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« Les “piqués” du métro » est un titre paru initialement dans la collection « Les Grands Détectives » des Éditions Modernes à la fin des années 1930.

La série se présentait sous la forme de fascicules de 24 à 32 pages (selon l’époque) et proposait des récits indépendants allant de 7 000 à 9 000 mots.

« Les “piqués” du métro » est paru sous le pseudonyme de Marcelle-Renée Noll, un alias de l’écrivain prolifique Marcel Priollet.

Marcel Priollet fut l’un des principaux pourvoyeurs des collections fasciculaires des années 1930 à la fin des années 1950. Il proposait principalement des récits dramatico sentimentaux ou des récits policiers.

Si ses séries sentimentales sont nombreuses, celles, policières, le sont moins.

Effectivement, même si l’auteur a écrit de nombreux récits policiers ou d’aventures, il a seulement développé deux courtes séries policières (« Old Jeep & Marcassin » et « Monseigneur et son clebs ») et un autre personnage récurrent, Claude Prince, un radiesthésiste détective, dont les aventures sont perdues au milieu de la collection « Les Grands Détectives » bien que la majeure partie des textes la composant soit issue de la plume de Marcel Priollet.

LES « PIQUÉS » DU MÉTRO

Un nouveau genre d’agression sévit dans le métro parisien !

Des gens de bonnes fortunes se plaignent d’une piqûre effectuée dans la cohue d’un compartiment.

Quelques minutes ou heures après, elles ont des comportements étranges : une vieille dame bien sous tous rapports se promène nue dans la rue ; un vénérable monsieur à la moralité sans faille fugue pour faire la noce ; un commerçant honnête s’enfuit avec la caisse ; une dévote investit dans les maisons de plaisir…

L’inspecteur Pessart, chargé de l’enquête, n’ayant pas réussi après plusieurs semaines d’investigations à trouver le « piqueur » ni les « piqués » du métro, demande de l’aide à son ami Claude PRINCE, le célèbre détective radiesthésiste…

Quelqu’un profite de la cohue du métro pour piquer des passagers au bras. Le produit ainsi inoculé à la faculté de changer la personnalité des victimes.

Ainsi, un éminent magistrat ayant menée une longue vie de probité et de droiture, s’enfuit, soudainement de chez lui en abandonnant sa famille, pour mener une vie de débauche. Une vieille dame stricte se promène nue dans les rues. Une vieille dévote investit dans les maisons de plaisir. Un commerçant honnête s’enfuit avec la caisse...

L’inspecteur Pessart ne parvient à trouver la raison de ses agressions ni l’agresseur. Pire, le magistrat et quelques autres demeurent introuvables.

Aussi, fait-il appel à son ami Claude Prince, espérant que ses dons radiesthésiques lui permettent de réussir là où lui a échoué.

On retrouve donc Claude Prince qui, une nouvelle fois, va apporter son aide à son ami l’inspecteur Pessart.

Pour cela, le personnage n’aura guère plus de 7 000 mots à sa disposition pour réussir. Un format à ce point court ne permet pas de mener une intrigue exaltante et, d’ailleurs, Marcel Priollet, contrairement à certains autres titres de la série, n’essaye même pas d’étoffer a minima celle-ci.

L’auteur opte donc pour un récit linéaire, sans rebondissement autre que la personnalité du coupable, coupable que le lecteur avait déjà soupçonné au moment de la révélation.

On notera que le sujet du nœud de l’intrigue s’inscrit dans ceux de son époque.

On peut également préciser que, contrairement à d’autres textes de la collection, celui-ci (dans sa première édition) échappe miraculeusement au travail de sagouin des Éditions Modernes qui a nui à bon nombre de récits de par la multiplicité des fautes d’orthographe, de coquilles et autres scories.

Ce travail plus correct qu’à l’accoutumée permet d’apprécier au mieux le texte qui s’avère être plutôt agréable à lire.

Certes, les personnages, concision oblige, sont toujours peu esquissés, l’intrigue simple et linéaire et l’auteur fait avancer l’histoire à coup de confessions et de dialogues (la façon la plus simple de faire court).

Pourtant, toute proportion gardée, l’épisode apporte un réel plaisir de lecture.

Au final, court, mais bon, un épisode qui remplit au mieux son office.