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Retrouvons l’inspecteur Gaspin, un personnage créé par Florent Manuel, dans une nouvelle enquête : « Vol en quinze secondes ».

Ce très court roman est paru en 1952 dans la collection de plus de 500 fascicules de 32 pages « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi. Il semble être le 4e mettant en scène ce personnage.

Florent Manuel est un pseudonyme de Henry Musnik, un auteur de la littérature populaire française né à la fin du XIXe siècle au Chili. Sous de très nombreux pseudonymes (Alain Martial, Pierre Olasson, Jean Day, Gérard Dixe, Claude Ascain, Pierre Dennys...) l’auteur a écrit un nombre incalculable de petits textes destinés aux collections fasciculaires, principalement policières, de 32 et 64 pages entre le début des années 1930 et le milieu des années 1950.

Si sa production est immense, elle doit cependant être quelque peu minorée du fait qu’Henry Musnik avait l’habitude de réutiliser des textes sous différents pseudonymes et dans différentes collections en se contentant de changer les noms des personnages. Cette ruse était facilitée par la concision inhérente au format empêchant les auteurs d’étoffer leurs personnages, facilitant ainsi la transposition d’un héros à un autre.

Exemple avec « Vol en quinze secondes » qui se révèle être une « réécriture » du titre « Le mystère des écrins » paru en 1942 dans la collection « Police-Express » des éditions A.B.C.

VOL EN QUINZE SECONDES !

Nouvelle enquête pour l’inspecteur GASPIN : les bijoux d’une riche Brésilienne ont été dérobés dans sa chambre d’hôtel alors qu’elle venait de les faire récupérer chez son bijoutier.

Le vol est audacieux et difficile à cerner, étant données les conditions dans lesquelles il est censé s’être déroulé.

Malheureusement pour les malfrats, l’inspecteur GASPIN ne se fie jamais aux apparences…

Des bijoux volés, une riche Brésilienne, un secrétaire et une domestique éventuellement suspects, voici les données de l’affaire du jour pour l’inspecteur Gaspin.

Dans ce très court roman (même pas 7 500 mots), Henry Musnik, caché, à l’époque, sous le pseudonyme de Florent Manuel, se contente de proposer une enquête simple, à travers une narration également simple et une résolution, une nouvelle fois basée sur la chance.

Si on ne peut reprocher des travers qui sont pour beaucoup le fait de la concision exigée par le format, on peut toutefois trouver à redire au fait que le texte manque un peu d’attrait par rapport aux précédents mettant en scène l’inspecteur Gaspin, la faute à un style encore plus passe-partout que d’ordinaire.

Bien évidemment, le style n’a jamais été le fort de Henry Musnik, ni même l’ambition, me semble-t-il, puisque son but était de produire rapidement et en quantité, des textes pour satisfaire la soif d’aventures des lecteurs de l’époque.

Pour autant, on l’a connu quelque peu plus investi dans sa tâche. Tant pis.

Au final, si ce court roman se lit vite et sans déplaisir, il est pourtant en deçà des précédents de la série.