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« Marée blanche » est le 4e épisode de la série littéraire « Les enquêtes de Mary Lester », une série policière de Jean Failler.

Jean Failler est un auteur né Quimper en 1940 qui a écrit quelques romans historiques, des recueils de nouvelles, des scénarios pour la télévision et deux séries, une pour enfants : « Filosec et Biscoto » et « Les enquêtes de Mary Lester » qui compte plus de 50 épisodes.

Généralement, les romans de l’auteur ont pour cadre sa si chère Bretagne.

Marée Blanche :

Comme il y a pénurie au commissariat de Concarneau, Mary Lester y est détachée pour enquêter la mort d’un jeune homme.

Oh, rien de bien mystérieux, vraisemblablement un règlement de comptes entre marginaux. Voire...

On le sait, Mary Lester a le chic pour apercevoir, derrière des faits paraissant évidents, d’autres qui le sont moins. Et quand elle a saisi un fil conducteur, on peut compter sur elle, en dépit du scepticisme de ses supérieurs, pour débrouiller tout l’écheveau.

Elle va s’immerger dans une petite ville secouée par la crise de la pêche, découvrant, dans un monde dont elle ignore tout, des personnages aussi fragiles que rudes, bien attachants malgré leurs manières brusques.

Et il y a urgence, car si la marée noire tue la flore et la faune, la marée blanche, elle, tue les hommes.

Un marginal est repêché dans le port de Concarneau. La police y étant en sous-effectif, Mary Lester y est envoyée pour enquêter. Mais très vite, ce qui semble un accident de boisson s’avère être une violente agression. Mary Lester va alors diriger son enquête vers l’équipage d’un bateau de pêche sur lequel, il y a quelque temps, le défunt a travaillé. Elle va alors faire connaissance avec le difficile monde de la pêche.

Jean Failler fait vivre une nouvelle aventure à sa policière fétiche.

Après l’avoir plongée dans le monde de la chasse dans le précédent épisode, la voici confrontée à celui, autrement plus rude, de la pêche.

C’est d’ailleurs la description de cet univers si particulier qui fait tout le sel de cet épisode.

Mais c’est un peu le lot de la série depuis son début qui prévaut avant tout pour son ambiance plus que pour ses intrigues.

Si, j’ai déjà évoqué l’esprit un peu simenonesque dans l’atmosphère des romans, la lutte des classes souvent au centre des enquêtes, et le sens des intrigues, on retrouvera ici tous ces éléments qui seront amplifiés par la rudeur et la pudeur des marins.

Au passage, l’auteur nous livre un personnage attachant avec son marin Petit Pierrot, un mastodonte au grand cœur qui vit encore chez sa vieille mère et qui est dévoué à son patron.

Mary se révèle pugnace et perspicace et fait montre d’empathie, tout comme le lecteur, envers Petit Pierrot, avant tout, mais également envers les autres marins.

En parallèle, l’auteur propose un personnage de policier par dépit (il a toujours voulu être marin, mais sa mère l’a poussé à entrer dans la police) qui envie les marins de l’histoire malgré leurs conditions de vie dantesques pendant que les mêmes marins envient le policier qui ne risque pas sa vie et qui surtout, à la fin du mois, a un salaire assuré.

Jean Faillet en profite pour décrire la situation précaire des pêcheurs de l’époque (début des années 90) qui voient déjà leurs conditions de vie péricliter, notamment au niveau des ressources de pêche, mais également des revenus à la baisse du fait de la concurrence (qu’en dire aujourd’hui). Mais il met, surtout, en avant, la solidarité entre les marins, mais aussi entre les commerçants de la ville et ses mêmes marins et notamment du café restaurant et des bars, dressant, au passage, d’autres portraits intéressants comme, par exemple, celui de la tenancière du Korrigan.

Au final, un épisode plaisant à lire et qui met en avant l’une des professions les plus rudes et les moins reconnues de notre société.