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« La Vierge volée » est la 10e aventure de Théodore Rouma, le gentleman cambrioleur, détective, justicier, créé par l’auteur Jean d’Auffargis.

La série « Les extraordinaires aventures de Théodore Rouma » est initialement parue en 1946 aux éditions S.E.B.F. et est composée en deux salves d’une dizaine de fascicules de 24 pages contenant des récits indépendants d’un peu plus de 10 000 mots chacun.

Derrière Jean d’Auffargis se cacherait un certain Maurice Laporte, créateur des Jeunesses Communistes Françaises en 1920, devenu, par la suite, un fervent anticommuniste, avant de collaborer avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. À la fin de la guerre, il s’exile en Suisse, probablement pour éviter les représailles et c’est de là qu’il fait publier ses textes.

Pourtant, à la lecture de différents épisodes de la série, on constate que plusieurs récits se déroulent entre les dates 1937 et 1939 sans raison apparente, ce qui laisse supposer que ces textes ont été écrits avant la guerre...

LA VIERGE VOLÉE

Théodore ROUMA, le célèbre gentleman cambrioleur, que toutes les polices de l’hexagone recherchent depuis des années, s’est mis au vert ces derniers mois.

C’est sous l’identité du baron Lucien de Kergoual qu’il passe d’heureuses journées dans son domaine près de Saint-Malo.

Toujours proche de ses hommes de main, il organise l’évasion de Marcel, pincé lors d’un cambriolage à son compte.

Mais Marcel prend la tangente avec un compagnon de cellule, persuadé que l’histoire de ce dernier intéressera grandement son « patron ».

Il s’agit d’un ancien marin à même de retrouver la cargaison d’un voilier ayant fait naufrage en 1782, un chargement composé de tonnes d’or, de rubis et de diamants…

Théodore Rouma prend du repos à l’approche de la quarantaine. Voici deux ans qu’il n’a pas fait parler de lui, et pour cause, il se la coule douce sous l’identité du baron Lucien de Kergoual, dans son domaine proche de Saint-Malo.

Mais il prend toujours soin de ses hommes et c’est parce que Marcel s’est fait poisser en menant une affaire personnelle, que Théodore Rouma le fait évader. Mais Marcel ne s’est pas évadé seul, s’enfuit avec son compagnon de cellule, un ancien marin.

Celui-ci raconte à Théodore Rouma qu’il sait que la cargaison d’un voilier naufragé en 1782 a refait surface. Celle-ci était composée de millions en or, argent, rubis et diamants... L’homme a des pistes pour retrouver le trésor...

Voici un épisode qui a des airs de chasse au trésor, d’histoire de pirates.

D’ailleurs, le récit commence par la présentation alerte du capitaine du navire qui a, semble-t-il, mis la main sur le pactole.

Malgré la concision nécessaire au texte pour entrer dans le cadre du fascicule 24 pages, Jean d’Auffargis s’attarde avec talent sur la vie de cet homme. Certes, il le fait avec rapidité, format oblige, mais en prenant suffisamment de temps pour donner à cette introduction un brin de fantaisie, voire, de poésie, qui ajoute du charme à l’épisode.

Vient alors Théodore Rouma qui, comme à l’accoutumée, se cache derrière l’identité d’un notable.

L’histoire vire alors à la chasse au trésor, chasse rapide, courte, directe (toujours du fait du format court), mais néanmoins très plaisante à lire.

Il faut reconnaître que l’auteur, si l’on met de côté l’homme qui fut, avait un réel talent de plume qu’il savait exprimer à travers un format pourtant plein d’écueils.

Entre une plume de qualité et une maîtrise de la narration, il offre, à chaque fois, des récits plaisants et qui s’élèvent un peu plus haut que la majorité de la production du genre.

Alors on peut reprocher les personnages manichéens, la propension de l’auteur a versé facilement dans un sentimental un peu suranné, mais reconnaissons-lui tout de même que ses textes offrent de bons moments de lecture.

Au final, « Les aventures extraordinaires de Théodore Rouma » si elles n’ont rien d’« extraordinaire » se révèlent tout de même de bonnes aventures et si l’on considère l’ensemble au vu de la production usuelle des collections de fascicules de même taille, de très bonnes aventures.