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« Boucaille sur Douarnenez » est la 6e enquête de l’inspecteur Mary Lester, personnage créé par l’auteur Jean Failler.

« Les enquêtes de Mary Lester » est une série de quelque 55 livres contant 45 enquêtes (certaines sont réparties sur deux tomes), une jeune policière qui est dépêchée dans toute la région bretonne.

Jean Failler et un auteur breton, né à Quimper en 1940 et qui est principalement connu pour cette série dont le personnage a fait l’objet d’une série télévisée en 1998 dont l’épisode pilote est adapté du titre « Marée blanche », mais dont les 7 autres épisodes semblent se démarquer totalement du matériel original, poussant Jean Failler à quitter le bateau signant l’arrêt de la série.

Boucaille sur Douarnenez :

Quand, en hiver, on découvre dans une mansarde une personne âgée morte de froid, personne ne s’en étonne. Mais quand ladite mansarde contient quatre cadavres de vieillards victimes des basses températures, on peut s’interroger sur les véritables raisons de ces décès. Or, quand la police est aux prises avec l’insolite dans un coin de Bretagne, on ne tarde pas à voir paraître Mary Lester. Cette fois, elle est accueillie comme le Messie par le commissaire Colin. Pensez donc, le Mardi-gras commence, et jamais le vieux patron de la police douarneniste n’a manqué le rendez-vous des masques. Mary va devoir mener son enquête au cœur d’une bacchanale de quatre jours, dans un monde insolite et déroutant, peuplé de masques parfois mal intentionnés.

Mary Lester est envoyée en plein hiver à Douarnenez pour enquêter sur la mort de quatre vieillards, durant la nuit, dans la même chambrette.

Voilà donc Mary Lester de retour pour une 6e enquête, l’occasion, pour le lecteur, de découvrir la géographie et les spécificités d’un autre village breton.

Le meilleur moyen de ne pas être déçu quand on lit un livre (il en est de même lorsque l’on regarde un film ou autre) c’est de ne pas en attendre ce que l’on sait que l’on n’y découvrira pas.

En clair, étant un passionné de littérature populaire et spécifiquement des fascicules policiers qui avaient cours dans la première moitié du XXe siècle, je n’en ai jamais lu aucun en espérant y être aux prises avec une intrigue échevelée ni face à des personnages parfaitement dépeints dans les moindres détails.

Ainsi, je n’aborde pas la lecture d’un épisode de Mary Lester dans l’espoir d’être pris par une enquête d’une complexité exceptionnelle ni d’y être confronté à un complot mondial, à des scènes d’actions survoltées, à y rencontrer des personnages extraordinaires.

Non, pour qui a commencé la série par le début, en arrivant à ce 6e épisode, on ne peut ignorer que chaque enquête est l’occasion, pour l’auteur, de faire découvrir un village de sa région, un métier cher à son cœur de breton, des personnages du quotidien, attachants, justement, par leur banalité.

L’intrigue, l’enquête, passe toujours au second plan et n’est bien souvent qu’un prétexte à cette découverte.

On l’aura constaté dès la seconde enquête, « Les diamants de l’archiduc » est cet état de fait s’avère plus ou moins, d’épisode en épisode.

Dans « Boucaille sur Douarnenez » cette fatalité est plus présente encore que dans les précédents tant l’enquête principale, la mort des quatre vieillards n’est que subalterne dans le récit et n’est traitée que très superficiellement et résolue, d’un coup, sur une confession, à la toute fin.

Tout le roman se concentre donc, comme souvent, sur le village, ses rues, ses habitants, ses us et ses coutumes, sur des personnages secondaires, sur le temps... et même sur une seconde intrigue qui prendra, finalement, plus de place que la première.

Mais, je le répète, de toute façon, ce n’est pas l’intrigue qui me pousse à lire la série, c’est le reste.

Certes, on reprochera donc les enquêtes un peu plates, les longues descriptions des lieux, des coutumes, la mise en avant d’une région, d’un métier, bref, de prendre l’ampleur d’un dépliant touristique de l’office de tourisme locale.

Certains nieront la plume de l’auteur, avançant sa fadeur apparente.

D’autres, ou les mêmes, critiqueront le personnage principal pour son manque d’étoffe ou ses contradictions.

Oui, je comprends que l’on puisse avancer ces arguments, pour peu que l’on lise un épisode en y cherchant autre chose que ce que l’on sait y trouver.

Pourtant, et je ne dois pas être le seul sinon la série aurait probablement été avortée depuis longtemps, mon plaisir de lecture est présent parce que je découvre dans ces épisodes exactement ce que je savais y trouver.

Je n’y cherche pas plus que ce que l’auteur veut proposer à ses lecteurs et je me laisse embarquer dans ces voyages, ces visites de villages même si l’enchaînement des noms des rues de Douarnenez ne m’intéresse pas plus que cela, n’y ayant jamais mis les pieds et ne comptant jamais le faire.

Ici, pas vraiment de lutte des classes, comme dans les précédents épisodes, pas de mise en avant d’un métier spécifique, juste un voyage au sein du village, pour y découvrir ses rues, ses habitants, ses coutumes, ses accents, sa fête du Mardi gras.

Et le seul mystère du récit, plus que la mort des vieux dont le lecteur averti aura déjà compris la cause, réside dans le personnage de l’Irlandais, un être à la fois étrange, attirant et pourtant inaccessible. D’ailleurs, Mary Lester passera tout le roman à courir après pour l’interroger.

Mais je n’ai pas boudé ce petit voyage manquant d’intrigue moi qui suis pourtant un aficionado de romans policiers, et je me suis, si ce n’est délecté, du moins satisfait de cette 6e enquête comme je l’avais déjà fait des précédentes.

Et de la plume de l’auteur, je n’aurais qu’à reprocher quelques répétitions facilement évitables et rien de plus.

Au final, un bon petit voyage à Douarnenez.