CouvLDALOR

Georges Grison est un auteur dont j’ai déjà parlé pour quelques titres issus de la même collection d’origine que « La dame à l’œillet rouge », c’est-à-dire « Le Roman Policier » des éditions Ferenczi, sous forme de fascicules de 32 pages, dans les années 1920 et réédités, par la suite, dans la collection « Police et Mystère » du même éditeur, sous la forme de fascicules de 64 pages, dans le courant des années 1930.

Quant à Georges Grison (1841 - 1928), je ne pourrais pas dire grand-chose de plus que ce que j’ai déjà dit : il fût journaliste, auteur de pièces de théâtre et de petits romans sentimentaux et policiers.

LA DAME À L’ŒILLET ROUGE

Les inspecteurs NORBERT et MARCADIER de la Sûreté de Paris sont envoyés à Monte-Carlo pour aider la police locale à arrêter une bande de malfrats qui dépouille les riches.

Lors d’une surveillance dans le Casino, NORBERT croit reconnaître, à une table de jeu, une femme aperçue à Paris au milieu d’une foule d’apaches d’un bouge malfamé. Cette mystérieuse créature portait dans ses cheveux un éclatant œillet rouge, tout comme la joueuse actuellement…

À défaut d’une scélérate, « la dame à l’œillet rouge » s’avère être la marquise de Juarros faisant partie de la haute société espagnole…

Pour autant, NORBERT n’en démord pas et va s’attacher à démontrer que son flair est infaillible…

Deux inspecteurs de la Sûreté de Paris sont en surveillance à Monte-Carlo pour repérer des pickpockets.

Au Casino, l’un d’eux aperçoit la Marquise de Juarros, une belle jeune femme de la haute société espagnole qui arbore, dans sa chevelure, un œillet rouge.

Ce détail lui rappelle une autre femme, aperçue à Paris, dans un bouge, entouré de mécréants. Il est persuadé qu’il s’agit de la même personne...

Georges Grison, comme de coutume, nous propose ce court roman (un peu plus de 16 000 mots. La chronique s’appuie sur le texte de la réédition de 1935 et non du texte original publié en 1921) dans lequel il mélange savamment aventures policières et aventures sentimentales.

D’ailleurs, à cet effet, il propose plusieurs personnages, un duo d’inspecteurs, pour l’aspect policier et un duo d’hommes du monde, pour le côté sentimental, avec le personnage charnière de la fameuse dame à l’œillet rouge qui lie les deux aspects étant la cible, à la fois des policiers et de l’assiduité d’un des deux hommes du monde.

Dans les textes précédents de l’auteur, j’avais remarqué sa parfaite maîtrise de la narration, du genre (double genre, même) ainsi que du format court. C’est une nouvelle fois le cas ici.

Effectivement, on peut être un bon romancier et pour autant ne pas réussir à exceller dans la concision, ce qui donne parfois un rythme un peu haché aux récits devant s’y conformer.

Ce n’est pas le cas avec Georges Grison qui tient parfaitement son récit même quand il doit faire court, ce qui donne un récit fluide et une lecture agréable.

Bien sûr, en 16 000 mots, Georges Grison ne fait pas de miracle et ne peut proposer une intrigue échevelée et des personnages ciselés. Cependant, là aussi, il se débrouille plutôt pas mal en livrant deux intrigues (la sentimentale et la policière) qui s’entremêlent avec ce personnage pivot de la marquise. Dans le même temps, si les personnages sont justes esquissés, ils le sont suffisamment pour les rendre intéressants et qu’ils ne soient pas transparents.

Reste une linéarité du récit inhérent au format court et qu’il est agréable, aujourd’hui, de retrouver dans les textes d’autrefois à défaut de pouvoir s’en délecter dans ceux plus actuels.

Au final, un bon petit roman mélangeant parfaitement les genres et qui se lit très agréablement.