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Bill Disley est un reporter-détective né sous la plume de l'énigmatique J.A. Flanigham.

De l'auteur, on ne sait rien, tout juste a-t-on identifié un autre pseudonyme, Raymond Gauthier.

Le pseudonyme de J.A. Flanigham a été principalement utilisé pour signer les diverses aventures de Bill Disley, quelques épisodes d'un couple d'aventuriers (« Dick et Betty ») et quelques romans policiers noirs.

Bill Disley a vécu de nombreuses enquêtes, tout d'abord sous la forme de fascicules de 16 pages à partir de 1946 au sein de la collection « Murmure d'amour » aux éditions du Moulin Vert. La plupart de ces récits ont été réédités sous la forme de fascicules de 32 pages au sein de la collection « Police-Roman » des éditions Lutèce et même édités plus tard dans la même collection sous de nouvelles couvertures et parfois de nouveaux titres.

Ainsi, « Le meurtre du quartier Chinois », que l'on peut considérer comme la 19ème aventure de Bill Disley, est paru tout d'abord en 1946 (collection « Murmure d'amour ») puis réédité sous le même titre en 1949 (Collection « Police-Roman ») puis en 1956 sous le titre stupide de « Un chinois sort de l'ombre », car il n'y a pas de chinois dans l'histoire, avec une couverture couleur toute aussi stupide puisqu'elle n'a aucun rapport avec l'histoire.

Notons que Bill Disley vécu une série d'aventures plus longues sous la forme de fascicules de 128 pages contenant des récits d'un peu plus de 30 000 mots.

 

LE MEURTRE DU QUARTIER CHINOIS

 

Jeff, l’ami du reporter Bill DISLEY, s’arrête dans un bouge du quartier chinois afin d’étancher sa soif.

 

Alors qu’il se demande où il a déjà vu son voisin de zinc, le quidam reçoit un couteau entre les deux omoplates et s’écroule, mort.

 

L’arme porte le signe de Jack-le-Borgne, une espèce de justicier qui n’avait plus fait parler de lui depuis des années.

 

Bill DISLEY, flairant le bon papier, va chercher à découvrir l’identité de Jack-le-Borgne en remontant le fil d’un drame dans lequel le défunt a été cité quelques mois auparavant…

 

Alors que Jeff a soif (pléonasme), il entre dans un bouge du quartier chinois. Là, à côté de lui, un type qu'il a déjà vu quelque part sans réussir à se souvenir où. Le gonze semble parler à un autre gus, plus étrange encore. Ce dernier semble attendre quelque chose, quelqu'un, regarde l'heure, puis dehors.

D'un coup, il attire l'attention du premier qui se tourne vers lui. La porte du troquet s'ouvre, un couteau vole et se plante entre les deux omoplates du type que Jeff a déjà vu quelque part.

Le manche du couteau est significatif de ceux de Jack-le-Borgne, une sorte de justicier qui sévit bien des années auparavant mais qui n'avait plus fait parler de lui depuis des années.

Très intéressé par l'histoire, Bill Disley va tenter de retrouver la piste de Jack-le-Borgne...

Dans ce court récit d'un peu moins de 10 000 mots, J.A. Flanigham semble faire un peu de recyclage de ses idées.

Effectivement, l'idée du mondain se transformant en justicier a déjà été utilisée dans un titre précédent et le fait que Bill Disley puisse être pris pour ce justicier par Scotland Yard, déjà abordé à ce moment là.

Cependant on pardonnera l'auto-emprunt du fait des conditions d'écriture de cette littérature populaire qui nécessite une production importante et rapide.

Si l'histoire est classique et fait intervenir les trois principaux protagonistes de la série (Bill Disley, Jeff, l'inspecteur Martin) elle manque cependant d'un peu de rythme et d'humour.

L'omniprésence des points pour séparer des chapitres renforce l'impression d'un récit haché et empêche la fluidité de lecture habituelle des épisodes de la série.

Quelques incises (la grande force de J.A. Flanigham) un peu trop répétitives ajoutent une impression de non relecture et de manque de fluidité.

Avec, enfin, une fin un peu trop expéditive, l'ensemble du récit est marqué par ce sentiment général d'harmonie. Dommage

Pour autant, du fait du format court, des personnages auxquels on est attaché, l'épisode se lit tout de même agréablement.

Au final, un épisode qui pêche par un manque de fluidité flagrant qui nuit à la lecture.