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« Pourquoi ce meurtre ? » est le 9e épisode de la série « Les aventures extraordinaires de Théodore Rouma » développée par Jean d’Auffargis, à partir de 1945, aux éditions S.E.R.F.

Théodore Rouma est un gentleman cambrioleur qui n’hésite jamais à s’instaurer justicier quand il le peut.

Jean d’Auffargis est un pseudonyme derrière se cache Maurice Laporte, personnage complexe qui fut le créateur des Jeunesses Communistes Française en 1920 avant de devenir anticommuniste puis de collaborer avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

À la libération, il s’exila en Suisse pour éviter la répression et c’est de là qu’il fit publier ses récits afin de vivre de sa plume.

POURQUOI CE MEURTRE ?

À Orléans, un peintre célèbre est retrouvé assassiné chez lui, le matin, par sa bonne.

La scène de crime laisse peu de doute sur le fait que le tueur soit une femme : tube de rouge à lèvres, des griffures sur le poignet de la victime, un mouchoir de soie brodé des lettres S. F.

Le commissaire Simon, chargé de l’enquête, apprend qu’une Parisienne a loué, dans la nuit, une chambre à l’hôtel près de la gare.

Son nom, Suzanne Fabrègues : S. F.

Le peintre Defaix a été assassiné un soir dans sa villa. Sur place, on découvre un rouge à lèvres, un mouchoir avec des initiales S.F., des marques de griffures sur le poignet du mort qui a été abattu de trois coups de revolver.

Quand le commissaire de police apprend qu’une jeune femme étrange, croisée au café, le soir du meurtre, s’est installée dans l’hôtel sous une identité dont les initiales correspondent à celles de la pièce à conviction, il décide d’aller lui rendre visite dans sa chambre.

Là, elle lui ouvre, prête à sortir, lui disant qu’elle attendait qu’on vienne l’arrêter.

Devant le juge, elle avoue le meurtre...

Voici un épisode qui commence de façon agréable par une petite description des boulevards d’Orléans avant d’installer l’intrigue.

Si cette dernière n’est pas extraordinaire (ce serait difficile en seulement 12 500 mots), elle s’avère pourtant agréable à suivre même si l’on devine tout de suite que la suspecte s’accuse à tort du meurtre. Encore faut-il savoir pourquoi ?

Théodore Rouma est absent quasiment tout le récit. Il n’apparaît qu’une fois en fin d’histoire, afin d’apporter la solution à l’énigme.

Le récit, en fait, se partage en deux parties : l’enquête puis le procès.

C’est cette seconde partie qui est d’ailleurs la plus agréable à suivre même s’il faut bien reconnaître que, dans la première, le personnage du commissaire proche de la retraite qui craint le petit pépin est assez amusant et attachant...

Mais la scène du procès est relativement bien menée (en considération du peu de place que l’auteur peut lui accorder) et l’intervention par procuration de Théodore Rouma apporte une petite touche de légèreté.

Bien évidemment, le scénario, comme souvent dans le roman policier, comme presque toujours dans les fascicules policiers, se construit sur quelques coïncidences fortuites qui facilitent bien des choses. Mais, si les auteurs de romans policiers ont l’habitude de dire que le hasard est le meilleur allié de l’enquêteur, il est surtout celui de ces auteurs.

Au final, un épisode fort agréable à lire, tant pour l’histoire que pour le style de Jean d’Auffargis.