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Rodolphe Bringer est un auteur de la littérature populaire qu’il ne devrait plus être besoin de présente.

Du moins, ne devrais-je plus avoir à le présenter vu le nombre de fois où j’en ai parlé dans mes chroniques.

Effectivement, Rodolphe Bringer (1869 - 1943) est un auteur incontournable de la littérature populaire de par la quantité de sa production tant que par sa qualité et les genres et formats abordés.

Journaliste, écrivain, il nourrit les journaux de ses contes, nouvelles et romans ainsi que les collections fasciculaires et les collections populaires de ses très nombreux écrits pendant près d’un demi-siècle.

Il a abordé les genres à la mode à son époque, mais c’est bien souvent avec un certain humour qu’il développe ses histoires.

LE MYSTÈRE DU PUITS

Félician Delorges, lassé d’une jeunesse passée à bourlinguer en Afrique équatoriale, rentre à Rocheplate, berceau de sa famille, à la suite du décès de son père, dans le but de s’occuper d’une fermette qu’il lui a léguée.

Dans le village, il y fait la connaissance de son oncle, Gonzalve de Lorges – unique héritier de la fortune du grand-père et ne fréquentant que la Haute Société, – et de sa belle cousine Geneviève.

Gonzalve voit d’un mauvais œil l’arrivée de ce dévoyé sans argent qui lui rappelle un peu trop ses origines modestes.

Geneviève, elle, se ravit de pouvoir enfin fréquenter un homme à son goût.

Aussi, quand les deux jouvenceaux commencent à se rapprocher l’un de l’autre, Gonzalve est prêt à tout pour repousser l’indigne prétendant de sa fille.

Cependant, la découverte des ossements d’un petit garçon au fond du puits de la propriété de Félician pourrait bien rebattre les cartes de la destinée.

Félician, après une jeunesse passée à bourlinguer en Afrique, rentre en France, à Rocheplate, avec quelques billets en poche, afin de travailler dans la ferme héritée de son père.

Il rencontre l’oncle Gonzalve, un personnage hautain, désireux d’oublier ses origines depuis qu’il jouit de la fortune de son oncle. Celui-ci, n’ayant pas de descendance et ne voulant pas que ses biens soient partagés, a légué son pactole à l’aîné de ses neveux. 

C’est ainsi que Gonzalve est devenu riche tandis que le père de Félician mourut dans la pauvreté.

Mais Gonzalve voit d’un mauvais œil l’arrivée de ce jeune homme qui, en plus de le ramener à sa condition dont il tente de s’extraire jusqu’en changeant son nom de Delorges en de Lorges, semble plaire à sa fille...

Rodolphe Bringer nous propose ici un mix des ingrédients dont il aime saupoudrer ses histoires.

On y retrouve, donc l’un de ses lieux fictionnels favoris : Rocheplate (l’autre étant Chantepie) deux villes situées dans le Tricastin, Région qu’il a grandement contribué à populariser (voir le blogue qui lui est consacré à ce sujet.)

On retrouve également le besoin d’exotisme avec ce personnage revenant d’Afrique (comme c’était déjà le cas dans « La double mort de Barnabé Klain », par exemple)...

Malgré la découverte dramatique que Félician va faire, ce court roman (pas tout à fait 20 000 mots) n’est pas un roman policier, mais bien un drame sentimental comme il était à la mode d’en écrire à l’époque.

D’ailleurs, cette base sentimentalo-dramatique, Rodolphe Bringer l’a souvent utilisée pour ses récits policiers.

Certes, il y a ici, le fameux mystère du puits qui aurait pu orienter le récit vers le suspens, mais l’auteur, pour se conforter, probablement, à la collection dans laquelle a été intégré son texte, a préféré rester dans le domaine dramatique, réduisant à sa portion congrue la part d’enquête permettant de résoudre ce « Mystère ».

Dommage pour un amateur de romans policiers tel que moi, mais il ne faut pourtant pas bouder cette production de l’auteur qui, si elle ne fait pas partie des plus grandes réussites de celui-ci, n’en demeure pas moins un plaisant roman, assez symptomatique de la plume et de la narration de Rodolphe Bringer.

Au final, un roman plus sentimental que policier et ce malgré le fameux mystère du puits, mais un roman agréable à lire...