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« Solution, dernière minute !... » est un titre de la collection de fascicules de 32 pages « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi, publié en 1953 et écrit par Florent Manuel.

Florent Manuel est un pseudonyme de Henry Musnik, un auteur de langue française né au Chili en 1895, l’un des principaux piliers de la littérature populaire fasciculaire française.

Il abreuva de nombreuses collections de son immense production, sous divers pseudonymes (Claude Ascain, Pierre Olasso, Jean Daye, Gérard Dixe, Pierre Dennys, Alain Martial...).

Mais l’homme en plus d’écrire beaucoup, usait de malice afin de multiplier les titres, soit en usant de façon cachée des traductions de séries anglophones soit, plus généralement, en réutilisant ses récits en en changeant le titre, les noms de personnages et de pseudonyme.

« Solution, dernière minute !... », un titre faisant apparaître le personnage de l’inspecteur Gaspin, est ainsi une reprise du titre « L’homme à la barbe blonde » paru en 1945 dans la collection « Allo Police » des éditions S.E.G.

 

SOLUTION, DERNIÈRE MINUTE !...

 

Un artisan horloger est agressé dans son atelier. On lui vole une montre-bijou d’une valeur inestimable.

 

L’inspecteur GASPIN, chargé de l’enquête, dirige ses soupçons vers le secrétaire du joaillier pour lequel la victime travaillait. Il espère bien démasquer le coupable assez rapidement.

 

Mais un banal accident suivi d’un stupide oubli va servir au mieux les desseins du policier…

 

L’inspecteur Gaspin est chargé de trouver celui qui a agressé un horloger pour lui voler un bijou lui ayant été confié. L’homme a reçu un faux pneumatique chargé de le faire s’absenter de son atelier et une personne ressemblant au secrétaire du joaillier qui avait confié l’objet à l’artisan a été aperçue devant le lieu du drame...

Ce très court récit policier de 7 700 mots, comme tous les récits de ce format, nous propose une intrigue simple et linéaire dans laquelle naviguent des personnages à peine esquissés, que ce soient les rôles secondaires comme celui principal.

Effectivement, on a l’habitude, dans ce format, de trouver des héros un peu flous, mais Henry Musnik floute encore plus le trait du fait que ce flou autour des personnages facilite la transposition d’un texte d’une collection à une autre, de faire prendre le héros pour un autre sans être démasqué par des détails repérables.

Mais on s’habitue à ce travers en même temps qu’au genre et on ne jugera pas ces textes de moins de 10 000 mots de la même manière qu’on jugerait un roman de taille classique, d’autant qu’ils sont toujours écrits et publiés dans la précipitation.

Cependant, d’un auteur à un autre, on notera des aptitudes plus ou moins grandes à performer malgré les contraintes (J.A. Flanigham, Charles Richebourg, René Thomas, Jean Buzançais...).

Pour les autres, le niveau peut fluctuer d’un titre à l’autre.

Chez Henry Musnik, cette tendance est d’autant plus marquante que l’on peut très bien lire deux titres qui ont été publiés consécutivement alors qu’ils ont été écrits à des années d’écart (en fonction des réutilisations des textes).

Les textes de l’auteur fluctuent entre le passable et le pas mal sans jamais atteindre l’excellence.

Ici, le lecteur se contentera du pas mal (toute proportion gardée en fonction du format).

L’histoire, comme souvent, se dénoue par le hasard, et la solution est apportée a posteriori par une explication brève, tactique pour conserver une certaine concision.

Mais le style est passable et l’intrigue moyenne, ce qui confère à l’ensemble la mention « passable ».

Au final, pas un roman exaltant, juste un petit moment de lecture sans déplaisir, aidé en cela par la taille très courte du texte.