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« La double énigme » est la 8e enquête du détective Yves Michelot, un personnage développé par Florent Manuel (un pseudonyme de Henry Musnik, tout comme Claude Ascain, Pierre Olasso, Gérard Dixe, Jean Daye, Alain Martial...) au sein des plus de 500 titres de la collection « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi, au tout début des années 1950.

Henry Musnik est un des grands pourvoyeurs de textes pour la littérature populaire fasciculaire du second tiers du XXe siècle, un auteur prolifique dont le talent était bien inférieur à la roublardise, car le bonhomme n’hésitait pas à reprendre des textes d’une de ses séries pour les adapter à une autre, ou bien à utiliser des traductions de séries anglophones pour les incorporer à ses séries ou, encore, à fortement s’inspirer de textes ou de personnages de la littérature populaire française.

Cette finauderie est telle qu’à la lecture des épisodes de « Yves Michelot », on peut constater que la plupart résultent de réécritures sommaires d’épisodes écrits pour ses séries « Le commissaire Lenormand » et « Le commissaire Benoît ».

Les titres de la série « Yves Michelot » récemment réédités en numérique sous le pseudonyme de Claude Ascain pour faire continuité avec la réédition de la série « Robert Lacelles » du même auteur, résultent de fascicules 32 pages contenant chacun un peu moins de 8 000 mots.

LA DOUBLE ÉNIGME

Un riche industriel dont la femme s’est enfuie en Italie avec un gigolo demande au détective Yves MICHELOT de se rendre de l’autre côté des Alpes pour la retrouver.

Mais l’enquêteur n’a cure d’une banale affaire d’adultère, alors qu’il a sur les bras la mystérieuse disparition d’un jeune homme bien sous tous rapports.

Pour autant, il promet au cocu de s’occuper de son cas en parallèle.

Et voilà Yves MICHELOT avec une double énigme à résoudre…

Monsieur Celmot, riche industriel, vient voir le détective Yves Michelot avec une lettre de sa femme postée en Italie où elle lui annonce qu’elle le quitte.

Celle-ci s’est probablement amourachée d’un gigolo de dancing et le détective ne voit pas là une affaire digne d’intérêt d’autant qu’il doit résoudre l’affaire d’un jeune homme ayant mystérieusement disparu du meublé dans lequel son père venait de l’installer, y laissant ses bagages.

Mais, très vite, les deux affaires semblent se rejoindre et le disparu serait l’amant de la bourgeoise envolée.

Cependant, Yves Michelot note plusieurs incohérences qui mettent à mal cette hypothèse pourtant évidente.

Avec à peine plus de 7 500 mots, Henry Musnik, Claude Ascain ou Florent Manuel, appelez l’auteur comme vous voulez, convie le lecteur à une double énigme rapidement résolue par son enquêteur. Pas besoin d’être un grand détective pour deviner qu’un texte de cette concision ne dévoilera pas une intrigue de haute volée et, pour peu que l’on connaisse la plume et le style de l’auteur, il est inutile d’être doué d’une perspicacité hors du commun pour savoir que les personnages seront à peine esquissés (ce qui facilite les copier-coller d’une série à une autre).

Pour autant, à moins que la fatigue ne l’ait emporté sur moi, j’ai bien cru pendant un temps que la fourberie de l’auteur le poussait à utiliser un artifice usé jusqu’à la corde par sa surutilisation autant que par son manque de crédibilité : le coupable qui embauche le super détective pour résoudre l’affaire et qui finit par être confondu par celui qu’il vient d’employer.

Heureusement, ce n’est pas le cas ici et, du coup, la surprise devient agréable.

Dans tous les cas, le texte remplit son office de proposer un tout petit moment d’une lecture suffisamment agréable pour ne pas la regretter, un peu comme tous les autres épisodes de la série, ou de celle de « Robert Lacelles ».

Au final, pas de la grande littérature, donc, mais un petit encas littéraire pour une petite envie de grignoter du papier (ou des octets).

N.B. : Cet épisode est une réécriture de « Le mystère du Papagayo » un épisode écrit sous le pseudonyme de Gérard Dixe pour la série « Les enquêtes du commissaire Benoît ».