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La littérature populaire fasciculaire policière est un monde un peu opaque où, tout comme dans une affaire criminelle, il est parfois difficile d’identifier l’auteur, mais également de lister les méfaits de celui-ci.

C’est un peu le cas pour le titre qui m’intéresse aujourd’hui : « Lord Darnell est mort à l’aube ».

Publié à l’origine en fin 1946 dans la collection « Murmures d’amour » des éditions du Moulin Vert, sous la forme d’un fascicule de 16 pages, double colonne, contenant un récit d’un peu plus de 11 000 mots, ce court roman s’avère, en fait, un peu plus complexe.

Signé par l’énigmatique J.A. Flanigham, un pseudonyme sous lequel on ne sait quel auteur se cachait, ce récit conte une des aventures du détective reporter anglais, Bill Disley.

Ce même Bill Disley vécut plusieurs dizaines d’aventures dont la plupart ont été mélangées au sein de collections généralistes (« Murmure d’amour ») avant d’être, pour la plupart, rééditées, plus tard, sous la forme de fascicules de 32 pages (contenant les mêmes textes), dans la collection « Police-Roman » des éditions Lutèce avant d’être à nouveau rééditées, parfois, dans la même collection, plus tard, sous un autre titre et encore, pour certains d’entre eux.

En parallèle, Bill Disley vécut également des aventures un peu plus longues, sous le format 128 pages (un peu plus de 30 000 mots), dans une collection dédiée (« Nouvelles Aventures de Bill Disley »), toujours aux éditions Lutèce (13 titres dont certains sont des réécritures d’anciennes aventures).

En ce qui concerne « Lord Darnell est mort à l’aube », je n’ai recensé, à l’époque, qu’une seule édition, celle de la collection « Murmure d’amour ».

LORD DARNELL EST MORT À L’AUBE

« Lord Darnell est mort à l’aube… »La note laconique reçue par l’ensemble des Rédactions d’Angleterre émut Bill DISLEY plus que tout autre journaliste.

Ami de la famille du défunt, le grand reporter-détective avait passé la soirée et une partie de la nuit à Campton House, la demeure des Darnell.

Le mystère de ce décès est d’autant plus prégnant que Lydia, la fille de la victime, a laissé entendre à Bill DISLEY, avant d’aller se coucher, qu’elle avait peur… sans oser dire pourquoi.

Une chose est certaine, un étrange secret entoure le trépas de Lord Darnell…

Bill Disley, ami de la jeune Lydia Darnell, fille de Lord Darnell, est invité à une soirée chez les Darnell.

Au cours de la nuit, Lydia Darnell semble étrange, apeurée et, quand elle s’apprête à avouer au journaliste ce qui la tracasse, Jerry, le frère de Lydia, débarque et pousse sa sœur à aller se coucher.

Le matin même, Lord Darnell est retrouvé mort, deux balles dans le corps, sur sa terrasse.

Bill Disley, partagé entre sa curiosité de journaliste et son amitié pour les Darnell, va tenter de comprendre le mystère qui se cache derrière cette affaire, mais son affect risque de nuire à son flair... 

Avec ce court roman, J.A. Flanigham propose une intrigue mêlant mystère, affection et passé, une histoire bien étrange dans laquelle Bill Disley, pourtant habituellement clairvoyant, va patauger tandis que son ami l’inspecteur Martin du Scotland Yard, lui, va y voir bien plus clair.

Il faut dire qu’en tant que proche de la famille de la victime, le journaliste n’a pas forcément suffisamment de recul pour être totalement lucide.

Avec une intrigue à la fois simple et complexe, du moins, autant que le format court le permet, J.A. Flanigham nous livre un récit dans la veine de ses précédents, faisant avancer l’intrigue à coup de chance, comme c’est la coutume dans le récit policier, surtout quand il doit être concis.

Sa plume use autant, si ce n’est plus, des incises lors des dialogues, permettant de développer une ambiance à moindres mots et d’éclairer l’état d’esprit de chacun des protagonistes.

On retrouve, heureusement, Jeff, ce qui offre aux lecteurs quelques dialogues savoureux, ainsi qu’un Martin un peu plus las que de coutume... désabusé, probablement, du moins désintéressé par un crime dont il semble avoir compris les tenants et les aboutissants assez rapidement, contrairement au reporter.

Au final, une bonne lecture, bien que ce titre ne soit pas le plus exaltant de la série.