TR07

« Seules, les femmes survivent... » est le 7e épisode des « Aventures extraordinaires de Théodore Rouma » une série de plus d’une vingtaine de fascicules de 24 pages contenant des récits indépendants d’un petit peu plus de 10 000 mots.

Parue à partir de 1945 aux éditions S.E.B.F., cette série est signée Jean d’Auffargis, un pseudonyme masquant la personnalité très controversée de Maurice Laporte, créateur des Jeunesses Communistes de France, devenu par la suite, un fervent anticommuniste et un collabo pendant la Seconde Guerre mondiale.

Pour éviter les représailles, l’homme s’exila en Suisse d’où il se servit de sa plume pour gagner sa croûte.

On lui connaît principalement quelques ouvrages anticommunistes et prohitlériens et, sous pseudonyme, la série des Théodore Rouma.

SEULES, LES FEMMES SURVIVENT…

Théodore ROUMA, le célèbre cambrioleur mondain, en vacances dans les Vosges, décide de visiter le château d’Holdincourt dont il a entendu parler comme recelant divers meubles anciens et bibelots rares.

Il s’y présente sous l’identité du comte de Brémonval. Chaque occupant du domaine réagit avec stupeur en le voyant.

Retenu à dormir par la vieille duchesse, ses filles et sa jeune nièce, Théodore ROUMA profite de la nuit pour explorer le bâtiment.

Intrigué par une tapisserie, il découvre, derrière, la porte d’une pièce secrète. À l’intérieur, il trouve le portrait d’un homme lui ressemblant trait pour trait.

Il n’a pas le temps de se remettre de sa surprise, qu’un coup de feu éclate…

Théodore Rouma débarque au château de Holdincourt, curieux de savoir ce que peuvent bien cacher ces murs comme bibelots intéressants. Il est reçu par une jeune femme qui, à sa vue, est troublée au point de quasi défaillir. Puis la duchesse de Holdincourt le reçoit à son tour faisant montre, à son tour, d’un certain émoi.

Invité à passer la nuit a château, Rouma profite que tout le monde dort pour visiter l’édifice. Il découvre une pièce cachée dans laquelle est exposé un portrait d’un homme lui ressemblant comme deux gouttes d’eau. À ce moment, un coup de feu éclate...

On retrouve donc Théodore Rouma dans son occupation favorite, se faire passer pour un noble afin de pénétrer dans un château ou une belle demeure afin de faire main basse sur quelques objets précieux.

Mais il est reçu assez curieusement. À sa vue, tout le monde se trouble et il ne comprend cet effet qu’en découvrant qu’il ressemble comme un frère jumeau à un défunt membre de la famille.

Cependant, cette ressemblance n’est pas le seul secret que les Holdincourt veulent cacher, pour preuve la tentative de meurtre à laquelle Rouma échappe.

Jean d’Auffargis fait une nouvelle fois montre de ses qualités de plume et de ses travers d’auteur dans cet épisode qui se trouve être dans la pure veine des précédents.

Effectivement, on reconnaîtra aisément à l’auteur l’art de savoir écrire, de maîtriser le format court et la narration inhérente à ce format.

Par contre, on pourra lui reprocher certaines facilités dans ses intrigues souvent basées sur des coïncidences un peu fortes. Ici, le coup du sosie.

De même, on trouvera sans doute risible la propension de Théodore Rouma à rencontrer de belles jeunes filles (bien plus jeunes que lui) et d’en tomber follement amoureux à chaque épisode, oubliant le précédent à qui il avait pourtant juré un amour incommensurable. Peut-être est-il un peu trop cœur d’artichaut, ou bien atteint d’un Alzeihmer affectif qui lui fait oublier chaque fois sa conquête précédente. Toujours est-il que ce côté « fleur bleue » accentue un peu trop un côté suranné de la série (ou bien est-ce encore un hommage au personnage dont elle s’inspire sans conteste : Arsène Lupin).

Mais, malgré ces quelques travers, force est de constater que la série, dans son ensemble, tient plutôt bien ses promesses et que les épisodes s’enchaînent en procurant à chaque fois un plaisir de lecture indéniable.

Au final, encore un bon épisode auquel on pardonnera les quelques facilités qui sont souvent de mise dans un format aussi court.