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« Pour le bien de tous » est un roman policier de Laurent Scalese sorti en mars 2019.

Laurent Scalese est un auteur à la plume duquel je ne m’étais pas encore confronté directement.

Je dis « directement », car, comme beaucoup d’auteurs de romans policiers, je connaissais un peu son travail en tant que scénariste, notamment pour la série « Sherif » une série dont j’ai vu quelques épisodes, mais par laquelle je n’ai jamais été convaincu.

Je découvre donc l’auteur par son dernier roman en date.

Pour le bien de tous :

Sur une route de campagne, un homme est percuté par une voiture. Mort sur le coup, ce n’est pourtant pas la collision qui l’a tué, mais les balles qu’il a reçues dans le dos. Si la victime n’a pas de nom ni de papiers, son identité semble précieuse, puisque le véhicule des pompes funèbres qui le transporte est braqué, et le corps enlevé... Les deux flics chargés de l’enquête forment le tandem le plus mal assorti de l’histoire de la police. Mélanie Legac est jeune, brillante, nerveuse. Le commandant Joseph Schneider a la soixantaine bien tapée, il ne peut plus courir après personne, et ce « croulant », comme elle l’a baptisé, pourrait être son père. C’est la première fois qu’ils travaillent ensemble et ils vont vivre la pire affaire de leurs carrières. Laurent Scalese s’empare d’un grand drame de l’actualité dans ce thriller noir comme le monde. Heureusement qu’il existe des hommes et des femmes à l’image des héros dont l’auteur a le secret, attachants et drôles, profondément humains, et qui tentent de se battre POUR LE BIEN DE TOUS...

Un homme en renverse un autre, sur la route. Le type est sorti de la forêt et s’est jeté sous ses roues.

Mais la police découvre rapidement que l’inconnu, un migrant, avait reçu cinq balles dans le dos avant de se faire écraser.

Dans le même temps, Mélanie, une flic trentenaire dépêchée sur place, fait la connaissance avec son nouveau coéquipier, un policier très proche de la retraite.

Le tandem va avoir fort affaire quand l’ambulance amenant le corps du défunt est attaquée et le corps volé...

Laurent Scalese, dans ce roman, alterne le bon et le moins bon, mais, surtout, rarement l’original, si ce n’est la fin, qui est un des principaux défauts du livre.

Ouais, ce n’est pas encourageant, énoncé ainsi, et ce ne serait pas justice que de laisser croire que le roman est mauvais. Ce serait tout aussi injuste de laisser penser qu’il est excellent.

À partir d’une idée qui n’a rien d’original, mais qui est efficace : un homme se fait écraser par une voiture... mais l’homme était déjà à l’article de la mort parce qu’on lui avait tiré dessus, Laurent Scalese lance son histoire.

Ce point de départ est également celui d’un nouveau duo.

Dans ce genre de relation (télévisiuel, cinématographique ou littéraire), l’auteur nous offre généralement deux choix : les deux personnes se plaisent et flirtent rapidement et on se demande quand ils vont coucher ensemble/les deux personnes se déplaisent immédiatement puis apprennent à se connaître, et on se demande quand ils vont devenir amis.

Ici, c’est la deuxième solution.

Car le vieux flic déplaît immédiatement à la jeune flic de par son âge, déjà, mais également par son comportement (il a mal au dos et porte une ceinture, il se déchausse au bureau pour marcher pieds nus...)

Cette relation n’a donc rien d’original, du moins le mécanisme sur lequel elle va fonctionner.

Le problème est que si la relation est déjà vue, les personnages, individuellement les uns des autres, n’évitent pas les poncifs.

La femme a forcément des problèmes de couple et aussi de relation avec ses enfants et le croulant, des soucis avec sa fille.

On ne trouvera pas non plus de grande originalité dans le trait principal de l’intrigue qui tient la corde dans la grande première partie du roman et qui puise son idée dans la source de « Les chasses du comte Zaroff » un film américain de 1932, inspiré d’une nouvelle, et qui a suscité pas mal d’inspirations, notamment au cinéma (« Chasse à l’homme » de John Woo avec Van Damme, « Que la chasse commence » avec Rutger Hauer et Ice T, pour ne pas citer les plus connus...), mais également dans les séries et les romans.

Certes, on reconnaîtra que l’attaque du fourgon mortuaire apporte un plus indéniable et un lot de questions que l’on pense avoir été totalement occultées par l’auteur tant le vrai nœud de l’histoire n’intervient que très tardivement sous la forme d’une intrigue dans l’intrigue ou d’une sous-intrigue d’une intrigue alors qu’elle s’avère être l’intrigue de la sous-intrigue. Vous ne comprenez rien ? Normal, car si vous compreniez cela voudrait dire que j’ai « divulgâché » le roman pour employer un terme aussi stupide que ridicule pour remplacer « spoiler ».

Seul problème, cette véritable intrigue, sitôt dévoilée, s’achève et le roman avec lui, de façon aussi abrupte que ma phrase peut le laisser penser.

À ce point brutale et surprenante qu’elle semble, ce que je n’espère pas, être inhérente à la fainéantise d’un auteur ne sachant pas comment boucler la boucle.

Pourtant, on peut reconnaître que cette fin, du moins du côté de la fliquette, est somme toute assez logique. Mais lisons-nous des romans, regardons-nous des films pour se contenter de réactions logiques ?

Imaginez-vous Rocky au début du premier film, à qui on demanderait : Veux-tu rencontrer le champion du monde en titre, toi qui n’est qu’une fausse-patte de troisième zone ?

Heu, non, je vais me faire défoncer la gueule, je serai ridicule et je pourrai pas me taper Adrienne !!!

D’accord. Fin du film au bout de 3 minutes. Pas de Rocky II, III, IV, V, VI, etc.

Donc, de la logique, oui, un peu, mais pas trop.

Dans tous les cas, cette fin qui intervient alors qu’on ne s’y attend pas est, en plus, doublement gâchée par une réflexion de la fliquette, qui fait basculer la relation dans l’autre cas déjà évoqué.

Au final, un roman qui alterne le bon et le mauvais, débute par du bon, mais termine par du mauvais. Sans compter qu’il survole des sujets importants qui auraient mérités meilleurs traitements.