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Martin Numa, le Roi des Détectives, est un personnage créé par l’écrivain Léon Sazie (1862 - 1939), principalement connu pour son autre personnage récurrent : Zigomar, le Roi du Crime.

Les aventures de Zigomar passionnèrent pendant des années, dès 1909, les lecteurs du journal Le Matin, avant d’être reprises sous forme de fascicules puis de recueils...

Martin Numa apparut pour la première fois dans le roman « Le Pouce » en 1906 avant de se voir attribuer une série feuilletonante dans le tout nouveau magazine « L’œil de la police » en 1908 puis que ces aventures soient remaniées pour paraître sous la forme de 11 romans aux éditions Tallandier dès 1931.

« Les ombres qui tuent » est le 5e de ces 11 romans.

 

LES OMBRES QUI TUENT

 

La lutte fait rage entre Martin NUMA, le Roi des Détectives et Le Tatoué, le roi des bandits.

 

Les affrontements se multiplient, tous aboutissant à un échec des brigands.

 

Et, quand Le Tatoué pense avoir réussi le tour de force de mettre la main sur Martin NUMA et son fidèle Prosper, il se rend compte que ce ne sont que de communs peintres qu’il détient.

 

Dans le même temps, Martin NUMA ne se repose jamais sur ses lauriers et se prépare à un nouvel assaut de la villa de Fontainebleau, persuadé que ses ennemis n’ont pas baissé les bras…

 

Alors que le commandant, supposément, Le Tatoué, pense tenir les deux peintres cachant, en vérité, Martin Numa et son fidèle Prosper, il se rend compte qu’il ne détient, effectivement, que deux peintres.

La guerre contre le détective qu’il pensait avoir alors gagnée doit donc continuer de plus belle et les deux camps se préparent à des combats plus nombreux, plus violents.

Léon Sazie poursuit les aventures de Martin Numa en bon feuilletoniste qu’il est.

Les actions et les réactions s’enchaînent, voyant toujours la victoire du gentil, Martin Numa, contre le méchant, Le Tatoué.

Si l’auteur ne cesse d’user, comme tous les auteurs de ce genre de textes, de hasard et de chance pour protéger et aider son héros, il ne cesse, en parallèle, d’expliquer, à travers la voix de Martin Numa, qui nie l’existence du hasard, que les coïncidences et la chance n’ont rien à voir avec son succès. Effectivement, celui-ci s’empresse après chaque évènement lui souriant, d’expliquer de quelle manière, lui, met en scène cette chance, la provoque, la créée.

Cette dichotomie, pour être quelque peu factice, du moins, guère crédible, n’en est pas moins plutôt plaisante à suivre et, en tout cas, est propice à nombre de rebondissements et de scènes héroïques.

En général, on peut souvent reprocher à ces genres de séries qui s’étalent, une certaine redondance dans ce jeu du « chat et de la souris » auquel se prête les deux parties, les méchants et les gentils. Le méchant parvient toujours à s’échapper au dernier moment et le gentil toujours à se tirer des mauvais pièges. Et c’est une nouvelle fois le cas dans les aventures de Martin Numa.

Mais il faut reconnaître à Léon Sazie un talent indéniable pour faire passer ce travers et ne jamais lasser tout en répétant, pourtant, des actions similaires.

Ainsi, l’assaut de la villa rappelle le précédent assaut de la villa. Mais, avec un simple rebondissement aussi drôle qu’inattendu, Léon Sazie parvient à faire oublier cette répétition, et à assurer le plaisir de lecture. Pour vous en assurer, faites attention au canard femelle !!!

Pour le reste, il est évident que Léon Sazie a du métier et qu’il sait tirer sur les bonnes ficelles, user des bonnes astuces et raconter l’ensemble avec une telle faconde qu’il emporte l’adhésion de ses lecteurs et que même au bout de 5 romans, d’environ 35 000 mots chacun, soit, 175 000 mots, à peu près la taille de « Le Rouge et le Noir » de Stendhal, considéré déjà comme un beau pavé, on ne s’ennuie pas et on en redemande, sachant qu’il reste encore au moins autant de texte à dévorer (encore 6 romans).

Si l’on ajoute à cela, quelques touches d’humour (voire encore le coup du canard, par exemple) afin de faire respirer son récit et ses personnages, on obtient des aventures très appréciables.

Au final, un 5e épisode qui se déguste de la même manière que les précédents pour être composé des mêmes ingrédients.