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« L’homme au pouce croisé » est un texte signé Jean ST CLAIR, un pseudonyme de Jacques Debout, de son vrai nom Chanoine René Roblot (1872 - 1939).

Ce récit parut en 1926 au sein de la seconde série de la collection de fascicules de 32 pages « Le Roman Policier » des éditions Ferenczi.

L’HOMME AU POUCE CROISÉ

Version romancée et personnelle à l’auteur du drame de Mayerling, au début de l’année 1889, qui fit chanceler l’Empire austro-hongrois et modifia à jamais la face de l’Europe, la conduisant irrémédiablement vers les affres de la Première Guerre mondiale.

L’archiduc Rodolphe, fils de l’Impératice Sissi, est un homme volage qui trompe régulièrement sa femme.

Mais quand la toute jeune baronne Marie Vetsera, poussée par un curieux message anonyme, avoue sa flamme à Rodolphe, ce dernier va s’éprendre d’elle et la passion commune va les consumer et les conduire irrémédiablement vers le drame.

À travers ce récit d’à peine plus de 11 000 mots, Jean ST CLAIR, prêtre séculier, livre au lecteur une version, probablement toute personnelle, du drame de Mayerling dont la conclusion est la mort brutale de Marie Vetsera et de l’archiduc Rodolphe.

À la suite de ce drame, diverses théories ont fleuri, alimentées par les différentes versions et contradictions de celles-ci : suicide commun provoqué par un amour impossible ; complot à échelle internationale ; meurtres... le tout mêlant un demi-frère bâtard ou bien un meurtre, jalousie suivie d’un suicide et que sais-je encore ???

D’ailleurs, l’auteur cite quelques-unes de ses versions en fin d’ouvrage.

Mais son propre récit semble mêler plusieurs de ces versions jusqu’à en faire une toute nouvelle, mixant le complot, la jalousie, le meurtre, le suicide, le demi-frère bâtard...

Dans un style assez froid, quasi journalistique, l’auteur se contente de mettre en place les éléments qui vont conduire à ce drame puis à en livrer, tout aussi froidement, la conclusion dramatique.

Certes, on ne verra pas là un travail d’historien et pourtant, pas vraiment celui d’auteur populaire dans lequel on a du mal à classer l’auteur dès que son pseudonyme a révélé sa véritable identité.

Pourtant, force est de constater que le format (fascicule 32 pages) est trop concis pour réellement développer toutes les thèses mélangées dans cette histoire et la scène finale manque de tension et d’ampleur du fait de ce manque de développement de chacune de ces ficelles qui, selon l’auteur, ont conduit au drame.

Les étayer aurait demandé un format beaucoup plus long, mais également, probablement, plus d’informations ou d’imagination.

En demeure un texte rapidement lu qui a l’avantage de remettre en lumière un drame qui fit jadis couler beaucoup d’encre et de pellicule, dès son retentissement, jusqu’à très récemment encore, en passant par le milieu du siècle dernier avec pour point d’orgue le film de Terence Young, « Mayerling » avec Catherine Deneuve et Omar Sharif...

Au final, un petit texte qui a au moins eu le mérite de me pousser à me pencher sur le drame de Mayerling que je méconnaissais jusqu’alors et qui se lit agréablement bien que pas vraiment policier en l’état.