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« Une vedette est morte » est un titre initialement paru dans la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes, vers la fin des années 30.

La collection était composée d’une centaine de fascicules de 32 pages contenant des récits indépendants d’environ 7 à 9 000 mots, quasi tous signés Marcelle-Renée Noll, un pseudonyme de Marcel Priollet.

Marcel Priollet, écrivain prolifique, fut un des principaux pourvoyeurs de la littérature populaire fasciculaire. Il écrivit un nombre incalculable de courts récits dont une bonne partie était destinée à des séries dramatico sentimentales.

Mais l’auteur écrivit également beaucoup de récits policiers.

Dans le lot, on notera deux séries policières : « Old Jeep & Marcassin » et « Monseigneur et son clebs » ainsi qu’un autre personnage récurrent apparaissant au gré de certains titres de la collection « Les Grands Détectives ».

Ce personnage, Claude Prince, a la particularité d’être un radiesthésiste détective et il donne souvent un coup de main à l’inspecteur Pessart.

On retrouve ces deux personnages dans « Une vedette est morte ».

UNE VEDETTE EST MORTE !

Fraisette, une chanteuse de cabaret à succès, est assassinée à son domicile pendant la nuit.

Si les apparences laissent penser à une mort par strangulation, l’autopsie démontre que le décès est consécutif à un coup de poignard dans le cœur.

L’inspecteur Pessart chargé de l’enquête ne tarde pas à obtenir le témoignage d’un valet d’une demeure voisine du lieu du crime. Il dit avoir passé la soirée aux alentours de celle-ci dans l’attente de la femme de chambre de la victime avec qui il a une liaison.

Durant sa station, l’homme a aperçu trois personnes quitter la maison tragique, des suspects auxquels s’ajoute le fils de la défunte, actuellement au service militaire dans l’aviation… En voilà beaucoup pour le policier.

Ah… ! Si seulement son ami Claude PRINCE, le radiesthésiste détective, pouvait lui apporter son aide.

Mais, justement, où est donc Claude PRINCE ???

Une chanteuse de cabaret à succès vieillissante est retrouvée morte dans sa chambre.

Si les apparences laissent penser à une mort par étranglement, l’autopsie fait état d’une plaie au cœur, probablement faite par une baïonnette.

L’inspecteur Pessart, chargé de l’enquête, a la chance de tomber sur un témoin, le valet de chambre d’un baron voisin, qui, cette nuit-là, s’était caché près du domicile de la défunte dans l’attente de retrouver la femme de chambre de celle-ci avec qui il a une relation.

Malheureusement, l’homme a aperçu trois personnes quittant le domicile de la victime vers l’heure constatée de la mort. S’il a reconnu, dans les trois silhouettes, l’amant de la chanteuse, il ne peut donner l’identité des deux autres.

Mais l’arme laisse à penser que le fils de la morte, un militaire, puisse être le coupable.

Marcel Priollet nous offre ici un court roman (pas tout à fait 9 000 mots) de facture plutôt classique. Du moins, celui-ci s’inscrit-il, dans le genre et dans le style, à ce qu’un auteur de l’époque peut produire de bien dans un format si court.

Avec une entrée en matière directe (le meurtre a été effectué et le policier lance son enquête), Marcel Priollet s’offre la quasi-totalité de l’espace à l’investigation sans perdre du temps, comme souvent il a pu le faire (mais ses collègues également) à mettre le crime en place ou à conter les confessions d’un client désireux qu’une enquête soit effectuée.

Cela lui accorde la possibilité de proposer plusieurs pistes (ici, 4) et, par la suite, de restreindre le nombre de suspects en en innocentant au fur et à mesure.

Il le fait d’autant plus que le coupable n’est connu qu’au tout dernier moment.

Il est à noter que si c’est à nouveau Claude Prince qui démasque le coupable, le détective n’apparaît pourtant qu’à l’épilogue, laissant tout la place au policier pour mener l’enquête.

On peut donc s’amuser de constater que le meilleur (du moins dans l’état de mes lectures actuelles) roman mettant en scène Claude Prince, est celui dans lequel il n’apparaît que furtivement et tardivement et celui dans lequel son don n’est même pas évoqué.

Pour autant, ne boudons pas notre plaisir, car le roman s’avère de très bonne facture (toute proportion gardée pour un récit de ce genre et de ce format) même s’il est quelque peu gâché par le très mauvais travail de l’éditeur de l’époque (dont les travers sont effacés dans la réédition numérique).

Au final, le meilleur épisode de la série et celui dans lequel le héros apparaît le moins. Les deux seraient-ils liés ???