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Léon Groc est un journaliste et écrivain français qui alimenta la littérature populaire pendant près de 4 décennies à partir du début des années 1910.

Contes, nouvelles, romans, naviguant dans les genres policiers, sentimentaux, historiques, aventures, patriotiques, fantastiques, ses textes ont aussi bien été destinés aux magazines et journaux de l’époque qu’aux collections fasciculaires ou publiés sous la forme de romans.

Si Léon Groc ne fait pas partie des écrivains de la littérature populaire dont le nom parle encore au plus grand nombre des lecteurs comme Maurice Leblanc, Gaston Leroux et consorts, sa popularité lui permet tout de même de se démarquer du flot des auteurs totalement oubliés, voire complètement anonymes, de cette paralittérature.

En effet, principalement ses romans policiers et fantastiques lui permettent de sortir du lot, de par la qualité des intrigues, mais également et surtout de celle de la plume et de la maîtrise des différents formats.

Parmi sa bibliographie, l’amateur de récits courts et de personnages récurrents notera la série de 8 fascicules de 24 pages, double colonne (un peu moins de 10 000 mots), publiée à partir de 1944, contant les enquêtes du détective Stan Kipper, dont « La vengeance des Mains Brunes » est le second épisode.

LA VENGEANCE DES « MAINS BRUNES »

À l’entracte d’une pièce à succès à laquelle il est en train d’assister en compagnie de son ami le journaliste Paul Nérac, Stan KIPPER, le célèbre « roi des détectives » américain, est abordé par le metteur en scène du spectacle.

Il lui annonce, affolé, que la loge de la vedette de la soirée a été retournée durant la représentation, mais que rien ne semble avoir été volé.

Stan KIPPER, après enquête, conclut que la mise à sac est en lien avec l’actrice occupant précédemment les lieux et qui a été retrouvée assassinée chez elle.

Derrière le miroir, il découvre un message crypté qui, une fois décodé, s’avère donner rendez-vous à la destinatrice, le soir même, dans une boîte de nuit…

Alors que le célèbre détective Stan Kipper assiste à une représentation d’une pièce de théâtre, il est accosté, à l’entracte, par le metteur en scène qui demande son aide, car la loge de l’artiste principale a été fouillée durant le second acte bien que rien n’ait été volé.

Stan Kipper, après avoir inspecté les lieux et interrogé le personnel du théâtre, conclut que la vedette n’est pas visée, mais que l’affaire concerne probablement l’actrice qui occupait la loge avant elle. Il se trouve que celle-ci a été retrouvée assassinée chez elle il y a peu.

Derrière le miroir, il découvre un énigmatique message qu’il parvient à décoder : il s’agit d’un rendez-vous dans une boîte de nuit...

On retrouve donc le détective Stan Kipper, personnage inventé par Léon Groc et qui ne vécut que 8 petites aventures.

On se souvient que dans la première, « Le champion escamoté », il s’était retrouvé aux prises avec une terrible bande de malfrats : « Les Mains Brunes » dans laquelle chacun des dix membres se faisait nommer par un des cinq doigts, droits et gauches. Un des membres, le boxeur, avait été éliminé et son chef, le manager, arrêté par Stan Kipper et condamné et guillotiné.

On se doute donc, vu le titre de cet épisode, que la terrible bande va chercher à se venger du détective...

Malgré la concision du texte (à peine plus de 9 500 mots), Léon Groc parvient à proposer une intrigue, certes, linéaire et simple, plus imprégnée d’action que de réflexion, mais qui n’est pas sans intérêt.

De plus, au contraire de beaucoup de ses collègues, Léon Groc n’hésite pas, malgré le peu de place qui lui est accordée, à distiller quelques détails ou descriptions dans son texte, ce qui lui confère une aura un peu plus romanesque qu’un fascicule de cette taille de coutume.

S’il est vrai que l’ensemble ne brille pas par une originalité éclatante, il faut reconnaître à l’auteur une réelle maîtrise de ce court format et une certaine aisance de plume qui font de cette série (du moins des deux premiers épisodes), une très bonne surprise dans un format aussi court qui pousse souvent les auteurs, par la concision inhérente au format, à désincarner un peu les actions et les personnages, notamment le héros des histoires.

Au final, après un premier épisode plaisant, le second confirme le bien que le peut penser de l’auteur et de la série même si celle-ci a été avortée bien trop tôt.