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Ceux qui lisent régulièrement mes chroniques (qui ne sont pas assez nombreux, je tiens à le signaler) ne sont pas sans savoir que je n’aime lire que du roman policier de langue française (avec quelques rares exceptions dont la principale est dédiée à Conan Doyle et son Sherlock Holmes) et que j’apprécie tout particulièrement les personnages récurrents.

De plus, je goûte assez peu les pavés, étant toujours impatient de connaître la fin d’un roman.

Il semblait alors tout naturel que je me sois déjà penché sur la série « Mary Lester » de Jean Failler.

Eh oui, mais le naturel et moi...

Aussi, je décidais de remédier à ce manque en lisant la première aventure de cette jeune policière française née de la plume de Jean Failler : Mary Lester.

Jean Failler est un auteur de 80 ans, Breton, né à Quimper qui aime parler de la Bretagne.

Les aventures de Mary Lester comptent plus d’une cinquantaine de titres.

Les bruines de Lanester :

La découverte d’un clochard noyé dans le Scorff, entre Lanester et Lorient, quoi de plus banal ? La disparition d’un directeur de société, ça arrive tous les jours ! Des loubards qui volent une voiture, cambriolent une maison… Routine que tout cela pour l’inspecteur Amadéo. La vie s’écoule, simple et tranquille, au commissariat de Lorient. Ou plutôt s’écoulerait, si une jeune femme, inspecteur stagiaire, ne s’avisait de vouloir contre toute logique relier ces faits pour en tirer des conclusions pour le moins surprenantes. Mary Lester parviendra-t-elle, dans cet univers d’hommes, à mener son enquête jusqu’au bout ? Vous le saurez en marchant sur ces traces, dans « Les bruines de Lanester ».

Mary Lester, jeune policière qui débute à son poste s’ennuie. Elle n’est pas entrée dans la police pour faire de la paperasserie et son supérieur, un policier aguerri et condescendant, la cantonne à des tâches subalternes en lui prodiguant des « mon petit » agaçants.

Aussi, quand Mary sent que la mort d’un clochard et la disparition d’un homme sont liées, elle se heurte à la raillerie de son supérieur, mais décide tout de même d’enquêter de son côté...

Découvrir un nouveau personnage récurrent n’est pas toujours signe d’une affection ou d’une répulsion immédiate.

Parfois, comme pour les êtres de chair et de sang, ceux de papier (ou d’octets) peuvent vous charmer dès la première rencontre... dès les premiers mots. D’autres fois, l’effet est tout contraire, mais tout aussi impulsif.

Puis il est des gens et des héros qui demande un peu plus de temps pour être jugés à leur juste valeur, parce qu’ils sont plus complexes que d’apparence ou plus simplistes ou, tout simplement, parce qu’ils prennent leur temps, démontrent leurs qualités avec parcimonie, ne cherchent pas à tout prix à vous séduire quitte à en faire beaucoup... trop.

C’est le cas de la jeune Mary Lester. C’est surtout le cas de la plume de Jean Failler.

Avant d’aborder la série de Jean Failler, il faut soit être ouvert à tous les sous-genres du roman policier, sans aucun a priori, soit savoir à quoi il faut s’attendre.

Il est clair que ceux qui ne cherchent que Thrillers sanglants avec force violence, moult meurtres plus pervers les uns que les autres seront forcément déçus.

Pour les autres, il faudra encore passer sur quelques détails qui n’en sont pas forcément.

Tout d’abord la plume de l’auteur. Là également, celle-ci ne charme pas immédiatement par sa flamboyance. Je dois même avouer que certaines répétitions m’ont quelque peu heurté. Pour le reste, rien de précis à reprocher, rien de précis, non plus, à louer.

Les personnages, Mary Lester en tête, sont à la fois marqués et caricaturaux, dans le bon sens du terme.

En clair, chaque personnage a son caractère, un peu marqué, assez pour créer une homogénéité de caractères, pas trop pour ne pas sombrer excessivement dans la caricature.

Reste l’intrigue.

On sait, du moins doit-on se douter que ce ne sera pas le point fort de la série.

Là n’est pas un reproche puisque l’auteur ne cherche clairement pas à faire du thriller ni même à proposer une intrigue exaltante.

Du coup, on pourrait penser que Jean Failler va mettre en place un roman policier à ambiance.

Et là encore, ce n’est pas vraiment le cas.

En fait, Jean Failler prend son temps, ce qui est un peu contradictoire avec le format assez court de ce roman.

Ce parti pris ne fonctionne pas parfaitement dans ce premier roman, probablement du fait d’un dosage imparfait, mais l’on sent que l’auteur et ses personnages dont du genre à conquérir le lecteur si ce n’est à l’usure, du moins, sur du plus long terme qu’un seul épisode.

Cette impression se confirmera à la lecture du second épisode...

On notera que, même si l’auteur ne cherche pas à s’appuyer sur une intrigue de haute volée, il propose cependant une intrigue à tiroir avec son petit lot de rebondissements, dont l’ultime peut s’avérer surprenant tout en parvenant à épaissir le personnage de l’héroïne.

Au final, sans que cette lecture soit enthousiasmante, elle laisse supputer que la série Mary Lester est une série qui vous captivera (le terme est peut-être excessif) après deux ou trois épisodes.