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« Le Chanoine Rouge » est un titre initialement issu d’une collection de fascicules de 32 pages « Alain Barrois, le Roi des Détectives », parue vers 1945 aux Éditions Artima.

Cette collection, développée par Luc Valmont ou André Valmont, ou bien les deux (la moitié des épisodes est signée Luc Valmont, l’autre André Valmont sans que l’on ne sache s’il s’agit de deux auteurs ou d’une erreur de l’éditeur) est seulement composée de 4 titres contenant des récits indépendants d’environ 8 000 mots.

Je ne pourrai apporter des éléments biographiques sur les auteurs, Luc Valmont est introuvable, quant à André Valmont, on ne trouve qu’une occurrence à propos d’un livre sur le banditisme, plus de 15 ans après cette série, sans qu’il soit possible de savoir s’il s’agit du même auteur.

Il est à noter que « Alain Barrois, le Roi des Détectives » n’est pas la seule série aussi concise puisque, par exemple, on trouvera 4 épisodes également dans la série « Step, policier hors-la-loi » de Marc Arbalète.

Difficile d’établir si cette concision est une volonté de l’auteur ou bien est due à son décès ou à un échec commercial de la série.

On trouvera plus facilement un si petit nombre d’occurrences d’autour d’un personnage récurrent quand celui-ci a ses aventures noyées au sein d’une collection généraliste comme le détective Littlejohn de Charles Richebourg (4 titres dans la collection « Mon Roman d’Aventures » des éditions Ferenczi), le Père Leboeuf de Léo Frachet (4 titres dans la collection « Mon Roman Policier » des éditions Ferenczi)...

LE CHANOINE ROUGE

Alain BARROIS, le roi des détectives, en vacances près de Sens, est sollicité par son ami le maire de Crécy-les-Saules pour enquêter sur la disparition d’un jeune homme.

Tout le village semble penser que celui-ci a été enlevé et probablement tué par le Chanoine Rouge, le fantôme d’un ecclésiastique assassiné pendant la Révolution de 1793 qui hante le château fort voisin.

Une vieille légende prétend que l’esprit rôde, la nuit, accompagné de feux follets, afin de protéger un trésor enfoui quelque part…

Alain BARROIS, intrigué, va fureter autour de la fortification sans se douter une seconde des dangers qui l’attendent…

Alain Barrois est en vacance. Il converse avec son ami Chabenas, maire d’un petit village près de Sens et constate son air triste et préoccupé. Celui-ci finit par lui avouer que son bourg est placé sous de mauvais auspices avec la disparition d’un jeune homme, disparition, selon les habitants, liée au Chanoine Rouge, un fantôme sévissant dans les ruines d’un château proche.

Ne croyant pas aux fantômes, Alain Barrois décide de profiter de la nuit pour visiter les fameuses ruines...

Après un cri perçant, il découvre le cadavre d’une jeune femme, la petite amie du disparu...

Très court roman (8 500 mots) police d’aventures, celui-ci met en scène le détective Alain Barrois, un personnage qui apparaîtra seulement dans 4 romans d’aussi petite taille.

De par la concision des textes, l’auteur (ou les auteurs) n’aura jamais le temps de dessiner au mieux leur héros. Du fait de peu de titres, les renseignements sur celui-ci ne pourront être disséminés d’une aventure à un autre, comme certains auteurs le font dans des séries de récits de taille équivalente, mais dont le nombre de titres est bien plus important.

De même, toujours par cette concision, l’auteur ne peut mettre en place une véritable intrigue.

Ce n’est d’ailleurs jamais ce que cherchera un lecteur en se penchant sur ce genre de format.

Pour autant, l’auteur (quel qu’il soit) gère bien ces deux écueils et, avec une narration plutôt linéaire et une intrigue simple et assez représentative de ce qui se faisait à l’époque, parvient à livrer un texte plaisant à lire, avec un peu d’humour (mais pas trop).

En effet, le sujet des fantômes et la réalité qui se cache derrière ont été maintes fois utilisés pour ce genre de romans, ce qui permet de mettre en place une certaine ambiance sans grand renfort de mots.

On ne peut que regretter que le héros ne soit plus plus esquissé, ce qui aurait été possible en utilisant au maximum les capacités d’un fascicule de 32 pages qui peut facilement contenir des textes de 10 000 mots.

Cependant, l’auteur fait montre d’une certaine maîtrise du genre, du format, de la narration et de la plume, ce qui rend le récit des plus agréables.

Au final, difficile de faire mieux avec un récit si court et si on peut regretter que cette concision nous empêche de faire plus ample connaissance avec le héros, on peut s’accorder pour dire que voilà un bon roman fasciculaire de moins de 10 000 mots, ce qui n’est pas toujours aisé à trouver.