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H.-R. Woestyn, pour faire vite, est un auteur de la littérature populaire de la première moitié du XXème siècle dont on ne connait rien si ce n'est quelques pseudos (Roger Nives, Jacques Bellême, Jules France, Henri Sevin)...

Mais on lui connait au moins trois personnages récurrents : l'inspecteur Pinson, dont les très courtes enquêtes (2 000 à 3 000 mots) ont été développées sous le pseudonyme de Jacques Bellême pour le magazine « Mon Bonheur » à la fin de la première décade du siècle dernier, Ned Burke, un détective américain et Romain Farel, son élève.

Ces deux derniers personnages apparaissent dans « Central-Hôtel chambre 13 » est dans quelques autres titres parus à partir de 1920 dans des collections de fascicules de 32, 48 ou 64 pages pour des textes allant de 13 000 à 18 000 mots.

 

CENTRAL-HÔTEL, CHAMBRE 13…

 

Central-Hôtel, chambre 13, au petit matin, trois détonations !

 

Le corps de l’attaché de l’Ambassade britannique à Paris qui venait d’arriver pour aller prendre ses fonctions est retrouvé mort. Un crime, sans aucun doute possible.

 

Pourtant, l’ambassadeur fait valoir son droit de veto afin que l’affaire soit étouffée avec l’accord du gouvernement français.

 

Pour tous, officiellement, le diplomate s’est grièvement blessé accidentellement en manipulant son arme.

 

Pour tous, sauf pour le détective américain Ned BURKE qui séjournait par hasard au Central-Hôtel le jour du drame et qui, poussé par la déformation professionnelle, décide de débusquer l’assassin.

 

Mais Ned BURKE est-il réellement mû uniquement par le désir de justice ?

 

Un attaché de l'ambassade britannique est assassinée la nuit de son arrivée à Paris dans la chambre 13 du Central-Hôtel.

Très rapidement, le gouvernement britannique pose son droit de veto et l'assassinat est caché au grand public et transformé en banal accident de manipulation de l'arme de service.

Mais, manque de chance pour le gouvernement britannique, le célèbre détective Ned Burke, descendu dans le même hôtel au moment des faits, va s'intéresser à l'enquête...

Dans ce court roman d'à peine plus de 16 000 mots, H.-R. Woestyn met à nouveau en scène les deux personnages de détectives Ned Burke, le vieil américain, et Romain Farel, son jeune élève mais pourtant alter ego.

Ces deux personnages, l'auteur les a déjà proposé dans des titres précédents. Pourtant, celui-ci fait figure un peu d'exception pour deux raisons.

La première, car il est, apparemment, l'un des rares parus dans la collection « Police et Mystère » des éditions Ferenczi, dans les années 30, qui ne se révèle pas être une réédition d'un titre éponyme de la collection « Le Roman Policier » des mêmes éditions, dans les années 20.

La seconde, parce que le ou les personnages principaux, contrairement aux titres précédents, ne débarquent pas au-delà de la moitié du roman.

Effectivement, alors que Burke et Farel avaient pour coutume de se pointer au mieux à partir de la mi-roman, ici, Ned Burke, d'abord seul, ramène sa fraise dès la fin du premier quart.

Ce fait amène une première conclusion : pour une fois, l'auteur ne va pas formater son roman en deux parties : un roman de moeurs suivit d'un roman policier. C'est exact !

La seconde : avec plus d'espace dédiée à l'enquête, celle-ci va se révèler plus complexe et moins linéaire. C'est faux.

Car, l'intrigue est, il faut l'avouer, assez simple et aurait pu être résolue assez rapidement d'autant que la solution découle d'à peine quelques interrogatoires délicatement menés par Ned Burke et d'une découverte fortuite. Certes, le lecteur est habitué, dans ce genre de court roman, que le hasard fasse bien les choses pour les héros et que les investigations ne soient pas trop compliquées, mais ici, le fait est plus notable que l'auteur s'était accordé plus d'espace pour résoudre le crime.

Au lieu de cela, H.-R. Woestyn, produit une troisième partie que je tairai pour conserver le mystère, qui n'a d'intérêt que si elle s'appuie sur un roman précédent ce qui, dans l'état actuel des choses, je ne peux affirmer ne pouvant me procurer tous les textes de l'auteur pour vérifier si l'un ou l'autre a attrait au sujet en question.

On notera également que, Farel absent, Burke lui envoye un message le priant de revenir au plus vite, alors qu'il n'aura aucunement besoin de lui (à part pour servir de paravent à la fin).

Pour ce qui est du reste, le texte est du même acabit que les précédents avec, pourtant, un petit bémol sur l'absende de cette première partie distincte qui donnait au roman un ton particulier.

C'est d'autant plus dommage que les raisons de la mort du défunt était sujette à expansion, et aurait pu servir de base à cette première partie, mais peut-être le sujet était-il trop délicat pour l'auteur et pour l'époque.

On notera également la surprenante réaction de Ned Burke, après avoir résolu le mystère.

Au final, un texte agréable à lire mais en deça des précédents du fait de cette narration certes plus usuelle mais moins en accord avec les précédents titres.