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« Les crimes de l’étrangleur » est un titre signé Arthur Fontaine publié sous la forme d’un fascicule de 64 pages en 1917 dans la collection « Le Roman Policier » des éditions Ferenczi.

Arthur Fontaine, s’il ne s’agit pas là d’une extraordinaire homonymie, était un haut fonctionnaire, élève de Polytechnique, directeur des Mines, qui écrivit principalement des ouvrages sur l’industrie.

Comme « Les crimes de l’étrangleur » semble être son unique incursion dans la littérature fictionnelle et qu’elle se situe presque 15 ans avant la mort de l’auteur, je doute quelque peu qu’il s’agisse du même homme.

« Les crimes de l’étrangleur » se présente sous la forme d’un récit de 26 000 mots contant les aventures de deux frères détectives américains, John et William Bagley, confrontés à un terrible voleur et assassin œuvrant à l’Exposition de Saint-Louis (qui s’est déroulée en 1904, ce qui sème encore le doute sur l’auteur et la date d’écriture), mais s’avère en fait composé de deux récits distincts autour des deux détectives.

Le premier, le plus long, un peu plus de 20 000 mots, correspond au titre du fascicule « Les crimes de l’étrangleur ». Quant au second, titré « Cinq ans après », nous conte la terrible vengeance de Jim Brayton, un cambrioleur arrêté par William Bagley qui, à la sortir du bagne, décide de tuer le responsable de son arrestation.

Il est à noter que ce titre très court (5 000 mots environ), semble avoir fait l’objet d’une traduction en Italie sous le titre « La vendetta di Brayton » en 1923 sous la forme d’un fascicule de 16 pages (ce qui semble un peu grand pour un texte si court, aussi, est-ce soit une réédition des deux titres précédents en un, ou bien une version allongée du second titre, je ne sais).

LES CRIMES DE L’ÉTRANGLEUR

Aux États-Unis, Saint-Louis est en proie à la panique !

La grande Exposition attire une foule hétéroclite de curieux en tous genres dont, apparemment, un détraqué qui étrangle, la nuit, des badauds argentés pour leur faire les poches.

En descendant à la gare de Saint-Louis, William et John BAGLEY, des frères détectives de renom, apprennent par les journaux que l’étrangleur vient de commettre son neuvième crime.

Les deux hommes vont alors se lancer à corps perdu dans l’enquête et, très vite, découvrir une piste les menant à la bête immonde.

Mais en matière de police plus qu’en toute autre il y a loin de la coupe aux lèvres…

Les frères Bagley sont lancés sur la piste d’un criminel qui étrangle ses victimes avec un lasso pour ensuite les dépouiller.

Son terrain de jeu : La Grande Exposition de Saint-Louis.

Sa 9e victime vient d’être découverte et si les journaux ne connaissent pas encore l’identité de celle-ci, la description faite suffit à une vieille dame voyageant dans le même train que les deux détectives, à comprendre que la victime est sa fille venue avant elle à Saint-Louis pour visiter une amie et se rendre à l’Exposition.

John et William Bagley, grâce à cette dame, rencontrent l’amie en question qui tient une pension de famille et ne tardent pas à comprendre que le meurtrier est probablement l’homme qui vient juste de quitter cette pension...

Arthur Fontaine, quel qu’il soit (l’industriel ou un autre), propose aux lecteurs de suivre un récit assez classique de genre policier d’aventures comme il s’en écrivait beaucoup à l’époque.

On devine immédiatement que les deux détectives vont plus œuvrer dans l’action que dans la réflexion et plus user de déguisements que de perspicacité.

Le lecteur suit donc une chasse à l’homme, une course poursuite entre les gentils et le vilain avec des moments où, les bons croyant tenir le vilain, se retrouvent fort dépourvus, quand le vilain a disparu.

Si le fil conducteur du récit est quelque peu redondant, le format assez court (20 000 mots pour le premier texte) évite qu’il ne devienne rébarbatif.

Bien évidemment, les personnages, tant les bons que les méchants, ne sont qu’esquissés, comme le format fasciculaire l’exige, et l’intrigue minimaliste (puisque les détectives découvrent immédiatement qui est le meurtrier, mais passe le plus clair du récit à lui courir après et à tenter de l’arrêter).

Si le thème s’ancre sur la Grande Exposition de Saint-Louis (l’Universelle de 1904, apparemment) et s’attarde sur les riches voyageurs qui font des proies faciles, l’auteur n’hésite pas pour autant à placer quelques scènes se déroulant dans les quartiers mal famés de la ville et dans les bouges sordides, un milieu qui, depuis quelques années a remplacé, dans les récits d’aventures, les plaines arides et les canyons servant de lieu de guet-apens aux Indiens pour attaquer les cow-boys. Les seconds sont devenus des policiers, les premiers demeurent des apaches, mais d’un autre genre, et la scène du théâtre se déplace des extérieurs vers l’intérieur pour occuper les rues crasseuses et les mastroquets poisseux.

Le style de l’auteur demeure tout autant classique que le genre et le thème.

Si rien ne démarque réellement ce récit des autres, il n’en demeure pas moins agréable à lire, ce qui était le but de la collection d’origine dont ce titre était seulement le 9e de la liste (autant que les victimes du récit).

Au final, un petit texte (plus long que ceux qui suivront) qui souffre un peu du temps, mais qui s’avère agréable à suivre du fait d’un rythme soutenu à défaut d’une intrigue haletante.