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Martin Numa est un personnage surnommé le roi des Détectives, créé par Léon Sazie (1862 - 1939), auteur de littérature populaire connu principalement pour son personnage de Zigomar, le roi du crime, dont les aventures ravirent les lecteurs dans les journaux pendant près de 15 ans.

Mais si Zigomar préfigure les grands criminels de la littérature à venir, Martin Numa, lui, fait partie des premières tentatives de la littérature populaire française de proposer un personnage dans la veine du détective américain Nick Carter dont le succès est retentissant aux États-Unis depuis des années et dont les traductions viennent de débarquer en Europe et en France.

Martin Numa est donc un personnage très inspiré de son homologue américain. Mais là où Nick Carter paraît dans des fascicules à son effigie, Martin Numa, lui, vit ses aventures au sein d’un magazine, « L’œil de la police » dès 1908 avant que celles-ci soient réécrites bien plus tard afin de couvrir 11 romans au sein de la collection « Criminels et Policiers » des éditions Tallandier à partir de 1931.

 

L’HOMME AUX ONGLES BLEUS

 

Martin NUMA, le Roi des Détectives, dans la tentative d’arrestation de son ennemi juré Le Tatoué, reçoit un coup de couteau dans le dos. La plaie n’est pas mortelle, mais la lame est empoisonnée au curare…

 

Heureusement, le docteur Goujet administre à temps un contrepoison à son patient.

 

Afin de se remettre de ses blessures et recouvrer des forces pour les luttes à venir, Martin NUMA part en villégiature dans la forêt de Fontainebleau où il peint, incognito, les paysages relaxants.

 

Cependant, entre un colonel en retraite qui exècre les peintres, un couple d’excursionnistes anglais attiré par les pochades, des garde-forestiers et de nombreux promeneurs, les bois sont décidément très fréquentés… trop !

 

Martin Numa a une nouvelle fois échappé à la mort de justesse. Un coup de couteau, une lame empoisonnée... mais heureusement, le docteur Goujet était là.

Pour se remettre, récupérer ses forces, en prévision des combats à venir, Martin Numa par dans la forêt de Fontainebleau pour exercer l’une de ses passions : la peinture.

Dans les bois, il rencontre de biens curieux personnages dont, notamment, un colonel à la retraite qui déteste les peintres et un couple d’Anglais qui semble les adorer...

Et l’on continue les aventures du roi des Détectives qui, décidément, se livre corps et âme dans ses batailles au mépris des risques pour sa santé.

Cependant, Léon Sazie nous offre, en même temps qu’à son héros, une petite détente, mais là où se trouve Martin Numa, le danger est toujours présent.

Si le rythme de cet épisode, du fait de ce repos forcé, est moins trépidant que les précédents, l’auteur teinte son récit d’un petit peu d’humour à travers le personnage du colonel, militaire retraité qui déteste les peintres, mais qui possède de nombreux tableaux.

Pour autant, le mystère qui entoure ce personnage oblige le lecteur et le détective à se tenir sur ses gardes...

Malgré ce petit relâchement volontaire, l’épisode se lit avec tout autant de plaisir que les précédents et, c’est un petit peu normal, puisqu’ils forment un tout dans cette enquête qui, à la base, consiste à savoir pourquoi et comment Éloi Vidal, l’encaisseur du Crédit Bordelais a disparu pendant sa tournée.

Martin Numa a un avantage sur ses homologues de l’époque (Nick Carter, Marc Jordan...) qu’il ne se contente pas de profiter du hasard, il le provoque et l’explique.

Au final, une suite tout aussi agréable et qui préfigure des mystères et des batailles à venir. L’enquête n’est pas close, loin de là...