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Adrien Vély (1864 - 1935) fut un journaliste auteur de pièces de théâtres, de contes, de nouvelles, de chansons, reconnu pour ses bons mots.

Il travailla au début du XXe siècle avec le quotidien Excelsior, pour lequel il écrivit de nombreux petits contes comme il était de coutume à l’époque dans les journaux.

Pour ces textes, l’auteur développe plusieurs personnages récurrents dont certains feront l’objet, plus tard, de recueils.

Parmi ceux-ci, le détective anglais Nelson Brown, un pastiche du détective perspicace à la Sherlock Holmes dont le succès ne faisait que grandir au point de créer, dans son sillage, des clones de tout acabit.

Nelson Brown est un détective anglais, installé à Paris et dont Adrien Vély se présente comme ami et historiographe, afin de pousser le pastiche au plus loin.

Cette position n’est certes pas unique (nombreux sont les auteurs à s’être fait passer pour les historiographes de détectives, souvent pour rendre les récits plus réalistes), pas plus que celle de tourner en ridicule un détective (voir « Loufock Holmès, le détective idiot » de Cami en 1908).

Mais s’associer, en tant qu’auteur, à ce détournement de personnage et de style, sans être inédit, fait montre d’un humour sur soi et sur sa prose.

Nelson Brown vécut une trentaine de petites mésaventures au sein du journal Excelsior en un peu plus d’un an à partir de septembre 1917.

À travers ces contes, Adrien Vély s’amusa à contourner le genre policier, à égratigner le mythe du détective infaillible, mais également à porter un œil moqueur sur les mœurs de son époque.

Pour les travers sentimentaux, l’auteur fait intervenir d’autres de ses personnages récurrents comme M. et Mme Sermeuse et le prétendant de cette dernière, Le Huchet, mais également Charlequine, qui, avec ces messieurs dames, aura, plus tard, l’honneur d’un recueil à son nom.

Mais Adrien Vély écorne aussi les attitudes de tout un chacun lors de la guerre.

Avant tout et surtout, Adrien Vély pose un personnage éminemment reconnu pour ses qualités de perspicacité, détective renommé, mais qui, pourtant, ne va cesser de se couvrir de ridicule du fait du peu d’à propos de ses théories et de ses conclusions.

NELSON BROWN, DÉTECTIVE PRIVÉ… DE TOUTE INTELLIGENCE

L’illustre Nelson BROWN est un détective anglais à la réputation internationale que Paris peut s’enorgueillir d’abriter.

Son sens de l’observation, son intelligence, sa perspicacité sont enviés par tous les enquêteurs de la police française et de Scotland Yard.

Mais, malgré ses qualités, Nelson BROWN ne cesse de commettre des bourdes, de voir des complots là où il n’y en a point, de suspecter des innocents et de laisser partir les coupables…

Son leitmotiv : « Mes déductions n’en restent pas moins d’une logique irréfutable. Je regrette seulement que les faits soient en désaccord avec elles... »

30 mini enquêtes savoureuses dans lesquelles le ridicule ne tue pas le personnage principal puisque, malgré ses erreurs, Nelson Brown se révèle éminemment sympathique du fait de son absence d’ego, du moins par un ego bien moins démesuré que celui de son maître.

Outre l’humour de l’époque, ses mœurs, son style et ses personnages, c’est avant tout un exercice de style très fréquent autrefois et que l’on a totalement oublié de nos jours (les récits ultras courts autour d’un même personnage comme « Loufock Holmès » de Cami, « Les enquêtes de l’inspecteur Pinson » de Jacques Bellême, « Les enquêtes du commissaire Jérôme » de Maurice Renard...)

Au final, « Nelson Brown, détective privé... de toute intelligence ! » est une boîte de bonbons à la douceur acidulée que l’on peut dévorer d’une traite ou bien déguster petit à petit.