut éprouver pour le texte.

Car, bien sûr, on devine tout à l’avance, certes, le nœud de l’intrigue est difficilement crédible, mais, qu’importe, le voyage, lui est enchanteur, du moins, suffisamment plaisant pour faire passer la pilule et c’est là l’apanage des bons, si ce n’est de grands auteurs et Marcel Priollet était un grand auteur de la littérature populaire.

Au final, un charmant voyage en train qui parvient à séduire le lecteur malgré tous les écueils qui auraient pu le rebuter.