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Henry Musnik, alias Florent Manuel, alias Jean Daye, alias Pierre Olasso, alias Pierre Dennys, alias Alain Martial, alias Claude Ascain, alias Gérard Dixe est, par sa production, un pilier de la littérature populaire française malgré sa naissance au Chili en 1895.

« Le secret du laboratoire » initialement publié au début des années 1950 et signé Florent Manuel, dans la collection « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi est probablement une réécriture d’un titre de la collection « Les aventures du commissaire Lenormand » écrite sous le pseudonyme de Gérard Dixe, comme le laisse entendre dans l’édition originale, la confusion entre le nom du collaborateur de Yves Michelot, le détective héros de l’histoire et d’une dizaine d’autres, le jeune Claudin et celui de Lenormand, le jeune Séguin.

De plus, il est fort probable que l’auteur se soit inspiré de l’intrigue de « Crime et sorcellerie » de Jean Petithuguenin, dont la première édition date de 1920 dans la cultissime collection « Le Roman Policier » des mêmes éditions Ferenczi.

 

LE SECRET DU LABORATOIRE

 

Alors que le détective Yves MICHELOT enquête sur la disparition de deux jeunes femmes, son instinct le guide vers un étrange savant menant d’extravagantes expériences et possesseur d’un énorme orang-outan.

 

Très rapidement, les soupçons se portent sur le professeur et Yves MICHELOT décide de mettre en place un piège avec, pour appât, sa collaboratrice Germaine Léger…

Yves Michelot décide de donner un coup de main à l’inspecteur Dumoulin qui piétine dans son enquête sur l’enlèvement de deux jeunes femmes de 20 ans.

Alors que le détective inspecte les lieux d’un des enlèvements et qu’il repère d’étranges traces, son instinct le guide vers la demeure du professeur Richard, un étrange savant menant des expériences sur les transfusions sanguines.

Chez le professeur Richard, Michelot rencontre Bimbo, un immense orang-outan.

Afin de piéger le kidnappeur, le détective, mais en place un piège avec, pour appât, sa jeune collaboratrice qu’il fait passer pour la sœur de 20 ans de Claudin, son assistant...

Les aventures de Yves Michelot peinent souvent à atteindre les 8 000 mots. C’est une nouvelle fois le cas avec cette 4e enquête.

Prenant probablement pour point de départ l’intrigue du titre « Crime et sorcellerie » de Jean Petithuguenin (l’histoire d’enlèvements de jeunes femmes par un savant qui enlève des femmes afin de faire des transfusions sanguines à sa fille malade du sang et qui utilise, pour les enlèvements, un orang-outan dressé), Henry Musnik, alias Florent Manuel dans la version d’origine, Claude Ascain dans la récente réédition numérique, fait varier l’histoire pour en varier les tenants et les aboutissants tout en conservant une finalité un peu extravagante (probablement plus, même, que le texte inspirateur).

Avec une intrigue de toute façon minimaliste et des personnages toujours aussi peu développés (du fait de la concision du texte) Claude Ascain (conservons-lui ce pseudonyme), propose au lecteur une histoire dans la même veine que les précédentes aventures de son personnage (et de la plupart de ses titres) malgré une fin un peu grand-guignolesque.

Pas de style particulier de l’auteur à attendre, on sait qu’il se complaisait dans un style relativement plat, mais un ensemble qui se lit plutôt avec plaisir et qui offre, à ceux qui avaient déjà lu le titre de Petithuguenin, et sachant que l’auteur n’hésitait pas à plagier ses propres textes et ceux des autres, une bonne surprise en offrant une variante à l’histoire originale.

Au final, un sympathique moment de lecture inspiré de l’œuvre d’un des pairs de l’auteur et offrant une fin un peu grotesque qui s’inscrirait mieux dans la littérature des années 20-30 que dans celle des années 50, mais avec Henry Musnik, impossible, du fait de ses emprunts, plagiats, multiples rééditions, d’identifier la date exacte de l’écriture de ses textes.