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« Chez les Flamands » est un roman de Georges Simenon publié en 1932.

Il conte une nouvelle enquête du fameux commissaire à la pipe, Jules Maigret, mais une enquête, cette fois, officieuse.

Je ne vous ferai pas l’injure de vous présenter l’auteur ni le personnage, aussi, passons directement au titre du jour.

Chez les Flamands :

Maigret a accepté, à titre privé, d’aider les Peeters à se sortir d’un mauvais pas. Il apprend d’Anna, la jeune fille qui a sollicité sa collaboration, que tout Givet accuse la famille Peeters – « les Flamands », commerçants aisés, mais détestés, qui tiennent une petite épicerie où viennent boire les mariniers – d’avoir fait disparaître Germaine Piedbœuf, la fille d’un veilleur de nuit, dont Joseph Peeters a eu un enfant.

Le commissaire Maigret, via un membre de la famille de sa femme, est convié à aider à prouver l’innocence des Peeters, des commerçants flamands, dans la disparition d’une jeune femme.

Celle-ci a eu une relation, et un enfant, avec le fils des commerçants, un jeune homme promis à un bel avenir, et appelé à épouser sa cousine.

Tous les sujets préférés de Georges Simenon sont présents dans cet ouvrage :

– Les marins... même s’il s’agit ici de marine fluviale.

– La pluie.

– Une observation et une critique des classes sociales.

Les marins... car l’enquête se déroule à Givet, une ville fluviale très proche de la frontière belge. Des bateaux sont ancrés dans le port et un marinier devient suspect...

La pluie... la pluie... toujours la pluie. Il a tant plu que la Meuse a enflée et empêche les navires de naviguer, que les rues sont boueuse, le temps est gris....

Et, enfin, l’histoire fait s’affronter, non seulement, deux classes sociales, mais également deux nationalités.

Effectivement, d’un côté, une famille française pauvre. De l’autre, une famille flamande enrichie par le commerce...

Entre les deux, le commissaire Maigret qui, une nouvelle fois, observe, analyse, comprend...

On retrouve ici la plume de Simenon, en plus de ses obsessions déjà citées.

Sa façon de se concentrer sur des détails, pour appuyer sa réflexion sur les gens, les genres, autant que pour exprimer la pensée de son personnage.

Car, d’une part, en revenant, par exemple, sur l’habitude du père de la famille française, de jeter ses pommes de terre dans les cendres, la nuit, durant sa garde, il exprime une certaine idée de la simplicité autant que de la modicité d’une certaine classe sociale.

D’autre part, avec l’obsession de Maigret à faire rejouer, à la fille des Peeters, de façon sempiternelle, une chanson au piano, Simenon fait tourner la solution dans le crâne de son héros et donne un indice au lecteur sur le nœud de l’intrigue.

L’ambiance est lourde... allourdie par un temps pluvieux... par une atmosphère de tension entre les nationalités, les classes... par les conventions... par les coutumes... par la nature humaine...

Et si Maigret, de coutume, est un excellent observateur, prenant le temps de s’imprégner des lieux, des gens, avant de réfléchir, conclure et parfois agir, ici, il se contente, jusqu’au bout, de son rôle témoin, se contentant, de pousser le coupable à la confession...

Le roman s’achève sur une scène post-enquête, chose assez rare dans les premiers épisodes de la série, une scène se déroulant plusieurs mois, années, après les faits et qui se pose comme une conclusion morale... de justice divine où tout un chacun, un jour est amené à payer le prix de ses actes...

Au final, encore un bon « Commissaire Maigret » qui se déroule dans les conditions dans lesquelles et l’auteur et le personnage s’épanouissent le mieux.