TA 22

« La nuit du 16 » est le 22e épisode de la série « Thérèse Arnaud, espionne française », série initialement publiée en 1934 par les éditions Baudinière, sous la forme de fascicules de 32 pages double-colonne contenant des récits indépendants d’environ 13 000 mots.

La série conte les aventures de Thérèse Arnaud, alias C. 25, agent du 2e Bureau, durant la Première Guerre mondiale et sa lutte contre l’espionnage allemand, aidée en cela par de fidèles lieutenants : Languille, Malabar, Marcel et Friquet.

L’auteur de la série, Pierre Yrondy, est assez difficile à cerner puisqu’aujourd’hui, rares sont les informations que l’on possède sur lui si ce n’est qu’il fut journaliste, directeur de théâtre, qu’il écrivit quelques romans et pièces de théâtre...

Reste de lui, surtout, deux séries fasciculaires : « Thérèse Arnaud, espionne française » et celle qui prit sa suite : « Marius Pégomas, détective marseillais ».

LA NUIT DU 16

Première Guerre mondiale !

La lutte entre les services de renseignements français et leurs homologues allemands est acharnée.

Si le Deuxième Bureau peut compter sur sa plus célèbre espionne, Thérèse ARNAUD alias C. 25, l’ennemi, lui, voit en Ida Fitz, la personne à même de contrer la jeune femme.

Aussi, chacune rivalise-t-elle de machiavélisme pour tenter de se neutraliser l’une l’autre avec comme point d’appui… ou d’achoppement, Otto Ludwig, un agent double… triple… quadruple, puisqu’il ne s’agit ni plus ni moins de Languille, un fidèle lieutenant de Thérèse ARNAUD.

Thérèse ARNAUD est bien décidée à infliger un sévère camouflet à son adversaire et tout doit se jouer durant la nuit du 16…

La France a Thérèse Arnaud, l’Allemagne compte sur son alter ego, Ida Fitz...

Les deux jeunes femmes sont en passe de se livrer une lutte sans merci où chacune est certaine d’en sortir gagnante.

Mais, Ida possède une arme redoutable en la personne d’Otto Ludwig, un espion allemand qui a fait mine de passer à l’ennemi et qui a su conquérir la confiance de Thérèse Arnaud.

Cependant, Thérèse Arnaud possède une arme encore plus redoutable en la personne d’Otto Ludwig, puisque celui-ci n’est autre que son fidèle Lieutenant Languille, sous couverture.

Aussi, il n’est pas difficile pour Languille de manipuler Ida et de lui faire croire que son intérêt est de déplacer ses troupes en Italie alors qu’il est prévu une autre manœuvre bien plus dangereuse pour les forces alliées.

Mais, convaincre la jeune femme n’est pas suffisant, il lui faut des ordres écrits de sa hiérarchie pour lui permettre d’appliquer ses décisions et c’est là que la mission se complique...

À la lecture du précédent titre « Le danseur de la mort », je m’étais fait une joie de constater que l’épisode possédait tous les ingrédients que l’on attendait d’un récit de la série : rythme, absence de temps mort, présence de tous les personnages récurrents...

Force est de constater que ma joie fut de courte durée, car, dès l’épisode suivant, celui-ci, donc, c’est la déception.

Effectivement, plutôt que nous convier dans l’action, genre qui sied le mieux au format court, à la série et aux personnages, Pierre Yrondy s’attarde plutôt sur l’aspect tactique d’une mission d’espionnage à base d’infiltration, de faux semblants, de fausses identités et d’approches lentes qui, normalement, seraient sensés prendre des mois... voire plus.

Or, l’auteur n’a que quelques pages à consacrer à la chose et ses personnages, au mieux, quelques semaines.

Ce qui fait que Pierre Yrondy est obligé de condenser les évènements et pour tenter d’instiller un peu d’intrigue, il essaye de conserver incognito de nouveaux personnages que tout lecteur aura déjà reconnus.

Ainsi, quelle que soit l’identité sous laquelle se présente Thérèse Arnaud et même si l’auteur persiste à la nommer sous son nom d’emprunt, le lecteur sait qu’il a affaire à C. 25.

Idem pour Malabar (surtout quand le personnage est décrit comme mastoc)...

Mais ce qui est le plus gênant, c’est que pour espérer conserver le suspens, l’auteur se croit obligé d’apostropher le lecteur et estimant qu’il est en droit d’être surpris par l’agissement de tel ou tel personnage, comme si le lecteur n’avait pas compris qui se cachait derrière qui...

Ce travers, ajouté au manque de rythme inhérent au parti pris (s’appesantir sur la tactique et l’infiltration plutôt que sur l’action) rend la lecture de cet épisode, si ce n’est rébarbative, du moins, quelque peu lassante.

D’autant que l’histoire, elle-même, n’est pas d’un intérêt extraordinaire.

Au final, un épisode très décevant, du moins, plombé par un parti pris difficile à concilier avec un format aussi court et avec l’esprit de la série.