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« Exécution sans bavure » est titre publié dans la collection de fascicules de 64 pages « Police et Mystère », 2e série du nom, des éditions Ferenczi, en 1956, signé Florent Manuel.

Florent Manuel, est-il besoin de le signaler, est un pseudonyme d’Henry Musnik, un auteur de la littérature populaire fasciculaire de langue française né au Chili en 1895.

L’auteur a abreuvé pendant près de 3 décennies, à partir du début des années 1930, de nombreuses collections fasciculaires chez différents éditeurs, sous de multiples pseudonymes (Alain Martial, Pierre Olasso, Florent Manuel, Claude Ascain, Jean Daye, Gérad Dixe, Pierre Dennys...)

Pour ce faire, il usa d’une plume prolifique, mais également de certains stratagèmes dont le plus utilisé fut de réutiliser certains textes à quelques années d’intervalles, chez le même éditeur ou chez un confrère, en se contentant de changer les noms des personnages (ou en faisant une légère réécriture) et son pseudonyme. Ce qui fait que l’on peut retrouver deux de ses personnages récurrents refaire la même enquête dans deux collections et à deux époques différentes.

C’est une nouvelle fois le cas avec « Exécution sans bavure » qui s’avère être une reprise du titre « Disparition instantanée » dans la collection « Ici police » des éditions A.B.C. sous le pseudonyme de Claude Ascain.

 

EXÉCUTION SANS BAVURE

 

Georges Campeau, courtier en Bourse, reçoit depuis peu des lettres d’intimidations.

 

Pensant d’abord à une stupide plaisanterie, à la troisième missive, il se décide à faire appel à la police.

 

L’inspecteur GASPIN, chargé de l’enquête, écoute avec attention le plaignant, considérant la menace avec sérieux.

 

Monsieur Campeau devant se déplacer pour un voyage d’affaires, il est convenu de prendre des dispositions afin de prévenir un traquenard, la voiture du coulissier sera suivie par un agent en moto.

 

Mais quand l’automobile dévie brutalement de l’itinéraire et s’arrête à un garage, le policier n’a que le temps de voir s’enfuir le chauffeur : le véhicule est vide, le passager a mystérieusement disparu…

 

Ce titre fait intervenir le personnage de l’inspecteur Gaspin (probablement le dernier titre à le faire) même si celui-ci s’avère une réécriture d’un autre titre avec un autre personnage (comme tous les titres faisant intervenir l’inspecteur Gaspin).

Mais, d’ordinaire, les récits sont issus d’une collection de fascicules de 32 pages et font dans les 7 700 mots.

Ici, le récit provient d’une collection de fascicules de 64 pages et fait un peu plus de 17 000 mots.

On peut donc s’attendre à voir des personnages plus étoffés (moins serait difficile) et à suivre une intrigue un peu plus construite qu’à l’ordinaire.

Pour les personnages, c’est râpé, mais rappelons que le fait que ceux-ci soient à peine esquissés aidait l’auteur à les interchanger au gré des réutilisations.

Pour l’intrigue, il ne faut pas s’attendre au canevas échevelé, au suspens haletant, des romans pavés d’aujourd’hui.

Non, l’intrigue est assez simple (bien qu’à peine plus complexe que dans les récits plus courts) et l’enquête demeure plutôt linéaire comme à l’accoutumée.

De même, l’inspecteur Gaspin révèle la façon dont il a tout découvert après coup, afin de favoriser la concision du texte.

Mais alors, comment l’auteur a-t-il utilisé l’espace supplémentaire que lui offrait le format de 64 pages ? Quasiment uniquement à développer les scènes de son histoire, à proposer une ou deux fausses pistes, un ou deux revirements et puis c’est tout.

C’est un peu dommage, mais c’est ainsi.

On notera également que le nœud de l’intrigue se dénoue une nouvelle fois par le hasard, la découverte d’un objet à l’apparence anodine, et que le final manque un peu de crédibilité même si (du moins si l’on ne considère pas les légistes de l’époque comme des truffes), mais que l’auteur est parvenu à me faire la nique à la dernière ligne alors que je pensais qu’il avait oublié un détail qui détruisait toute son histoire.

Au final, une enquête plus longue que les précédentes, mais qui est dans la même veine que celles-ci, juste en deux fois et demie plus long...