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Léon Groc (1882 - 1956) est un journaliste, grand reporter, et écrivain français dont la production fit les beaux jours de la littérature populaire à travers des récits fantastiques, d’aventures et policiers et des récits patriotiques.

À noter que Léon Groc, en plus de ses romans, est l’auteur d’une mini série fasciculaire policière de 8 titres de 24 pages : « Stan Kipper, le Roi des Détectives ».

« L’autobus évanoui » est un roman qui parut tout d’abord en épisodes dans le journal L’Excelsior à la fin 1913 et qui fût réédité en livre en 1914 aux éditions Pierre Lafitte, puis en 1931 par les éditions Cosmopolite, en 1949 dans la collection « La Cagoule »...

L’autobus évanoui :

À Paris, un bus a disparu avec 7 personnes à son bord. Parmi elles, un scientifique de renom et son meilleur élève.

Le commissaire Brunnel et son adjoint Hector Mainfroy sont chargés de l’enquête.

Mais, à la suite de la fuite qui a permis la parution, dans les journaux, de la liste détaillée des disparus, Brunnel est dessaisi du dossier.

Orgueilleux et déterminé, le commissaire donne sa démission pour poursuivre son enquête.

Hector Mainfroy, apprenant que sa fiancée fait partie des personnes évaporées, décide lui aussi d’investiguer de son côté.

Avec un titre et une ambiance flirtant avec le fantastique, Léon Groc nous livre bien, pourtant, un roman policier d’aventures de bonne facture.

Le texte original date de 1913 et il est dans la pure veine de ce qui pouvait s’écrire de mieux dans le genre à l’époque.

Avec un peu d’humour, notamment à travers le personnage de Brunnel qui n’hésite pas à disserter longuement sur tout et n’importe quoi, lassant son auditoire, Léon Groc déroule une histoire promptement menée. Celle-ci contient tous les bons ingrédients des romans de ce genre et de cette époque : du mystère, de l’aventure, un brin de science, une pincée de sentiments, un peu d’exotisme, le tout distillé par une plume alerte.

On suit donc avec plaisir les multiples enquêtes : celle officielle, tout d’abord, puis celle officieuse de Brunnel rejoint par un journaliste curieux et celle de Mainfroy, de son côté.

La seule note discordante, mais qui est à mettre du côté de l’évolution des mentalités, c’est le rapport à l’étranger dans le récit, notamment aux personnages noirs, appelés nègres, et traités aussi mal dans la littérature qu’ils l’étaient dans la réalité.

Si l’histoire flirte sans cesse avec le fantastique, de par son mystère (la disparition d’un autobus en plein Paris), de ses protagonistes (des scientifiques travaillant sur une étrange invention) et sur l’invention elle-même (que je vous laisserai découvrir), l’auteur a le bon goût, du moins pour moi, féru de littérature policière, de faire en sorte de demeurer tout le temps dans ce genre sans jamais réellement basculer dans une dimension moins rationnelle.

Au final, un bon roman dont l’intrigue est certes, désormais, datée, et dont l’écriture est un peu surannée, mais qui conserve tout son intérêt grâce à des personnages bien sentis, une histoire intéressante, et un style alerte.