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« Rendez-vous avec la mort » est un titre paru dans la collection fasciculaire de 32 pages « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi, en 1952.

Son auteur, Florent Manuel, s’avère être Henry Musnik, caché sous pseudonyme.

Henry Musnik est un pilier de la littérature populaire fasciculaire qu’il abreuva durant plus de 20 ans, à partir du début des années 1930, d’une quantité astronomique de courts récits destinés aux collections fasciculaires de l’époque.

Il fut édité, sous divers pseudonymes (Florent Manuel, Claude Ascain, Pierre Olasso, Jean Daye, Alan Martial, Gérard Dixe...), chez divers éditeurs.

Mais le nombre impressionnant des titres de la bibliographie de l’auteur est à minorer légèrement (ou sérieusement), du fait que l’homme avait tendance à reprendre certains de ses textes, en changeant les noms des personnages, son pseudonyme, afin de les intégrer dans une autre collection, chez un autre éditeur.

Toujours est-il que l’auteur utilisa plusieurs personnages récurrents qui, parfois, se partageaient certaines enquêtes.

Ainsi, « Rendez-vous avec la mort » s’avère être une reprise du titre « Accident à 9 heures 40 » publié dans la collection « Police-Express » en 1942 sous le pseudonyme de Claude Ascain.

Dans le lot, on notera l’inspecteur Gaspin, qui intervient dans « Rendez-vous avec la mort » pour ce qui semble être sa deuxième enquête.

RENDEZ-VOUS AVEC LA MORT

Un banal accident, une sortie de route, la nuit ; rencontre entre un arbre et une voiture de sport : un mort, le chauffeur.

L’inspecteur GASPIN, chargé de l’enquête, n’arrive pas à s’expliquer comment la blessure à la tête du pilote a pu entraîner le décès.

Pour lui, le choc est indéniablement post-mortem, mais le défunt était un sportif aguerri doté d’une santé à toute épreuve…

Accident de voiture mortel, mort naturelle ayant entraîné un accident de voiture, ou meurtre, voilà ce que l’inspecteur Gaspin doit découvrir et démontrer.

Pour ce faire, il n’a pas grand-chose à se mettre sous la main. L’accident ne semble pas être la cause de la mort du chauffeur, mais en même temps, rien à l’autopsie ne démontre que la mort ait une autre raison.

À peine si une histoire de coups de téléphone à la victime avant son départ en voiture peut sembler suspecte...

Encore un court récit à mettre à l’actif de l’auteur (pas tout à fait 7800 mots) pour cette nouvelle enquête de l’inspecteur Gaspin.

Inutile, désormais, depuis le temps que j’analyse ce format court, d’expliquer qu’il est totalement incompatible avec une réelle intrigue, des personnages fouillés et une certaine ambiance (à moins d’être un génie de la littérature et du format).

Henry Musnik, s’il n’était pas un génie de l’écriture, avait pourtant suffisamment de malice, on l’a vu, pour produire et produire encore, des textes en veux-tu en voilà.

Si cela ne confère pas pour autant une excellence de la prose, c’est bien souvent suffisant pour permettre à un auteur de livrer des textes plaisants, ce qui est une nouvelle fois le cas ici.

On ne s’étonnera pas que l’inspecteur Gaspin demeure totalement flou (le seul détail physique étant qu’il a des yeux gris fer), la concision de tels textes ne laissant pas de latitude pour des descriptions détaillées. Mais ce « flou » facilite le travail de l’auteur quand il s’agit de réutiliser un texte pour un autre personnage.

Avec un style passe-partout, sans fioriture, l’auteur se contente de livrer un agréable et court moment de lecture, ce qui était le but des textes de ces collections fasciculaires.

Au final, un tout petit polar qui se lit facilement, sans déplaisir et que l’on oubliera par la suite, comme il est de coutume avec ce genre et ce format.