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Ce que je recherche dans un roman, donc, dans un polar, puisque je ne lis qu’exclusivement du polar, un genre suffisamment étanche pour me délayer avec bien d’autres genres et sous-genres, ce sont éléments, indépendamment les uns des autres ou, dans le meilleur des cas, additionnés les uns aux autres.

En clair, j’aime, dans un roman policier, découvrir soit (et) une intrigue de haute volée, un style original, de l’humour, des personnages originaux, une ambiance.

Le mieux étant quand l’auteur parvient à ingérer et digérer tous ces éléments pour en délayer son récit.

Mais, si un de ces éléments est présent sans ses petits amis, cela peut suffire à maintenir mon intérêt tout du long du roman.

« Du sang sur le parquet » est le premier roman de Patrick Delouvée, un auteur dont je reparlais, exceptionnellement, dans mon avis sur le livre.

Du sang sur le parquet :

Lorsque Ben est envoyé par son grand-père, visiter la maison dont il vient d’hériter d’un oncle lointain, la mission lui paraît simple et tranquille.
Il vient de terminer ses études et dispose de deux mois avant de prendre son premier poste.
Alors, pourquoi pas ?
Mais quand il est réveillé par des bruits divers, la première nuit où il dort dans la maison, puis qu’il entend une détonation, tout commence à basculer…
Il se retrouve accusé de meurtre, il n’a pas d’alibi et il pourrait même avoir un mobile !
Le cauchemar se mélange à la réalité, il ne sait plus où il en est, et tout semble se liguer contre lui.
Arrivera-t-il à s’en sortir ?
Que sait le voisin qui observe tout depuis sa fenêtre ? Quel rôle joue-t-il vraiment ?
Que cache le passé de l’homme dont le grand-père de Ben a hérité ? N’a-t-il vraiment pas d’autre héritier ?
Chloé, la jeune infirmière, pourra-t-elle l’aider ?
Et quand l’amour s’en mêle, peut-on renoncer à celui qu’on aime sans savoir s’il est réellement coupable ?
Chloé sera-t-elle complice, confidente… Ou davantage ?
Cet héritage est-il un cadeau empoisonné ?
Une chose est certaine : quand il arrive dans la maison, Ben est loin d’imaginer que cette histoire va changer sa vie.
Un polar bouleversant, un thriller loin des clichés du roman policier, dont le suspense et les rebondissements maintiendront le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Ben est chargé par son grand-père d’aller visiter une maison dont il vient d’hériter de la part d’un romancier à succès qu’il ne connaissait pas.

Arrivé dans la maison inhabitée, il y passe la nuit, mais des bruits le réveillent, quelqu’un est entré... 

Quand il sort de sa chambre, il découvre un corps dans le salon.

Comme je le disais, dans un roman, j’espère y trouver un style, une ambiance, des personnages originaux et une bonne intrigue.

Autant vous le dire tout de suite, pour ce qui est de l’intrigue, je serai incapable de savoir si j’aurais été contenté étant donné que je ne suis pas allé au bout de ma lecture.

Et vous vous doutez bien que si je ne suis pas allé au bout de ma lecture, c’est que je n’ai pas trouvé, dans ma lecture avortée, les autres éléments que j’espérais ?

Question personnages, dès les premières lignes, un personnage secondaire, qui doit devenir, je crois, par la suite, un personnage principal, décrit Ben (le petit-fils) en le croisant comme un beau gosse aux yeux bleus, aux cheveux blonds... 

On apprendra par la suite que cette femme (car oui, il s’agissait d’une femme... concupiscente...) est également belle, pas farouche...

Bah, mince, pour les personnages originaux, je pense déjà, au bout de quelques lignes, que je vais bien être déçu. Malgré tout, je poursuis ma lecture.

Très rapidement, également, je constate que je ne serais pas non plus rassasié au niveau du style.

Effectivement, le roman ne pèche pas par un style mal maîtrisé, mais par un manque définitif de style. C’est plat, sans recherche, sans rondeur, et côté narration, l’auteur choisit un mélange maladroit entre une narration à la 3e personne et un ersatz de narration à la première personne en ne cessant soit de faire intervenir les pensées des personnages via des dialogues ou des réflexions, soit en commentant ces mêmes pensées ou actes.

Pas de personnages originaux, pas de style, que me restait-il à me mettre sous la dent en attendant de savoir si l’intrigue, elle, valait le coup ? Une ambiance ! bien sûr.

Et là, c’est le drame !

L’ambiance !!! En fait, et c’est la raison pour laquelle je ne reviens sur l’auteur que maintenant, à la lecture de ce début de roman, j’avais l’impression de lire la prose d’un auteur jeune, qui se projetait un peu trop à travers son personnage, notamment et surtout à la lecture de la dernière scène que j’ai lue et sur laquelle je reviendrai.

Vous savez, un peu comme si, non pas un enfant, mais un jeune adulte vous racontait une histoire avec envie, avec bonne volonté, mais avec une bonne dose de naïveté qui s’étiole avec le temps.

Qu’elle n’a pas été ma surprise en cherchant à en savoir plus sur l’auteur pour écrire cette chronique quand je constatais que Patrick Delouvée, loin d’être un béjaune de la vie, se révélait être un retraité chenu ?

La bonne nouvelle, pour lui, c’est qu’il rajeunit en écrivant !

Mais, comment puis-je ignorer un écrivain que je lis ? me direz-vous ?

Et c’est là le point positif de ce roman, c’est que l’auteur, jadis, un jadis pas si lointain, mais suffisamment éloigné pour que je ne me souvienne plus de lui, eut la bonne idée de le proposer gratuitement le temps d’une journée, un bon moyen de découvrir sans risque un jeune auteur... jeune dans la profession.

Donc, bien sympathique, Patrick Delouvée, mais pas au point que je poursuive ma lecture après une scène aussi désespérément peu originale que peu intéressante et utile : la fameuse scène de cul !!!

Oui, c’est également la raison pour laquelle je pensais me trouver devant la prose d’une jeune auteur et d’un auteur jeune, projetant ses fantasmes sur le papier (ou l’écran de son ordinateur).

Car cette scène de cul (oui, pas de tendresse) n’a aucune utilité, à mon sens, ne s’inscrit ni dans une démarche de crudité, ni dans celle d’une ambiance torride, non, elle tombe à plat, sur l’écran, sans que l’on ne comprenne le sens de cette démarche.

Bon, bref, ce fut le coup de massue, non pas que je sois d’un esprit prude, juste que je déteste qu’on puisse penser qu’on peut me séduire en jouant sur un tel registre, registre si développé, mais tellement difficile à justifier et encore plus à rendre nécessaire.

Je passerai sur les commentaires sur les qualités du roman dans la 4e de couverture, un procédé que je déteste déjà chez les auteurs confirmés et à succès, procédé que l’auteur semble avoir renouvelé à outrance pour son deuxième ouvrage.

Au final, une lecture rapidement avortée du fait d’un manque criant de style, de personnages caricaturaux, d’une absence d’ambiance, de scènes ineptes...