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De tout temps (probablement moins à notre époque), la presse fut un support permettant à de nombreux écrivains de faire leurs armes ou bien de mettre du beurre dans leurs épinards.

Les uns se sont fait un nom à travers des nouvelles, des chroniques, des contes ou des romans-feuilletons en charmant les lecteurs de cette presse écrite qui fut longtemps un vecteur d’histoires pour une bonne partie de la population.

Les autres profitèrent d’une certaine notoriété pour s’assurer quelques revenus en faisant des piges pour les journaux.

Maurice Renard, un nom qui résonne encore de nos jours, principalement pour ses écrits fantastiques et son titre de créateur du genre « merveilleux scientifique », est un peu entre les deux.

Si sa carrière littéraire débute par des romans (après un recueil), c’est grâce à un roman-feuilleton paru dans la presse (« Les mains d’Orlac ») avant d’être édité en livre et adapté au cinéma qu’il acquiert une certaine réputation.

Par la suite, et jusqu’à sa mort, il écrira de nombreux textes pour cette même presse.

Comme beaucoup d’auteurs de son époque (Colette, Tristan Bernard, H.J. Magog...), Maurice Renard contribuera à alimenter la chronique quotidienne du journal Le Matin : « Les 1001 contes du Matin ».

Pour l’occasion et pour des raisons principalement alimentaires, il écrira plusieurs centaines de contes, des petits récits s’étalant au maximum sur deux colonnes (1000 à 1500 mots).

Dans le lot, 26 textes mettent en scène un même personnage, celui que l’on nommera « le commissaire Jérôme » même si durant toute sa carrière littéraire il passera par divers grades.

Maurice Renard, contrairement à d’autres de ses confrères, s’attachera à proposer de véritables mini-enquêtes policières, plutôt que de verser dans la parodie ou le récit à moral ou à chute ou dans la franche rigolade.

Évidemment, dans ces formats ultra-courts, les intrigues seront réduites à leur portion congrue et le nœud de l’histoire sera probablement plus éventé par le lecteur actuel que par celui de jadis.

Forcément, une telle concision ne laisse aucune place à la description d’un personnage qui change d’ailleurs d’âge, de grade, de situation familiale en cours de route sans que jamais le fil de lecture ne soit chronologique.

Bien sûr, la résolution des enquêtes peut, désormais, parfois prêter à sourire.

Pourtant, force est de reconnaître à Maurice Renard la capacité de proposer bien souvent un récit qui tient debout sans jamais sombrer dans certaines facilités.

C’est donc un véritable exercice de style, louable et appréciable auquel l’auteur s’est essayé.

Et c’est, du coup, un réel plaisir de lecture que de découvrir ces différentes enquêtes pour peu que l’on apprécie les écrits très courts.

Car il ne faut pas oublier que Maurice Renard faisait toujours preuve d’intelligence et d’imagination et de talent dans tous ses écrits, les plus longs comme les plus courts.

 

LES ENQUÊTES DU COMMISSAIRE JÉRÔME

La carrière du commissaire JÉRÔME est retracée à travers 26 enquêtes.

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Maurice RENARD (1875 – 1939), écrivain connu et reconnu pour ses œuvres d’anticipation, n’hésita pas, toute sa vie, à se confronter à divers genres et formats littéraires. 

Comme de nombreux auteurs de son époque (Colette, H.-J. Magog, Tristan Bernard…), il alimenta la chronique « Les contes des mille et un matins » du journal Le Matin, pendant plus d’un quart de siècle. 

Durant les dernières années de cette participation, il développa le personnage du commissaire JÉRÔME dont ce recueil vous propose de découvrir les aventures…

Au final, un recueil de très courtes enquêtes qui se lit très agréablement grâce au talent de l’auteur.