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« Les diamants de l’Archiduc » est le second épisode de la série Mary Lester de Jean Failler.

Jean Failler est un auteur breton de 80 ans et Mary Lester une jeune policière, bretonne également, qui a vécu plus de 50 enquêtes jusqu’à présent.

Les diamants de l’Archiduc :

Après ses « exploits » au commissariat de Lorient, l’inspecteur stagiaire Mary Lester est nommée à Quimper, où elle a passé une partie de son enfance. Elle retrouve avec émotion les lieux où elle a vécu des moments heureux et où elle va désormais exercer son métier de femme flic. Cependant, le commissaire principal est en vacances et son adjoint semble avoir une certaine prévention contre les jeunes filles qui veulent « faire de la police ». Aussi la confine-t-il dans de vagues tâches administratives qui ne conviennent pas du tout à la nature active de Mary. Un curieux personnage qui parle d’un hold-up dans une bijouterie. Rien que de très banal n’est-ce pas ? Même s’il y a eu prise d’otages.

Mary Lester est mutée à Quimper, ville qu’elle connaît bien. Mais le commissaire est en vacances et son adjoint ne semble pas déterminé à donner des responsabilités à la jeune femme.

Aussi, Mary Lester a tout son temps pour elle. Elle flâne et croise, à la terrasse d’un café, un bien étrange personnage : un SDF surnommé l’Archiduc, qui, sous des dehors rustes, fait montre d’une certaine classe et d’une grande éducation.

Mais là ne s’arrête pas l’étrangeté du bonhomme. Régulièrement, il fait exprès de se faire pincer par la policer pour se retrouver au ballon.

Étonnée et n’ayant rien d’autre à faire, Mary Lester va chercher à percer ce mystère...

J’avais dit après lecture du premier épisode qu’il me semblait que cette série n’était pas du genre à être un coup de cœur immédiat (du moins, pas chez moi), mais plutôt de celles qui vous accrochent petit à petit au fil des lectures.

Ce second épisode semble confirmer mon pressentiment, car, bien qu’il n’y ait ici aucune enquête, que le rythme soit lent, la lecture est, elle, bien plaisante.

Car, l’atmosphère s’affirme en même temps que l’héroïne et le style de l’auteur.

Il y a un peu de Simenon dans cette atmosphère (toute proportion gardée) du moins, un même sens du placement, de la lenteur et du fait que l’héroïne, tout comme le célèbre commissaire à la pipe, semble doué pour se focaliser sur des détails anodins, mais qui la conduisent à bon port.

Alors, certes, ce court roman policier qui, au lieu de proposer de l’investigation, se contente de suivre Mary Lester cherchant à faire se confesser l’Archiduc pour connaître les méandres d’un crime, peut déconcerter, voire, lasser certains lecteurs, mais je dois avouer que j’ai plutôt été conquis malgré le manque d’enquête à proprement parler, ou, peut-être, grâce à ce manque, allez savoir.

Toujours est-il que la relation se nouant entre la policière et le SDF est plutôt intéressante à suivre et que les deux personnages sont bien campés et suffisamment complexes pour que l’intérêt demeure. Le crime dont il est question dans la confession devient alors anecdotique et unique prétexte au rapprochement entre l’une et l’autre. La première qui a besoin de comprendre et de savoir. Le second qui a besoin de se confesser pour se décharger d’un poids ou pour devenir un centre d’intérêt pour quelqu’un, ne plus être un « invisible » comme le sont les SDF usuellement aux yeux des passants.

Au final, une deuxième enquête (qui n’en est pas une), mais qui donne envie de poursuivre la série.