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« En long en large et en travers » est un opus de la longue série de romans consacrée au commissaire San-Antonio, le fameux personnage né de l’imagination de Frédéric Dard. Il s’agit, je crois, du 31e épisode et date de 1958.

Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter ni le personnage ni l’auteur, tout le monde les connaît même ceux qui n’ont jamais lu la prose de Frédéric Dard.

En long en large et en travers :

Le roi de la sardine à l’huile a disparu ! La recherche dans l’intérêt des familles, c’est pas mon blot ! Mais quand Béru et Pinaud se volatilisent à leur tour, je me mets en chasse... En compagnie de la légitime du disparu. Une jeune femme incroyable... Inconsolable ? Tous les locataires de l’hôtel de la Manche affirment l’avoir entendue gémir toute la nuit... Mais pas de chagrin, croyez-moi ! Approchez, mes belles, je vais vous raconter ça en long, en large et en travers.

Une belle jeune femme vient supplier le commissaire San-Antonio de retrouver son mari disparu, il s’agit du richissime roi de la sardine en boîte.

Plus intéressé par la carrosserie de la gente dame que par l’affaire, San-Antonio envoie son fidèle Bérurier suivre la piste du disparu. Quand Béru ne donne pas de nouvelles, le commissaire demande à son autre fidèle acolyte, Pinaud, de retrouver et le gros policier et le richard.

Mais Pinaud disparaît à son tour, aussi, San-Antonio va prendre l’enquête en main et se lance sur les traces de ses deux compagnons afin de savoir ce qu’ils ont découvert pour ainsi s’évaporer.

San-Antonio ne fait apparemment plus partie du service d’espionnage dans cet opus, du moins, l’affaire à laquelle il va prendre part n’est pas une affaire d’espionnage et il n’est nulle mention de son chauve de Boss du service d’espionnage.

C’est donc à un pur roman policier (si tant est que puisse être pure une aventure de San-Antonio) auquel Frédéric Dard nous convie.

On retrouve donc, dans cet épisode, le fameux trio de tout bon « San-Antonio » avec, en plus du célèbre commissaire, le gros Bérurier et le vieux Pinaud.

Dans ce très court roman (mais un San-Antonio est forcément court), Frédéric Dard nous offre tous les ingrédients de ce qui a fait son succès. Nombres d’apartés toutes plus singulières et longues les unes que les autres, de l’humour, des jeux de mots, des références, il fait part, également, avec humour, de son ressentiment de ne pas être estimé de ses pairs... etc.

Si la présence du gros et du vieux ravit toujours le lecteur, l’intrigue est toujours un petit plus.

Et si intrigue il y a, et pas des moindres, celle-ci est malheureusement quelque peu ternie par le rebondissement final qui met à mal le départ de l’enquête. Difficile d’en dire plus sans déflorer l’identité du coupable, mais il est évident que ce travers, que j’ai déjà reproché à nombre d’auteurs (par exemple, Pierre Yrondy avec les enquêtes de Marius Pégomas) s’il ne semble pas gêner grand-monde, me dérange un peu, personnellement.

Effectivement, il met à mal le réalisme de l’histoire (si tant est qu’un « San-Antonio » puisse être réaliste), ce qui n’est jamais une qualité.

Cependant, l’ensemble est suffisamment drôle, rythmé et bien écrit (pour peu que l’on apprécie la prose de l’auteur) pour emporter l’adhésion.

Mais, contrairement aux critiques que j’ai pu lire, je ne classerais pas ce titre dans les meilleurs de la série jusque-là, pas plus que dans les pires (mais il y en a-t-il de pire ?)

Au final, un roman qui se lit vite et bien et qui permet de retrouver le trio magique à travers une intrigue sombre quelque peu gâchée par un rebondissement qui décrédibilise l’ensemble)...