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Rodolphe Bringer est un auteur de littérature populaire qui écrivit pendant 50 ans une multitude de contes, de nouvelles et de romans dont il abreuva journaux, magazines, collections fasciculaires et autres entre 1894 et 1943 (date de sa mort. Il est né en 1869 – certaines sources avancent comme date 1871).

Sa production fut immense et les genres qu’il a abordés, divers (sentimental, historique, judiciaire, policier, aventures, humoristiques, jeunesse...)

Il est aussi le père du Tricastin, sa Région, qu’il fit reconnaître et découvrir en reconstituant son histoire et sa culture. L’action de ses récits se déroule souvent dans des villages réels ou fictifs de sa région Tricastine.

Pour ma part, je me suis surtout penché sur sa production policière, notamment à travers les enquêtes du commissaire Rosic.

Il était temps de le découvrir dans d’autres genres.

« L’intrépide Bébert » est un récit jeunesse publié, initialement, dans la collection « Le Roman du Jeudi » par les éditions Rouff en 1936.

L’INTRÉPIDE BÉBERT

Le père Perussel vient de mourir, laissant son épouse et son jeune fils, Bébert, avec, pour survivre, les maigres ressources tirées par sa femme, d’une petite épicerie souffrant de la concurrence.

Aussi, très vite, les dettes s’amoncellent, et un jour, tous les biens de la famille sont saisis.

Pour subsister, Madame Perussel trouve une place d’employée de maison chez de riches marchands de tissus et se voit contrainte de confier la garde de son enfant aux Figéras, un couple de voisins à la tête d’un garage. Charge à eux d’apprendre un métier à Bébert et de s’en occuper au mieux.

Mais Bébert, du haut de ses douze ans, est intelligent, travailleur et courageux et se jure de rapidement gagner de quoi reconstruire le foyer si douloureusement évaporé…

La famille Perussel est frappée par le destin. Après la mort du père, chauffeur pour un marchand de bétail, il ne reste plus à l’épouse, pour vivre elle et son fils Bébert que les maigres revenus d’une petite épicerie.

Mais les épiceries ne manquent pas dans le village et les dettes s’accumulent jusqu’à ce que tous les biens soient saisis.

Mme Perussel n’a d’autre choix que de trouver un emploi de bonne, à Lyon, et confie Bébert à ses voisins, les Figéras, qui tiennent un garage. Cela tombe bien, Bébert adorerait devenir mécanicien.

En attendant, du haut de ses 12 ans, il tient la pompe à essence, ce qui n’est déjà pas si mal... sauf quand les imprévus s’en mêlent. 

Rodolphe Bringer nous propose ici un petit récit d’aventures jeunesse de pas tout à fait 11 500 mots qui est dans la droite ligne des romans jeunesse de la collection « Les Romans du Jeudi ».

En effet, ce roman met en scène un jeune héros (ici, pas encore un ado) doté de qualités humaines indéniables (honnêteté, courage, respect, travailleur) que l’on cherche à exposer en exemple au jeune lectorat.

Le récit est empreint d’aventures, mais surtout d’une certaine morale qui veut que lorsque l’on a les qualités du héros, les choses finissent toujours par s’arranger et l’on est payé en retour.

Certes, ce genre de récit est un peu lisse, surtout un lectorat plus âgé, mais n’en demeure pas moins auréolé d’un certain charme suranné d’autant plus quand l’auteur a de l’expérience et maîtrise son ensemble, comme c’est le cas de Rodolphe Bringer.

Le lecteur suit donc sans déplaisir les aventures de ce jeune Bébert même s’il devine rapidement comment tout cela va se terminer (de façon positive, bien évidemment).

D’ailleurs, la construction du récit n’est pas sans rappeler celle d’un autre titre de l’auteur dans la même collection jeunesse : « Fil-de-Fer et Vert-de-Gris », dans lequel les héros, deux acrobates, ayant tout perdu à cause de la faillite de leur patron, se retrouve sans rien, mais, à force de courage et, surtout, d’honnêteté et de respects, finissent par reconquérir leurs rêves grâce au soutien et à la reconnaissance d’une riche personne.

Notons que l’action se passe, comme souvent chez Rodolphe Bringer, en pays Tricastin.

Au final, un petit récit gentillet qui se déguste comme une petite sucrerie.